La désertion

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Amis lecteurs qui aimez sortir de votre zone de confort, ce livre est fait pour vous.

La désertion raconte l’histoire, par fragments, d’Eva Silber, une jeune femme en marge qui disparaît du jour au lendemain.

Eva est expert-codeur nosologue à La Force, ancien bâtiment des Hôpitaux de Paris.

Dans la routine de ses journées, elle code les certificats de décès pour alimenter la Statistique, la Politique de Prévention et alerter, au besoin, les Pouvoirs Publics. Eva est une petite main, un rouage, avec un rôle majeur si on en croit son Directeur, Franck Bourgoin. Eva collecte les informations, doit déterminer les causes précises d’un décès qui permettront à la Statistique d’être la plus exacte possible, l’amenant parfois à investiguer plus étroitement sur certains cas de décès.

Le jour où Eva disparaît sans prévenir, chacun s’interroge. Qui est-elle, cette jeune femme que personne ne connaissait vraiment, qui n’avait aucun contact avec ses collègues sauf Marie-Claude avec qui elle s’est un temps liée d’amitié, et qui semble n’avoir personne d’autre dans sa vie que Paul, un homme en marge comme elle, avec qui elle a entamé une étrange relation?

C’est du point de vue de chacun que ces questionnements vont se faire: Franck Bourgoin, le supérieur hiérarchique manipulateur, maniaque et malsain, qui espionne ses subalternes à ses heures perdues, monte des dossiers sur chacun et semble avoir eu sur Eva une emprise qui s’apparente au harcèlement? Marie-Claude, la collègue et amie qui s’est détachée d’Eva lorsque celle-ci a commencé à avoir un comportement étrange et de plus en plus inadapté. Et Paul, l’amant à la fragilité psychique qui interroge, investi dans cette relation étrange car persuadé d’être entré « en collision » avec Eva. Chacun pense avoir sa propre explication sur la disparition inexpliquée d’Eva.

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Les loyautés

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Hélène, Théo, Cécile, Mathis – c’est à travers les yeux de ces quatre personnages que Delphine de Vigan fait vivre l’histoire de son nouveau roman, un roman sombre comme elle sait les écrire.

Théo est un adolescent qui pourrait se perdre dans la masse de tous les adolescents de classe de cinquième, silencieux, discret, si ses yeux rouges, sa fatigue, son air absent n’avaient pas interpellé Hélène, sa prof de SVT.

Persuadée qu’il est maltraité, celle qui a été elle-même victime de violence lorsqu’elle était enfant, entreprend sans succès tout ce qui est en et hors de son pouvoir afin d’essayer de l’aider. Sauf que Théo ne subit pas de violence. Théo boit, avec son copain Mathis, sous l’escalier de la cantine. Dès qu’ils le peuvent, dès qu’ils trouvent de l’alcool, ils boivent chaque fois un peu plus. Si c’est un jeu pour Mathis, Théo y cherche autre chose, une échappatoire à une vie trop lourde.

Théo est la victime des dommages collatéraux d’un divorce difficile, coincé entre la rancune d’une mère culpabilisante qui ne s’est jamais remise de cette séparation, et la dépression d’un père sans-emploi qu’il couvre pour que personne ne connaisse sa situation.

Cécile aussi s’interroge, sur son fils Mathis qui est rentré ivre, sur cette amitié avec Théo qui a une mauvaise influence mais elle est trop occupée à parler seule à voix haute depuis qu’elle a découvert les activités secrètes auxquelles s’adonne son mari. Comment éviter le drame qui se profile, alors que la spirale infernale semble aspirer les deux garçons? Quel est le pouvoir de ces loyautés qui habitent chacun d’eux?

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Chanson de la ville silencieuse

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Antoine Schaeffer, chanteur célèbre autant pour ses succès que pour ses frasques, a mis brutalement fin à sa carrière quinze ans plus tôt. Après s’être retranché de nombreuses années dans sa maison cossue perdue au milieu de nulle part, il décide un jour de partir, laissant tout derrière lui… s’est-il jeté dans la rivière pour en finir avec la vie, comme peuvent en laisser présager ses dernières traces, ou a-t-il décidé de larguer les amarres pour un ailleurs, dépouillé du costume encombrant d’Antoine-Schaeffer-le-chanteur?

Sa fille, fruit de ses amours avec une égérie inconsistante de son passé sulfureux, décide de partir à sa recherche: Antoine Schaeffer aurait été aperçu dans les rues de Lisbonne, chantant le soir aux terrasses des restaurants. Narratrice de l’histoire, c’est elle qui va faire revivre à travers ses errements dans Lisbonne et dans sa mémoire, la vie de l’ancienne idole – et livrer en parallèle sa propre histoire, avec les failles d’une enfance qu’elle n’a pas eue.

Comme une midinette, je guette toujours la sortie d’un nouveau roman d’Olivier Adam. Une espèce d’addiction à une atmosphère, à une écriture, à un talent.

Et on retrouve ici les ingrédients majeurs qui font un roman d’Olivier Adam: la fuite, la mélancolie latente et l’écriture chargée en émotions, un phrasé millimétré, accumulatif, saccadé, chargé.

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Prix SNCF du polar: édition 2018

Pour une fois que la SNCF fait parler d’elle pour autre chose que les trains en retard, ça vaut le coup de s’attarder dessus!

Le PRIX SNCF DU POLAR, c’est quoi?

un prix qui depuis 18 ans récompense des oeuvres polar dans trois catégories: le Roman, la Bande Dessinée et le Court métrage. Avec 215 000 votes depuis 18 ans et plus de 17 000 votes lors de l’édition 2017, c’est le premier Prix du Public en France.

Qui vote?

Tous ceux qui le souhaitent! C’est un grand jury populaire de lecteurs et de cinéphiles amateurs de polar

Quand et comment?

jusqu’au 31 mai 2018 sur le site http://www.polar.sncf.com

L’accessibilité:

Pour que ce prix soit le plus populaire possible, toutes les oeuvres sont mises gratuitement en ligne:

  • sur l’application SNCF e-livre (de novembre à mars, un roman et une bande dessinée sont à découvrir chaque mois) – les lecteurs peuvent ensuite voter directement via l’application.
  • sur www.polar.sncf.com pour les courts métrages, d’octobre à mai

Les oeuvres en compétition:

elles sont sélectionnées par un jury de 21 experts des 3 comités du Prix SNCF du Polar conduits par Chritine Ferniot pour le Roman, Frédéric Prilleux pour la Bande Dessinée, Roland Nguyen pour le Court Métrage

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Où se partagent les eaux

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Lucien, peintre parisien, est en couple avec Maria, jeune ethnologue italienne, fille d’une riche famille du nord de l’Italie.

En vacances en Sicile, ils sillonnent tranquillement l’île, jusqu’à ce qu’ils tombent sur un petit port de la pointe du sud-est. C’est pour Maria sa première incursion dans le sud italien, et elle y a amené tout son scepticisme et sa supériorité nord italiens. Malgré tout, elle se laisse séduire par l’enthousiasme de Lucien, qui après une rencontre improbable avec un vieil aristocrate convainc Maria d’acheter une maison des plus rudimentaires, au bord d’une falaise, face à la mer, là où se partagent les mers thyrrhénienne  et ionienne.

