Les passeurs de livres de Daraya

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J’ai rarement réfléchi à la possibilité matérielle, intellectuelle, économique et politique d’ouvrir un livre, de posséder un livre, et de le lire – sans entrave. Franchir la porte d’une librairie, d’une bibliothèque sont des actes anodins, sans conséquence, si ce n’est le plaisir d’en repartir avec un livre.

Et pourtant, à quelques milliers de kilomètres de chez nous, lire peut être un luxe, un affront, et même un acte de résistance.

La guerre est perverse, elle transforme les hommes, elle tue les émotions, les angoisses, les peurs. Quand on est en guerre, on voit le monde différemment. La lecture est divertissante, elle nous maintient en vie. Si nous lisons, c’est avant tout pour rester humain.

Dans ce documentaire bouleversant, la reporter Delphine Minoui nous raconte la bravoure de quelques hommes, qui ont défié le régime de Bachar al-Assad par la littérature.

C’est depuis Istanbul où elle vit que la grand reporter découvre sur internet la bibliothèque clandestine de Daraya, dans la banlieue de Damas, ville assiégée, pillée, détruite par les bombardements et les attaques chimiques, privée de toutes les ressources élémentaires à la survie depuis 2012.

Bachar al-Assad avait fait le pari de les enterrer tous vivants. D’ensevelir la ville, ses derniers habitants. Ses maisons. Ses arbres. Ses raisins. Ses livres.

Des ruines, il repousserait une forteresse de papier.
La bibliothèque secrète de Daraya.

Pendant plusieurs mois, Delphine Minoui, en contact via Skype, Whatsapp avec de jeunes activistes résistants, va retracer l’histoire de cette bibliothèque souterraine et s’attacher aux témoignages poignants de ces hommes engagés dans le sauvetage de la connaissance, de leur patrimoine, dans une quête effrénée de nourriture de l’esprit, alors qu’ils meurent littéralement de faim. Son but: écrire un livre sur cette bibliothèque, qui pourra, l’espère-t-elle, rejoindre un jour ses étagères.

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La petite danseuse de quatorze ans

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C’est un bronze de petite taille que l’on admire aujourd’hui à travers le monde, une statue exposée dans plusieurs musées à la fois, telle un clone.

Sa posture de danseuse au repos, son air rêveur, le tulle de son tutu, le ruban de satin dans ses cheveux fascinent les petites filles, et intriguent les autres visiteurs. Que ce soit au musée d’Orsay à Paris, ou au Met à New York, j’ai comme beaucoup de visiteurs tourné autour, de longues minutes, dans un sens, puis dans l’autre. J’ai détaillé l’air effronté, le corps élancé,  les mollets galbés, l’abandon qu’il semble y avoir dans la pose. Quel pouvoir d’attraction elle exerce, cette petite danseuse!

 

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Fascinée, Camille Laurens  l’a été intensément, au point de lui dédier une partie de son doctorat « Pratique et théorie de la création artistique et littéraire », en allant à la rencontre de Marie Van Goethem, cette danseuse de quatorze ans qui posa pour Edgar Degas. Qui était-elle, pourquoi était-elle à l’Opéra, quel fut son destin? C’est à ces questions que Camille Laurens va tenter de répondre dans une passionnante enquête.

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Hillbilly Elégie

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Comment le pays le plus riche et le plus observé au monde peut-il également concentrer des écarts économiques et culturels si abyssaux au regard de sa position géopolitique?

C’est à cette question que va s’attacher le récit de J.D. Vance, américain blanc issu de la classe ouvrière des Appalaches – Blanc mais pas WASP.

J.D. Vance et sa famille font partie des Hillbillies, les péquenots, rednecks ou white trash d’origine irlando-écossaise, qui ont fait prospérer par un lourd travail dans les mines et la sidérurgie, la situation économique de la Rust Belt – jusqu’au déclin du Midwest industriel, avec toutes ses conséquences : chômage, misère, drogue, colère, xénophobie. Les Hillibillies, avec leur accent du Sud et leurs manières, attirent les moqueries des américains bien pensants.

Ce qu’il y avait de dérangeant chez les Hillbillies était d’ordre ethnique. A l’évidence, ils appartenaient à la même catégorie que ceux qui dominaient la politique, l’économie et la société, sur le plan local et national (des Blancs) mais les Hillbillies avaient de nombreuses caractéristiques régionales en commun avec les Noirs en provenance du Sud qui arrivaient à Detroit

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