Il reste la poussière

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Quelque part en Patagonie, dans les steppes sans fin de ce désert argentin.

On devine que l’action se situe au début du vingtième siècle, mais qu’importe peut-être? Les grandes exploitations qui commercent avec l’Europe ont remplacé les petites fermes qui survivent comme elles le peuvent, à l’image de l’estancia de la mère.

C’est d’une main de fer qu’elle dirige sa ferme isolée. Le mari, soulard comme son père, a disparu depuis longtemps. Parti, a-t-elle dit à ses enfants, sans autre forme d’explication. Les enfants sont quatre: les jumeaux Mauro le grand et Joaquin le petit, suivis de celui qu’ils ont surnommé le débile, Steban, et enfin le petit, né après la disparition du père, Rafael. Six ans le séparent des aînés, qui depuis toujours le martyrisent. Alors Rafael se réfugie auprès de son cheval et de ses chiens. La mère, elle, ferme les yeux, sévère, froide, indifférente – seul l’intérêt du bétail, bovins et brebis, semble avoir un intérêt à ses yeux. Elle a revêtu ses épaules du rôle de l’homme, et lorsqu’elle se rend à San Léon, les hommes la respectent comme un des leurs

A part elle, aucune femme ne franchit les portes du bar. Parfois, quand elle a bien bu, elle pouffe en disant qu’elle est devenue un homme comme les autres.

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