Sont-ce les divergences nées de leurs regards sur la Sicile, indulgent pour Lucien, critique pour Maria, qui auront raison de leur couple? A l’image de leur maison au bord de la falaise qui se délabre au fil des ans, leur relation ne résistera pas à l’érosion des sentiments de Maria.

Ce roman, publié à l’origine en 2005 et que les éditions Philippe Rey rééditent en cette rentrée littéraire de janvier 2018, est avant tout un recueil de chroniques sur la Sicile. Mais une Sicile un peu fanée, puisque sans que ce soit précisé, on devine que le roman se déroule entre la fin des années 60 et le début des années 70 (je vous avoue, j’ai cherché les indices pour pouvoir dater l’histoire!). On y paie encore en lires italiennes, et les souvenirs de la seconde guerre mondiale ne sont pas loin, les anciens du village en parlent encore, allant jusqu’à regretter Mussolini!

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Arrête avec tes mensonges

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Il est des livres qui vous rappellent viscéralement pourquoi vous aimez lire, et pourquoi vous aimez les écrivains – surtout quand ils laissent tomber le masque.

Fini de raconter des histoires, fini d’inventer des personnages, fini le mensonge qui cache la vérité.

A la faveur d’un déplacement en province, dans sa région d’origine, une rencontre inattendue va bouleverser l’auteur et le faire basculer plus de trente ans en arrière: la silhouette d’un jeune homme, son allure, sa tenue, tout lui évoque son premier grand amour, Thomas.

En cette année 1984, Philippe Besson est élève en classe de Terminale C au lycée de Barbizieux.

J’ai dix-sept ans.

Je ne sais pas que je n’aurai plus jamais dix-sept ans, je ne sais pas que la jeunesse, ça ne dure pas, que ça n’est qu’un instant, que ça disparaît et quand on s’en rend compte il est trop tard, c’est fini, elle s’est volatilisée, on l’a perdue, certains autour de moi le pressentent et le disent, pourtant les adultes le répètent, mais je ne les écoute pas, leurs paroles roulent sur moi, ne s’accrochent pas, de l’eau sur les plumes d’un canard, je suis un idiot, un idiot insouciant.

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2017: le bilan de ma première année!

 

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Un an déjà!

Books, moods and more souffle en ce 1er janvier 2018 sa première bougie!

Une autre façon de mesurer à quelle vitesse folle cette année est passée, et surtout, surtout de réaliser le plaisir immense que m’a apporté la création de ce blog dont je rêvais depuis si longtemps!

A ce jour, le blog compte 121 abonnés – chiffre modeste au regard de celui de nombreux autres blogs, mais qui ressemble pour moi à une grande prouesse. Je suis extrêmement reconnaissante à tous ceux, abonnés ou non, qui prennent le temps de venir me lire, et me font des retours si positifs. Se sentir légitime demande du temps (Electra, dans son bilan 2017, expliquait qu’elle se sentait enfin légitime – alors qu’elle blogue depuis de nombreuses années avec beaucoup de talent), mais tous ces retours mis bout à bout, toutes ces visites hors abonnement, que je mesure grâce aux statistiques (des chiffres, toujours des chiffres!) me donnent confiance, et je vous en remercie.

Via mon compte Instagram (@sosos_moods_books_and_more), j’ai eu la chance d’être mise à l’honneur dans le magazine Elle, en septembre dernier, avec cinq autres Instagrameuses, en tant que « nouvelle influenceuse du monde littéraire« . Rien que ça!! Bon, n’exagérons rien, tout cela reste très modeste et fugace, mais je crois vraiment au pouvoir des blogueurs dans la sphère littéraire, qui font des choix de lecture et des critiques objectifs, souvent plus proches des attentes des lecteurs.

J’ai également fait la rencontre de plusieurs blogueurs et blogueuses, dont les goûts, les avis, et la façon de gérer leur blog m’inspirent beaucoup!

Je papote, je papote (je peux être très bavarde, surtout quand on me lance sur mes sujets préférés), mais venons-en tout de même à l’essentiel, mon bilan lecture 2017!

Les chiffres:

j’ai toujours détesté les maths, mais en fait, j’adore les chiffres 😊

Alors justement, une année de lecture, ça donne quoi? 73 livres… un chiffre un peu bas, comparé à d’autres grands lecteurs et grandes lectrices. Et pourtant, on me demande souvent comment je fais pour lire autant!

Les pays:

romans et essais confondus, les livres que j’ai lus en 2017 viennent principalement des pays suivants (je pensais être à niveau égal entre la France et les Etats-Unis!):

  • 32 livres français
  • 23 livres américains
  • 5 livres anglais
  • 4 livres irlandais
  • 4 livres italiens

Les auteurs: hommes ou femmes?

Le constat m’a étonnée, car je pensais la répartition plus équilibrée là aussi: 28 auteurs hommes, contre 45 auteurs femmes. Serais-je une féministe qui s’ignore? J’en suis ravie!

Les éditeurs:

Les maisons d’édition qui arrivent en tête (critère important, car il montre en quoi les choix éditoriaux nous correspondent) m’ont également surprise!

  • Stock: 7 livres
  • Albin Michel : 6 livres
  • Gallimard: 4 livres (sans compter l’abandon des Fantômes du vieux pays, abandonné, et La salle de bal qui m’attend dans ma PAL depuis la rentrée littéraire)
  • Gallmeister: 5 livres
  • JC Lattès: 4 livres
  • Philippe Rey: 4 livres (et un en cours)

Peu de livres lus dans la Collection Quai Voltaire aux Editions de la Table Ronde (3), ou des éditions Sabine Wespieser (2) – deux éditeurs que j’aime pourtant beaucoup.

Le reste de mes lectures est répartie sur de nombreuses autres maisons d’édition.

Mes meilleurs livres de 2017:

18 lectures marquantes (qui obtiennent la note maximale de 5 – que je pense d’ailleurs inclure dorénavant dans mes billets). Rétrospectivement, Arrête avec tes mensonges, qui ne m’avait pas semblé être un coup de coeur absolu, fera indéniablement partie de mes lectures les plus marquantes de 2017.

Commençons par les français (ils sont 10!):

Les américains, au nombre de six:

Et mes chouchoutes européennes:

 

Mes intentions de 2018?

Lire, lire et lire encore!

Et surtout:

– découvrir davantage d’auteurs américains (en vue du Festival America)

– veiller à vider ma PAL de façon plus drastique

– moins hésiter à sortir de ma zone de confort

– écrire davantage – en partipant j’espère à un atelier d’écriture.

Et vous, quelles sont vos intentions?

Je vous souhaite une très belle année 2018, riche en lectures et en échanges autour des livres!

 

 

Il reste la poussière

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Quelque part en Patagonie, dans les steppes sans fin de ce désert argentin.

On devine que l’action se situe au début du vingtième siècle, mais qu’importe peut-être? Les grandes exploitations qui commercent avec l’Europe ont remplacé les petites fermes qui survivent comme elles le peuvent, à l’image de l’estancia de la mère.

