
Un matin d’avril 1977, Ettore Maggio vient au monde dans une petite ville des Pouilles. A ce moment, son père s’enfuit sans explication.
Ettore, pourtant, grandit heureux et choyé auprès de sa mère et de ses tantes, dans l’appartement de ses grand-parents. Son grand-père Ottavio est un homme aimant, doux et fantaisiste, auprès de qui Ettore apprend à voir les choses autrement.
Alors que le petit garçon a six ans, deux évènements surviennent concomitamment: un drame, et la rencontre avec un garçon de son âge, Bruno. Ce drame va créer un lien étroit et magique entre les deux enfants, une amitié inexplicable au sein de laquelle ils vont accueillir Irene et ses incroyables yeux bleus.
C’était la première fois qu’il la voyait de près et il découvrit qu’elle avait les yeux bleus. Il passa en revue tous les bleus qu’il connaissait: ce n’était pas le bleu du ciel, ni celui de la mer, ni celui de la blouse qu’elle portait et qu’ils portaient tous, ni le bleu de la voiture abandonnée au pied de son immeuble, ni le bleu du poisson qui nageait dans l’aquarium du magasin où tante Immacolata et tante Lucetta lui avaient acheté son poisson rouge, ni celui du manche du couteau avec lequel Ettore avait appris à couper sa viande et qui depuis était devenu son couteau, ni celui de la cravate de son grand-père Ottavio, qui un jour avait disparu du fauteuil et dont personne n’avait plus rien su.
Au fil des années et de cette amitié qui grandit, un autre sentiment prend place peu à peu. Un jour, Irene choisit Bruno et rompt le lien triangulaire. Mais malgré cette blessure d’amour, malgré la fin du lycée qui les éloigne les uns des autres, la force des sentiments, amitié ou amour, demeure.
« Je me dis que tu dois pouvoir trouver un métier qui te permette d’observer les choses, pour les voir comme on ne les voit pas d’habitude, et de bien gagner ta vie » lui avait dit son grand-père.
Alors Ettore quitte les Pouilles, et va trouver sa voie. Mais il a aussi en tête, depuis tout petit, une mission secrète, qui le mènera d’un endroit à l’autre de l’Italie, éloigné de Bruno et d’Irene. Une quête qui lui appartient à lui seul.
« Nous sommes trois fils liés par le destin (…) qui ne cesse de nous emmêler les uns aux autres » : c’est tout l’irrationnel et l’indéchiffrable de cette histoire que Mirko Sabatino raconte avec magie et poésie.
Dans une dimension qui confine au merveilleux, le roman traverse les époques, dans un souffle puissant, onirique et mystérieux.
Les personnages de Mirko Sabatino sont inoubliables, tant dans leur force que dans leur fantaisie. Avec ce roman profond, l’auteur italien qui m’avait déjà conquise avec « L’été meurt jeune » nous fait réfléchir au grand mystère de la vie, et de la mort. C’est tendre, grandiose et bouleversant, dans une narration qui m’a évoqué Jean-Baptiste Andrea. Un immense coup de coeur.
Traduction: Lise Caillat
Titre: La vie antérieure (La vita anteriore)
Auteur: Mirko Sabatino
Editeur: Denoël
Parution: avril 2024
Très belle chronique qui m’a convaincue de lire à la fois cet auteur et ce roman en particulier. J’aime quand les personnages sont forts et ici, « inoubliables » !
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Désolée ton enthousiasme est là mais les liens de style triangle amoureux me font fuir.
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Alors il faut passer ton chemin oui 🙂
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