C’est d’une main de fer qu’elle dirige sa ferme isolée. Le mari, soulard comme son père, a disparu depuis longtemps. Parti, a-t-elle dit à ses enfants, sans autre forme d’explication. Les enfants sont quatre: les jumeaux Mauro le grand et Joaquin le petit, suivis de celui qu’ils ont surnommé le débile, Steban, et enfin le petit, né après la disparition du père, Rafael. Six ans le séparent des aînés, qui depuis toujours le martyrisent. Alors Rafael se réfugie auprès de son cheval et de ses chiens. La mère, elle, ferme les yeux, sévère, froide, indifférente – seul l’intérêt du bétail, bovins et brebis, semble avoir un intérêt à ses yeux. Elle a revêtu ses épaules du rôle de l’homme, et lorsqu’elle se rend à San Léon, les hommes la respectent comme un des leurs

A part elle, aucune femme ne franchit les portes du bar. Parfois, quand elle a bien bu, elle pouffe en disant qu’elle est devenue un homme comme les autres.

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L’heure du bilan: décembre

 

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Décembre aura été un mois un peu difficile, en dents de scie. Mon humeur n’était pas toujours au rendez-vous pour la lecture, bien que la lecture me soit indispensable, et je n’ai peut-être pas savouré ce mois comme j’aurais dû le faire.

Les chiffres:

Heureusement, grâce à la trêve de fin d’année, j’ai pu m’accorder un peu de temps et lire davantage sur les derniers jours de décembre. Au final, sept livres lus (je reste dans ma moyenne). Pas de coup de coeur absolu, mais de belles découvertes et une bonne dose d’émotion aussi.

Deux grandes émotions, donc:

J’ai dévoré en une nuit d’insomnie le dernier Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges (chronique à suivre). J’ai adoré l’écriture incisive de l’auteur, sa mise à nu, l’abandon du filtre pour assumer la crudité sensuelle. Et j’ai été très émue par cette histoire d’amour impossible.

Avec Les passeurs de livres de Daraya, c’est une autre émotion, de l’ordre de la prise de conscience – celle de notre liberté, dont nous avons si peu conscience, de notre impuissance face à un conflit politique qui dépasse tout, et surtout de notre abandon du peuple syrien.

 

Une suite:

ou le plaisir infini de retrouver Stoney Calhoun dans Casco Bay. Nous sommes plusieurs à être devenu(e)s accro à notre nouveau chouchou. Même si pour certains ce deuxième volet est un peu moins haletant que le premier, j’ai eu pour ma part le même plaisir à le côtoyer. Reste un seul épisode pour le découvrir un peu plus, en apprendrons-nous davantage sur lui?

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Un roman historique:

voyage au Moyen-Age et séjour en immersion dans le grand béguinage de Paris avec La nuit des béguines, ou comment en découvrir un peu plus sur cette période historique mystérieuse et méconnue, aux côtés d’une communauté de femmes libres et modernes avant l’heure

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Un roman noir:

j’ai découvert Sandrine Collette dans ce magnifique, Il reste la poussière roman digne de la littérature américaine des grands espaces à la sauce nature writing – il a comblé ma frustration de ne pas lire davantage de littérature américaine ce mois-ci.

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Un roman de la rentrée littéraire de janvier:

La désertion, d’Emmanuelle Lambert, m’a déconcertée, retournée. Je vous en reparle à sa sortie, le 17 janvier.

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Un flop:

et un achat inutile aussi: Je m’appelle Lucy Barton. J’ai trouvé le style lourd, non abouti, dénué de naturel. Pourquoi tant d’engouement outre-Atlantique? Je crois surtout à une promotion abusive de l’éditeur.

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Un abandon:

qui entre malheureusement dans la catégorie rentrée littéraire de janvier. Je vivais à l’étranger quand est sorti La première gorgée de bière – quel bien ce livre m’a fait, me raccrochant au pays qui me manquait, à ces petits instants que Philippe Delerm décrivait si bien en les faisant miens / nôtres / vôtres… Qu’en reste-t-il vingt ans plus tard? Philippe Delerm a renoué avec l’exercice des petits textes courts dans Et vous avez eu beau temps? La perfidie ordinaire des petites phrases. Le temps a passé, et la dernière gorgée de bière est digérée depuis longtemps. Les petites phrases ne sont pas perfides, elles sont ennuyeuses, mesquines et sans intérêt – enfin, pour celles que j’ai lues. Car je n’ai pas pu continuer. Peut-être est-ce un tort, peut-être ai-je loupé le sens profond de ce qui s’y cachait. Tant pis pour moi. Que mon avis ne vous empêche pas pour autant de vous faire votre propre idée – et alors peut-être penserez-vous que c’est moi qui suis ennuyeuse, mesquine et sans intérêt. Ce à quoi je répondrai juste mea culpa!

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Rendez-vous dans quelques jours pour le grand bilan de lectures 2017!

 

Les passeurs de livres de Daraya

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J’ai rarement réfléchi à la possibilité matérielle, intellectuelle, économique et politique d’ouvrir un livre, de posséder un livre, et de le lire – sans entrave. Franchir la porte d’une librairie, d’une bibliothèque sont des actes anodins, sans conséquence, si ce n’est le plaisir d’en repartir avec un livre.

Et pourtant, à quelques milliers de kilomètres de chez nous, lire peut être un luxe, un affront, et même un acte de résistance.

La guerre est perverse, elle transforme les hommes, elle tue les émotions, les angoisses, les peurs. Quand on est en guerre, on voit le monde différemment. La lecture est divertissante, elle nous maintient en vie. Si nous lisons, c’est avant tout pour rester humain.

Dans ce documentaire bouleversant, la reporter Delphine Minoui nous raconte la bravoure de quelques hommes, qui ont défié le régime de Bachar al-Assad par la littérature.

C’est depuis Istanbul où elle vit que la grand reporter découvre sur internet la bibliothèque clandestine de Daraya, dans la banlieue de Damas, ville assiégée, pillée, détruite par les bombardements et les attaques chimiques, privée de toutes les ressources élémentaires à la survie depuis 2012.

Bachar al-Assad avait fait le pari de les enterrer tous vivants. D’ensevelir la ville, ses derniers habitants. Ses maisons. Ses arbres. Ses raisins. Ses livres.

Des ruines, il repousserait une forteresse de papier.
La bibliothèque secrète de Daraya.

Pendant plusieurs mois, Delphine Minoui, en contact via Skype, Whatsapp avec de jeunes activistes résistants, va retracer l’histoire de cette bibliothèque souterraine et s’attacher aux témoignages poignants de ces hommes engagés dans le sauvetage de la connaissance, de leur patrimoine, dans une quête effrénée de nourriture de l’esprit, alors qu’ils meurent littéralement de faim. Son but: écrire un livre sur cette bibliothèque, qui pourra, l’espère-t-elle, rejoindre un jour ses étagères.

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La nuit des béguines

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Qui connaît les Flandres ou les Pays-Bas a un jour ou l’autre été charmé par les béguinages que l’on y trouve encore, et la sérénité qu’ils dégagent, après avoir traversé les siècles – même s’ils sont aujourd’hui dépourvus des béguines qui ont créé leur histoire.

Notre histoire, elle, se situe en 1310 à Paris, dans le Marais que nous connaissons actuellement. C’est là qu’est installé le Grand Béguinage de Paris, qui abrite une communauté de femmes laïques, indépendantes, souvent célibataires ou veuves, parfois mystiques, elles refusent le mariage et continuent à mener une vie libre au sein de la communauté, protégées de la domination des hommes.

Ainsi apparaît-il au regard du visiteur exceptionnellement convié à pénétrer le béguinage:

La Bricharde remarque son étonnement devant la beauté sans ostentation des bâtiments qu’il découvre à sa suite. Elle lui présente tour à tour la vaste salle commune lambrissée de chêne où se tiennent les chapitres, la chapelle, modeste mais dont le choeur est fleuri, illuminé de cierges et même le potager avec ses énormes courges et ses rangs de poireaux bien alignés.

Ordre et propreté. N’étaient les maisons qui bordent la cour intérieure, il pourrait se croire dans un monastère. La vie, cependant, y est moins contrainte. Deux femmes passent en bavardant, panier sous le bras, la tête simplement enveloppée d’un linge blanc; une autre, vêtue d’une cape bordée de fourrure, entre dans une belle demeure à deux étages; le portail s’ouvre à plusieurs reprises sur des silhouettes pressées. La messe terminée, les béguines vaquent à leurs activités.

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Béguinage d’Amsterdam (2015)

Ysabel, une des doyennes du béguinage, recueille Maheut, une jeune fille à la chevelure de feu qui a fui un mari qu’on l’a contrainte à épouser. Pour échapper à la violence de cet homme, Maheut est parvenue jusqu’à Paris – Ysabel va décider de la cacher après l’avoir soignée au sein de l’hôpital du béguinage qu’elle dirige avec son charisme et les potions qu’elle prépare. C’est à Ade, issue de la noblesse, croyante et cultivée, qui refuse de se remarier depuis son veuvage, qu’elle demande d’abriter la jeune fille, malgré ses réticences:

Je ne m’adresse pas à vous sans avoir pesé mon choix. Maheut, je vous l’ai dit, a le cheveu roux. J’ai peur que beaucoup ne partagent les préventions communes à propos de sa toison »

Ade lève le menton.

– Qui dit que je ne les partage pas, moi aussi? Après tout, le roux est la couleur du diable?

– Ce n’est pas Satan qui habite cette enfant. Mais la peur, et la solitude

En juin de cette même année, la ville assiste à la condamnation à mort de Marguerite Porete, une béguine condamnée par l’Inquisition et brûlée vive en place de Grève. Quelques semaines plus tôt, ce sont 54 templiers qui ont été brûlés au terme d’un long procès. Philippe Le Bel, alors roi de France, est hanté par la peur de l’hérésie. Sévère, inflexible, il défend avec ferveur ce qu’il estime être la vraie foi. Marguerite Porete a écrit un ouvrage jugé hérétique, Le miroir des âmes simples anéanties, où elle prône sa soumission à Dieu sans avoir besoin de s’en remettre à l’Eglise. Son livre, désormais interdit, a été détruit, mais un exemplaire subsiste…

C’est à cette occasion que le Franciscain Humbert, à la poursuite de Maheut, croisera les trois femmes et mêlera son destin au leur.

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Casco Bay

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Je vous ai parlé il y a quelques temps de ma rencontre avec Stoney Calhoun. J’ai essayé de résister un petit moment avant d’aller le retrouver dans ce deuxième opus, mais cela n’a pas duré longtemps. J’ai donc repris la route du Maine pour aller me balader sur ces côtes sauvages de la Nouvelle-Angleterre… et je n’ai pas été déçue!

Alors qu’il aspire à vivre des jours tranquilles entre sa cabane tapie au fond des bois et la boutique d’articles de pêche de la belle Kate, à qui il est désormais associé, Stoney est de nouveau mêlé à une histoire dont il se serait bien passé: lors d’une sortie dans la baie de Casco où il emmenait un client à la découverte des meilleurs spots de pêche dont il s’est fait le spécialiste, ils sont tombés sur un cadavre carbonisé, isolé sur un des îlots de l’archipel de Calendar Islands.

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Je m’appelle Lucy Barton

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New-York, milieu des années 80.

Lucy Barton, une jeune femme mariée et mère de deux petites filles, se retrouve hospitalisée plusieurs semaines suite à des complications opératoires. Après quelques semaines passées dans la solitude de sa chambre d’hôpital, à regarder depuis sa fenêtre le Chrysler Building et l’effervescence des rues new-yorkaises, Lucy reçoit la visite de sa mère, qu’elle n’avait pas vue depuis plusieurs années. Avec ces retrouvailles inattendues, au cours desquelles mère et fille échangent sur la famille et sur la petite ville du Midwest dont elle est originaire, c’est pour Lucy l’occasion d’un retour douloureux sur ses origines et sur son apprentissage de la vie.

Entre les soins des infirmières et le passage quotidien du médecin, ce sont cinq jours de dialogue émouvant, empli de non-dits, de regrets, de gestes et de silences qui vont profondément marquer Lucy et encourager sa vocation d’écrivain.

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L’heure du bilan: novembre

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Au revoir novembre! Quel est le bilan de ce mois?

Les chiffres:

Six romans lus ce mois-ci. J’aime bien cette nouvelle rubrique. Jusqu’au mois dernier, je ne tenais pas les comptes de mes lectures, impossible de faire une moyenne réelle, mais à vue de nez, je pense qu’avec six romans je suis dans une moyenne raisonnable. Une amie me demandait hier « comment fais-tu pour lire autant? » – un livre et demi par semaine, j’ai pourtant l’impression que c’est assez peu au final.

En cliquant sur le titre de chaque roman cité, vous pourrez accéder directement à la chronique

Quatre coups de coeur :

Pas mal! suis-je seulement bon public ou ai-je eu la main heureuse? Je crois tout simplement qu’on apprend à cibler les lectures qui nous vont, comme on apprend à repérer le bon vêtement ou la bonne paire de chaussure!

L’enfant-mouche, que son auteur a eu la gentillesse de me faire parvenir, m’a beaucoup émue. Philippe Pollet-Villard y raconte l’histoire de Marie, une petite fille qui va devoir apprendre à survivre pendant la seconde guerre mondiale, tout en étant confrontée à l’hostilité des hommes. L’histoire est d’autant plus touchante que l’histoire est inspirée de celle de sa propre mère. Une jolie plume, un récit très fourni qu’on n’a aucune envie de lâcher après l’avoir commencé.

Je suis ensuite tombée sous le charme complet de l’écriture des soeurs Berest, Anne et Claire, qui ont choisi de raconter l’histoire de leur grand-mère, Gabriële Buffet Picabia. Non seulement l’histoire de Gabriële et le contexte artistique dans laquelle elle s’inscrit sont passionnants, mais Anne et Claire Berest ont écrit à quatre mains un récit enlevé et érudit, qui mêle généalogie, biographie et histoire de l’art.

Une autre muse m’a bouleversée, il s’agit de Jeanne Hébuterne. Dans son roman écrit sous forme de journal intime, Je suis Jeanne Hébuterne, Olivia Elkaïm se glisse dans la peau de celle qui a passionnément aimé Amadeo Modigliani. De la rencontre jusqu’à la mort prématurée de la jeune femme, c’est un récit empreint de tragédie, dans un style très personnel.

Enfin, ce mois de novembre marquera ma rencontre dans Dérive Sanglante avec Stoney Calhoun, héros de William G. Tapply – voir ci-dessous. Coup de coeur absolu!!

Deux polars:

Une lecture agréable avec Le club des pendus, de Tony Parsons. Il s’agit d’une série dont Max Wolf, flic londonien, est le héros. Une bonne intrigue, que je conseille aux fans de polars anglais, aux fans de Londres, et à tous ceux qui aiment retrouver des héros récurrents attachants.

Justement, on en parle des héros récurrents attachants! Coup de foudre dans le Maine avec Stoney Calhoun et le premier volet d’une série de trois épisodes (n’attendez pas de suite, William G. Tapply hélas est décédé avant de pouvoir en écrire d’autres) Dérive Sanglante.

Une déception:

J’ai clôturé Novembre avec la lecture de L’indolente, le mystère Marthe Bonnard. La muse de trop? Je ne mets absolument pas en cause la qualité du livre de Françoise Cloarec, mais elle n’a pas su me convaincre. Marthe Bonnard n’est pas seulement mystérieuse, elle est antipathique. Toutefois, la biographie de Pierre Bonnard y est finement relatée et analysée.

 

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Trop de mystère tue le mystère

 

 

 

L’indolente – le mystère Marthe Bonnard

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Après Gabriële Picadia, après Jeanne Hébuterne, voici Marthe Bonnard, une autre grande muse d’artiste.

Marthe fut la compagne de Pierre Bonnard, et dès leur rencontre elle aura une influence majeure sur son oeuvre.

Marthe et Bonnard se rencontrent en 1893. Il est subjugué par cette jeune personne élancée, qu’il croise un jour dans la rue alors qu’elle se rend à son travail. Bonnard a abandonné ses études de droit pour être peintre. Jeune homme bourgeois et timide, il tombe sous le charme de celle qui se présente à lui sous le nom de Marthe de Méligny. Audacieuse, elle arbore dans sa tenue des couleurs originales et voyantes. Elle dit avoir seize ans, Pierre en a vingt-six. Elle est orpheline, n’a plus de famille alors aussitôt, Marthe s’installe chez Bonnard, et lui offre un équilibre tout en lui faisant découvrir l’amour et la sensualité. Pierre Bonnard, tout en défendant farouchement son indépendance artistique, fait partie du mouvement des nabis (« prophète », en hébreu), avec entre autres Paul Sérusier, Maurice Denis, ou Edouard Vuillard. Marthe l’inspire, et donne à cette période une note extrêmement charnelle, suave et érotique, en témoignent les tableaux du peintre.

Mais Marthe l’éloigne aussi de ses amis, elle est secrète, singulière, et cela lui vaudra beaucoup d’inimitiés. Marthe a un lourd secret: elle a menti à Bonnard le jour de leur rencontre. Elle n’est ni orpheline ni sans famille, elle s’appelle en réalité Maria Boursin, est une petite berrichonne « montée » à Paris, et elle a 24 ans.`

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Dérive sanglante

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Mon petit coeur d’artichaut s’est trouvé un nouveau héros. Ou plutôt un nouvel anti-héros.

Je vous présente Stoney Calhoun. Stonewall Jackson Calhoun.

Stoney est un homme sans mémoire.

Il est arrivé quelques années plus tôt dans le Maine, au volant de sa voiture d’occasion. Au coeur de la forêt, tel Thoreau, sa référence, il s’est construit une cabane (une belle cabane tout confort, quand même!) et a démarré une nouvelle vie en se rapprochant de la nature sauvage qu’offre le Maine:

Je suis parti vivre dans les bois, avait écrit Thoreau, parce que je voulais vivre en toute intentionnalité; me confronter aux données essentielles de la vie… je voulais vivre intensément et aspirer toute la moelle de la vie… (Walden)

Le Maine, avec ses forêts, ses baies rocheuses ou ses lacs, propices à l’activité favorite de la région: la pêche.

C’est ainsi qu’il a rencontré Kate, patronne d’une boutique d’articles de pêche qui lui a offert un job, mais aussi l’amour.

Bref, Stoney pourrait vivre une vie idyllique, s’il n’était régulièrement rattrapé par ses fantômes.

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Je suis Jeanne Hébuterne

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Jeanne Hébuterne hante l’oeuvre de Modigliani.

D’elle vous avez  forcément vu l’un des innombrables portraits, le visage étiré, le nez long, les cheveux roux et les yeux en amande.  Olivia Elkaïm raconte dans ce roman le destin tragique de la dernière compagne du peintre italien. Et elle a choisi pour ce récit la forme du journal intime, à la première personne, qui va débuter le jour où Jeanne rencontre Modigliani.

Hier soir je suis tombée amoureuse d’Amedeo Modigliani

Ainsi débute l’histoire, dans l’euphorie d’une rencontre entre le peintre italien et la jeune fille de bonne famille. Jeanne a dix-huit ans, Amadéo quinze de plus, et immédiatement il la séduit. En cette année 1916, alors que la guerre sévit en Europe, Jeanne n’aspire qu’à peindre et prend des cours à l’académie Colarossi, où Modigliani enseigne. Sous le charme de cette magnifique jeune fille botticellienne, teint laiteux et long cheveux roux coiffés en deux grosses tresses, Modigliani l’enlève avec l’aide de Soutine… et ainsi débute leur histoire folle, passionnée et déchirante.

 

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Le club des pendus

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Il faut toujours lire un polar de temps en temps. C’est comme une bonne bouffée d’oxygène, surtout en période de rentrée littéraire où on enchaîne les romans avec une avidité qui dépasse souvent l’entendement. Dans le polar, les exigences littéraires sont mises de côté, pourvu que l’intrigue soit bonne!

Avec Le Club des pendus, j’ai été servie! Aspirée par le rythme de l’histoire, si ma disponibilité s’y était prêtée je l’aurais lu en une seule journée.

Max Wolf est policier (DC) à la MET de Londres et officie à la célèbre adresse du 27 Savile Row. En ces premiers jours d’été, la canicule s’est abattue sur la capitale anglaise, alors qu’un drôle de gang commence à terroriser la ville en procédant à des exécutions qu’ils diffusent en direct sur les réseaux sociaux.

Savez-vous pourquoi vous vous retrouvez sur ce lieu d’execution?

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Gabriële

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Le jour où Anne et Claire Berest entreprennent de raconter à quatre mains l’histoire de leur arrière grand-mère, ont-elles conscience du rôle prépondérant de leur aïeule dans l’art du 20ème siècle, alors qu’elle n’a laissé aucune trace apparente ni dans l’histoire familiale, ni dans l’histoire de l’art?

Gabriële Buffet a 27 ans en 1908 lorsqu’elle rencontre le peintre Francis Picabia. Cette jeune femme brillante, issue d’une grande famille aristocratique, ne se destine pas à la vie rangée qu’on attend des jeunes femmes de bonne famille. Gabriële veut étudier la musique, Gabriële ne veut pas se marier, Gabriële veut être libre et indépendante. N’en déplaise à sa famille, elle s’installe à Berlin après de brillantes études à la Schola Cantorum, lieu de l’avant-garde musicale. Gabriële veut composer et entend bien dédier sa vie à cette unique passion. Sauf qu’elle va rencontrer, par l’entremise naïve de son frère, le nouvel enfant chéri de la peinture postimpressionniste , Francis Picabia. Celui-ci succombe devant l’esprit et l’intelligence de Gabriële, et pour lui elle va renoncer à tout, abandonnant la musique et la promesse d’une extraordinaire carrière musicale.

Elle a choisi Picabia, et ce choix, elle l’assénera au monde, ce sera sa création

Elle mettra son intelligence au service de l’Art, conseillant Picabia, et devenant une théoricienne de l’art visionnaire qui influencera nombreux artistes, critiques et mécènes du 20ème siècle. Francis et Gabriële sont complètement fusionnels, « leur entente n’est pas physique, mais métaphysique ».

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L’enfant-mouche

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Voici l’un des plus sensibles romans de cette rentrée littéraire…

Pour Marie, notre petite mouche, l’histoire commence sans qu’elle s’en doute un jour d’avril 1944.

Anne-Angèle est infirmière à Casablanca, et sa vie va doublement basculer en une journée : au moment où elle vient de recevoir un télégramme de Paris l’informant de l’accident de sa soeur, elle se fait mordre par un patient syphilitique. Mais il est encore trop tôt pour s’en inquiéter. Car à son arrivée auprès de sa soeur trépassée, Anne-Angèle découvre que celle-ci avait conclu un marché pour prendre en charge Marie, la fille cachée d’une actrice de cabaret.

Après avoir récupéré l’enfant et passé quelques semaines paisibles à Paris, elles sont forcées d’aller se cacher dans la campagne rémoise, où Anne-Angèle pourra reprendre un dispensaire de la Croix-Rouge. Malheureusement, les deux nouvelles venues sont mal accueillies par les villageois, et leur retraite au vert se révèle véritablement cauchemardesque: aucun patient ne visite le dispensaire et elles sont très vite à bout de vivres. Qui plus est, Anne-Angèle déclare la maladie qu’elle a préféré ignorer, et sombre peu à peu dans la folie. Rejetées par le village, sans revenus, Marie devra trouver tous les moyens pour les faire survivre, volant par-ci des épluchures de légume, trouvant par là des racines à faire cuire en soupe, alors que le village entier se ligue contre cette petite fille d’une dizaine d’années.

Rejetée de tous, elle trouve pour quelque temps refuge auprès de Toinette, autre paria du village qui vend son corps aux allemands contre des boîtes de harengs, et de son mari, le garde-forestier bègue Matesson.

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L’heure du bilan: octobre

Avec L’heure du bilan, j’inaugure en cette fin octobre un nouveau rendez-vous mensuel: un petit retour sur mes lectures du mois, histoire de garder une vue d’ensemble sur les livres qui défilent…

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Les chiffres:

Sept romans lus sur octobre – une belle moyenne grâce à quelques insomnies!

Trois coups de coeur :

 

J’ai d’abord – et enfin! – découvert Sorj Chalandon. Plusieurs lecteurs fidèles, dont Eva, avaient piqué ma curiosité. Avec Le jour d’avant, j’ai pu entrevoir la profonde humanité de l’auteur (également grand journaliste) et je vais poursuivre prochainement l’exploration de son travail avec (fort probablement) Mon traître.

Le Sans Dieu a été une surprise extrêmement belle! Pourtant, j’étais loin d’avoir envie de lire des histoires de pirates – la sortie de Sucre Noir, encensé par la critique en cette rentrée littéraire, m’avait laissée parfaitement indifférente, à cause des pirates justement! Mais je me suis laissée convaincre et suis entrée immédiatement dans l’histoire avec un plaisir déconcertant, histoire servie par une superbe plume qui n’a pas eu peur d’utiliser une langue « historique »qui lui sied à merveille.

Quant à La petite danseuse de quatorze ans, mon enthousiasme est encore très fort. Je reste subjuguée par l’immense travail de documentation, d’analyse et de rédaction que Camille Laurens a réalisé.

Trois voyages aux Etats-Unis:

Avec la rentrée littéraire, je me suis un peu éloignée de mon road trip littéraire américain. Heureusement, j’ai pu insérer quelques lectures américaines…

Avec Nulle part ailleurs sur la terre, je me suis promenée dans le Mississippi, j’y ai rencontré deux êtres bien amochés par la vie – un roman noir comme je les aime.

Dans Paysage Perdu, j’ai découvert des fragments de vie de Joyce Carol Oates, qui éclairent sur la personnalité et le travail de cette immense écrivaine – des réflexions qui m’ont évoqué les non moins grandes Joan Didion et Joyce Maynard

C’est avec Sukkwan Island que je vais clôturer le mois d’Octobre… une claque violente, un roman d’un noir profond, et un personnage qui a déclenché en moins une colère comme j’en ai rarement éprouvées en littérature. Dur mais malgré tout magistral.

 

Deux livres qui passent à la trappe:

Si l’abandon du Nathan Hill est irrévocable, Leçons de Grec est un roman que j’aurais vraisemblablement mieux apprécié dans d’autres conditions de lecture. Hélas pour lui, je l’ai commencé après avoir refermé, de méchante humeur, le Nathan Hill. C’est pourtant un roman tout à la fois poétique et philosophique, d’une grande qualité littéraire, baigné d’un minimalisme asiatique qui donne au roman son ambiance si particulière. Han Kang, son auteure coréenne, enseigne le creative writing.

Deux outsiders:

Relire Le journal d’Anne Frank, faire lire Le journal d’Anne Frank, cela devrait être une obligation. Avec ce magnifique roman graphique, c’est une superbe opportunité de se replonger dedans, de le faire lire à ses enfants et d’en discuter en famille. Les dessins sont magnifiques et l’histoire, condensée pour les besoins du format, est restituée avec la puissance et l’émotion que lui avait données Anne Frank.

Histoires du soir pour filles rebelles, c’est un génial livre qui retrace des destins de filles, de femmes, d’héroïnes comme je les aime – au hasard Cléopâtre, Nina Simone, Jane Austen, Elisabeth 1, Coco Chanel, Florence Nightingale, des connues, des moins connues, des inconnues comme la petite Coy Mathis, née garçon mais qui a tournois su qu’elle était une fille. Pour chacune, une page qui débute souvent par « Il était une fois… » et une illustration très belle, très graphique.

 

Sukkwan Island

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Sukkwan Island – j’en entendais parler depuis longtemps, de ce roman, incontournable aux yeux de plusieurs lecteurs que je côtoie. Electra a achevé de me convaincre lors de notre balade au Forum Fnac en Septembre dernier, je suis donc repartie avec.

Peu de temps avant de le commencer, j’ai réalisé que j’avais déjà lu Désolations, du même hauteur – et si j’en ai peu de souvenirs hélas, j’avais toutefois encore une impression de malaise en y repensant.

Jim Fenn, fraîchement divorcé de sa seconde femme, décide d’aller vivre un an sur une île inhabitée du Sud de l’Alaska – une île isolée de tout, loin de toute vie humaine, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, où il veut renouer avec la vie sauvage. D’une beauté virginale, elle est seulement habitée par des ours, des élans et autres animaux sauvages, et dans ses eaux poissonneuses les saumons reviennent chaque année en masse.

Dans son aventure, il a réussi à convaincre son fils de 13 ans, Roy, de l’accompagner. Roy vit avec sa mère et sa soeur en Californie depuis le divorce de ses parents et son père espère ainsi se rapprocher de lui. A contrecoeur, le jeune garçon le suit. Son père lui a promis qu’ils retourneraient régulièrement rendre visite à sa mère et à sa soeur. En attendant, ils vivront seuls, ou plutôt ils apprendront à survivre, en vivant de chasse et de pêche. Jim, le père, affiche un enthousiasme extrême, mais très vite, il révèle ses défaillances dans un manque de préparation à cette aventure, aussi flagrant qu’effrayant. En plus de cette inexpérience, la cohabitation entre le père et le fils se révèle rapidement  anxiogène et le séjour vire rapidement au drame, aussi brutal qu’inexorable.

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La petite danseuse de quatorze ans

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C’est un bronze de petite taille que l’on admire aujourd’hui à travers le monde, une statue exposée dans plusieurs musées à la fois, telle un clone.

Sa posture de danseuse au repos, son air rêveur, le tulle de son tutu, le ruban de satin dans ses cheveux fascinent les petites filles, et intriguent les autres visiteurs. Que ce soit au musée d’Orsay à Paris, ou au Met à New York, j’ai comme beaucoup de visiteurs tourné autour, de longues minutes, dans un sens, puis dans l’autre. J’ai détaillé l’air effronté, le corps élancé,  les mollets galbés, l’abandon qu’il semble y avoir dans la pose. Quel pouvoir d’attraction elle exerce, cette petite danseuse!

 

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Fascinée, Camille Laurens  l’a été intensément, au point de lui dédier une partie de son doctorat « Pratique et théorie de la création artistique et littéraire », en allant à la rencontre de Marie Van Goethem, cette danseuse de quatorze ans qui posa pour Edgar Degas. Qui était-elle, pourquoi était-elle à l’Opéra, quel fut son destin? C’est à ces questions que Camille Laurens va tenter de répondre dans une passionnante enquête.

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The blogger recognition award

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THE BLOGGER RECOGNITION AWARD

Vous pouvez répéter s’il vous plaît?

Lorsque Marie-Claude, à travers son blog Hop! sous la couette m’a nominée aujourd’hui pour ce tag, j’avoue ne pas avoir tout compris… D’ailleurs, je ne savais même pas qu’on taggait sur les blogs !! eh oui, mon expérience sur la blogosphère est encore toute virginale, alors je suis encore régulièrement surprise!

The Blogger Recognition Award, c’est donc un tag qui nous permet de mettre en avant les blogs sur lesquels on aime aller se balader, et qui nous inspirent…

4 règles à suivre:

1- je remercie celui qui m’a nominé(e)

2- quelques mots sur l’histoire de mon blog

3- quelques conseils aux débutants blogueurs

4- des blogs que vous aimeriez faire découvrir aux autres… nominez-les

MERCI…

Quoiqu’il en soit, cet « adoubement » par celle que je surnomme « ma marraine de blog » me fait rougir de joie et de plaisir – tout en m’intimidant drôlement. Alors merci Marie-Claude (et ainsi je viens de remplir la règle numéro 1: remercier celui / celle qui t’a nominé(e))

L’HISTOIRE DE BOOKS MOODS AND MORE

Garder sur un mur une trace de mes lectures, échanger sur les livres que j’aime, partager mes photos: l’envie me titillait depuis très longtemps, jusqu’à parfois me donner des insomnies… Faute de savoir comment m’y prendre, j’ai commencé à poster des billets sur Instagram au sein d’une communauté curieuse et bienveillante. Ma rencontre avec Marie-Claude et les coups de pieds au fesses qu’elle m’a donnés ont été déterminants, et le 1er janvier 2017, avec la nouvelle année, mon blog est né… J’ai donc répondu à ta dernière question, Marie-Claude 🙂

 

QUELQUES CONSEILS AUX BLOGUEURS DEBUTANTS

Etant moi-même une débutante, je ne pourrai partager que ma fraîche expérience…

1- N’hésitez pas à vous lancer, la montagne n’est pas si haute à gravir! J’ai réussi à ouvrir mon blog en une journée (plus besoin de savoir coder, des plateformes très simples peuvent vous accueillir)

2- Restez simples, ne recherchez pas à copier les autres blogs qui paraissent tellement professionnels – vous améliorerez le vôtre au fil du temps, avec l’expérience

3- Soyez structurés, rien de pire qu’un blog où on se perd

4- Inutile de publier à outrance, choisissez la qualité à la quantité

5- Et si vous avez de la chance, tombez sur la bonne fée qui vous soutiendra les jours de doute!

ET MAINTENANT, LES NOMINE(E)S SONT…

Je n’irai pas jusqu’à quinze, mais j’y mets tout mon coeur et là est l’essentiel!

Electra, blogueuse experte et actuellement en vacances Tombée du Ciel

Agathe, dentiste à ses heures et astrologue qui classe les livres selon leur thème astral Agathe the Book

Sophie et tout son bazar en fait bien ordonné C’est quoi ce bazar

Eva avec qui j’aime parler « Allemagne » et qui écrit à quatre mains avec Patrice Eva bouquine

Virginie qui dévore au moins un livre par jour Mes miscellanées

Charlotte, accompagnée de Miette et Truffe sur son joli blog tout neuf Loupbouquin

Nath, jolie rencontre et sa plume sensible Le boudoir de Nath

Benoît, car non, il n’y a pas que des blogueuses, merci Benoît A l’ombre du noyer

Eva, pro parmi les pros Tu vas t’abîmer les yeux

Delphine, pro parmi les pros bis La bibliothèque de Delphine-Olympe

Céline et Mes échappées livresques

Fanny et Mes pages versicolores

 

Le Sans Dieu

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Mille sabords!

Qui aurait pu croire que je m’éprendrais d’un roman de pirates? Certainement pas moi…

Et pourtant, dès les premières pages, Virginie Caillé-Bastide m’a embarquée dans l’histoire du Sans Dieu, sans que j’aie envie de la lâcher!

L’histoire commence en 1709, en Bretagne. Lors d’un hiver terriblement froid au cours duquel une famine outrageusement meurtrière s’installe, Arzhur de Kerloguen perd le dernier de ses sept enfants, tandis que sa femme sombre dans la folie. Sa foi l’abandonne, tout comme l’humanité qu’il avait en lui. Derrière lui, il laisse sa seigneurie et les lambeaux de sa vie, muni de son incommensurable colère à l’égard de Dieu pour tout bagage.

Six ans plus tard, un navire pirate, Le Sans Dieu, fait régner la terreur sur la mer des Caraïbes. Son cruel capitaine, surnommé L’Ombre, attaque les navires qui croisent en mer, entouré de sa fidèle équipe de flibustiers, hommes sans foi ni loi qui ont renoncé à tout:

Pour Palsambleu, Gant-de-Fer, Fantôme de Nez, Bois-sans-Soif et tous les autres, le passé n’avait plus d’existence et l’avenir n’offrait aucune espérance. Tous étaient devenus des hommes du présent. Dès lors, l’action seule importait, car leur choix de vie n’oscillait plus qu’entre liberté et potence.

Lors du pillage particulièrement sanglant d’un galion espagnol, l’Urca de Sevilla, sur lequel les flibustiers sèment comme à chaque fois la mort, L’Ombre épargne la vie d’Anselme, un père jésuite. Embarqué comme prisonnier sur le brick, le « Padre », qui lui même a parcouru dans sa vie des chemins sombres et douloureux, oppose sa foi au rejet religieux de l’Ombre – les deux hommes ne vont cesser de s’affronter autour de la question de l’existence de Dieu, chacun cherchant à faire renoncer l’autre à ses idées.

Tirons notre courage de notre désespoir même (Sénèque)

Quelle prouesse que cet incroyable roman dans le pur style du roman d’aventures et de piraterie!

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Le jour d’avant

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 Joseph, serré tout contre moi. Lui sur le porte-bagages, jambes écartées par les sacoches comme un cow-boy de rodéo. Moi penché sur le guidon, main droite agaçant la poignée d’accélération. Il était bras en l’air. Il chantait fort. Des chansons à lui, sans paroles ni musique, des mots de travers que la bière lui soufflait.

Les hurlements de notre moteur réveillaient la ville endormie.

Mon frère a crié.

–  C’est comme ça la vie!

Jamais je n’avais été aussi fier

En cette nuit du 26 décembre 1974, dans leur coron du Nord de la France Joseph et Michel se baladent à mobylette, heureux et complices, avant que Joseph, le grand frère, redescende à la mine au petit matin.

Le 27 mars 1974, un coup de grisou dans la fosse 3 de la mine fera 42 victimes. Michel perdra son frère Jojo, et ce sera le drame de sa vie. « Venge-nous de la mine » demandera son père à Michel au moment de sa mort. Alors, pendant 40 ans, Michel entretiendra le souvenir de son frère, ruminera sa vengeance – qu’il mettra à exécution à la mort de sa femme Cécile.

Consciencieusement, Michel aura consigné, pendant toutes ces années de deuil jamais terminé, les preuves désignant le coupable en même temps que les souvenirs qui lui évoquent la mine et son frère tant aimé. Et il repartira là-haut, dans le Nord qu’il avait quitté bien longtemps auparavant, pour venger son frère et tous ceux qui ont laissé leur vie dans la mine ce 27 décembre 1974.

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Nulle part sur la terre

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Le Mississipi et sa moiteur.

Maben et sa petite fille Annalee marchent au bord de l’autoroute I-55, épuisées par l’effort et la chaleur, avec pour seul bagage un sac poubelle noir dans lequel pèse le peu qu’elles possèdent. Après des années d’itinérance, Maben revient, sans but, sans argent, mais avec une bouche de plus à nourrir. Au relais routier, elle dépense la moitié des précieux dollars qui lui restent pour prendre une chambre où Annalee pourra enfin se reposer après toutes ces nuits passées à la belle étoile. Mais la nuit vire au cauchemar pour Maben, qui va devoir fuir à nouveau avec Annalee.

Russel, après onze années de prison, revient chez lui, à Mc Comb, Mississipi. Pendant ces onze années, le monde a continué à tourner, ses amis se sont mariés, sa fiancée l’a quitté pour fonder un foyer, sa mère est morte. Et la haine des frères de celui qu’il a tué accidentellement onze ans plus tôt, après une soirée alcoolisée, est plus vive que jamais. Russel doit avancer, affronter, apprendre à revivre après ces onze années d’enfermement, soutenu par son père qui entretemps a retrouvé une compagne, mexicaine sans papiers.

Onze ans, songea-t-il.

Assez longtemps pour que tous ceux qu’il connaissait se soient mariés depuis. Plus d’une fois peut-être. Ou plus de deux. Qu’ils aient eu le temps de faire des gosses. De décrocher un boulot qui aurait fini par leur réussir, leur valoir des promotions, des titres et des bureaux avec des fenêtres, peut-être même des cartes de crédit de leur boîte dans la poche. Assez longtemps pour que les étagères du salon se soient remplies d’albums photos où seraient archivés les clichés de leurs vacances d’été à Pensacola et Gulfport et au parc de Six Flags quand les enfants auraient grandi et peut-être même à Disneyworld. Assez longtemps pour en être à leur deuxième maison parce que la première serait devenue trop petite. (…)

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La peur du vide

Je suppose que vous avez aussi fait l’expérience un jour: démarrer plein d’envie un livre dont tout le monde parle depuis qu’il est paru dans une rentrée littéraire en fanfare. Les retours sont dithyrambiques. Et l’éditeur a soigné sa parution, avec une couverture très attirante, qu’on ne peut louper sur aucune table de libraire.

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Il m’attendait depuis sa sortie: c’est le premier de la rentrée que j’ai acheté, avec La salle de bal d’Anna Hope, également chez Gallimard. Sagement, dans la pile à lire, il attendait que son tour arrive, tandis que j’attendais moi le moment adéquat – un livre correspond (presque) toujours à une envie spécifique de lecture. Alors je me suis installée, en mode cocooning sous la couette dans mon-lit-mon-royaume (best place ever to read), salivant presque. J’ai tourné les pages pendant une petite heure, et là… le vide absolu, le rien, le néant. J’ai considéré les quelques 700 pages du roman – ce qui passe à mes yeux de lectrice avide souvent inaperçu a soudain pesé un poids incommensurable entre mes mains.

Alors j’ai interrogé autour de moi, et quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre, mis à part quelques fans de première heure, que nombre de lecteurs avaient fait une lecture en diagonale du roman, voire passé de nombreuses pages, pour arriver au coeur-même du roman. Si ma décision d’abandonner cette lecture stérile a été rapidement prise, j’ai été confortée par quelques lecteurs / lectrices (exclusivement des lectrices, même) qui l’avaient également abandonné en cours…

Mais après?

Après généralement, on rebondit. On prend le contrepied de la lecture mal passée en allant vers un genre radicalement opposé, et ça passe.

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai eu la peur du vide.

Et c’est sérieux!!! J’ai considéré tous ces livres cumulés depuis l’été (entre les achats et les services de presse) et j’ai réellement pris peur: si le plaisir de lecture, qui me vient si facilement d’habitude, avait disparu? Comment gérer une nouvelle déception littéraire? Toujours est-il qu’en considérant cette pile à lire, j’ai peur de sauter. Faut-il aller vers un choix raisonnable, aller vers le roman que untel n’a au final pas aimé, lire celui-ci qui s’apparente à un essai et sera enrichissant d’un point de vue culturel, mais on le sait d’ores et déjà, pas un coup de coeur? Dois-je pour me consoler me jeter à corps perdu dans un de ces romans américains qui je le sais ne me décevra pas, ou changer d’époque en ouvrant un roman historique?

A l’heure qu’il est, je n’ai toujours pas fait mon choix…