Un été de neige et de cendres

livre Un été de neige et de cendres

Avril 1815 – le mont Tambora, situé sur l’île de Sumbawa en Indonésie, entre en éruption. 

Plus puissante que l’explosion réunie des bombes A  lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, ses répercussions sont inouïes : l’île est dévastée, quasiment toute sa population est décimée, et le monde entier va subir sans le savoir les conséquences climatiques de l’éruption des mois plus tard.

Pouvons-nous imaginer un été sans été, un froid glaçant qui se jette sur l’Europe, tandis que la neige et la glace prennent en étau la côte Est des Etats-Unis?

En cet été 1816, le monde entier vient à peine d’apprendre cette éruption dans les journaux – comment imaginer alors le lien de l’un à l’autre? 

On observe bien de drôles de taches sur le soleil, mais on est bien plus prompt à penser qu’il s’agit de l’oeuvre du diable.

Les ravages sur les récoltes sont terribles et la famine abat son fléau sur une population déjà fort malmenée par les injustices sociales et les récentes guerres napoléoniennes.

C’est à travers le destin de plusieurs personnages que Guinevere Glasfurd, auteure du remarquable « Les mots entre mes mains » paru  en 2016, relate cet incroyable fait historique qui ferait passer l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 pour un pétard mouillé.

Aux destinées parallèles de ces inconnus que sont la jeune Sarah Hobbs qui se bat au quotidien pour essayer de gagner un penny pour survivre, le soldat Hope Peter de retour en Angleterre où il espère retrouver un foyer après dix ans de guerre, mais aussi Charles Whitlock un petit prédicateur du Vermont qui essaie de convaincre les paysans de la bonne parole de Dieu, ce sont aussi les histoires de deux personnalités artistiques et littéraires qui éclairent le récit par l’impulsion que va donner à leur travail ce sombre été: le peintre paysagiste John Constable qui essaie d’émerger parmi les peintres plus connus de la Royal Academy, et Mary Shelley, qui commencera cet été-là la rédaction du roman qui la rendra célèbre: Frankenstein.

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A rude épreuve

A rude épreuve Elizabeth Jane Howard éditions La Table Ronde

C’est comme une lettre qu’on attend depuis longtemps et qu’on a enfin entre les mains: on n’ose plus l’ouvrir, de peur de gâcher par la précipitation les longs moments d’une languide impatience dans laquelle on se plaisait bien, finalement.

Je l’ai regardé souvent avant de l’ouvrir, l’oeil s’attardant sur (une nouvelle fois) la beauté de la couverture qui plante le décor: le vert du Sussex, la mer, la présence féminine incontournable du roman. Et dans le ciel, inquiétant, un bombardier noir.

Nous avions quitté la famille Cazalet en 1938, alors qu’une nouvelle guerre semblait inéluctable.

Lorsque nous les retrouvons réunis et abasourdis autour de la TSF de Home Place en ce mois de septembre 1939, l’entrée en guerre est devenue une réalité. 

La vie se réorganise dans le Sussex, chez le Brig et la Duche, où s’installent malgré elles les belles-filles qui auraient préféré rester à Londres, leurs filles et leurs plus jeunes enfants. 

Hugh rentre à Londres gérer l’entreprise familiale, tandis qu’Edward et Ruppert s’engagent dans cette nouvelle guerre…

Le pire était arrivé, et ils faisaient presque comme si de rien n’était. Voilà comment se comportait sa famille en temps de crise 

Rien ne semble pouvoir ébranler la vie des Cazalet, qui continuent à vaquer à des occupations adaptées aux circonstances: rapatrier chez eux l’institution de charité dans laquelle ils sont investis, occulter les nombreuses fenêtres des cottages pour le black-out, acheter des vêtements assez grands et des métrages de tissus, prévoir les repas en dépit des rationnements qui s’installent – tandis que le soir, dans le crépitement des bûches, on joue des sonates de Mozart dans le cliquètement des aiguilles à tricoter.

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L’étrange disparition d’Esme Lennox

O’Farrellement Vôtre

Depuis son premier roman sorti en 2000, « Quand tu es parti », je suis inconditionnellement attachée à l’écrivaine irlandaise Maggie O’Farrell.

Tous ses romans ne sont pas égaux, mais elle réussit à chaque fois à se renouveler, tout en restant attachée aux mêmes thèmes, qu’elle explore inlassablement, comme pour comprendre, réparer quelque chose : des histoires familiales qui se jouent sur plusieurs générations, des secrets qui brisent des destinées, des histoires d’amour qui basculent dans le drame, des disparitions inexpliquées, voilà l’univers de Maggie O’Farrell, qui oscille incessamment entre présent et passé, toujours servi par des personnages complexes et sensibles, souvent dans la fuite. Grâce à une psychologie aiguë, elle pénètre les failles des histoires.

Lorsque j’ai lu, il y a quelques semaines, « La salle de bal » d’Anna Hope, j’ai repensé à ce roman de 2008: « L’étrange disparition d’Esme Lennox ». L’envie m’est venue de le relire, de retrouver ces impressions qui m’avaient tant marquée.

Esme rejoint la longue liste de ces femmes internées, à tort, parce qu’elles étaient différentes. 

Différente, Esme l’a toujours été. Une petite fille libre, curieuse, sensible. A la suite d’un drame, la famille quitte l’Inde où Esme et sa soeur sont nées et ont grandi. De retour à Edimbourg, Esme doit s’acclimater: au froid écossais, et surtout aux règles strictes qu’imposent la bienséance et l’éducation sans concession de sa grand-mère et de ses parents pour faire d’elle et sa soeur des jeunes filles épousables. Mais le comportement d’Esme dérange, trop sensible, trop inadaptée, trop désinhibée… elle est internée à l’asile de Cauldstone, alors qu’elle n’a que seize ans.

Soixante ans plus tard, alors que l’asile doit définitivement fermer ses portes, Iris reçoit un appel: elle est la seule parente à pouvoir prendre en charge Euphemia Lennox. Qui est cette grand-tante dont elle n’a jamais entendu parler? Elle ne connaît pourtant aucun frère et soeur à sa grand-mère Kathleen… Pourquoi a-t-elle été effacée de la mémoire familiale? Est-elle vraiment folle?

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La salle de bal

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Il y a trois ans presque jour pour jour paraissait ce deuxième roman d’Anna Hope, librement inspiré de l’histoire de son arrière-arrière-grand-père, un Irlandais interné en 1909 à l’asile de Menston dans le Yorkshire.

Alors que l’Angleterre prône l’eugénisme pour littéralement éradiquer ceux qu’elle considère, souvent abusivement, d’aliénés, le jeune docteur Charles Fuller s’intéresse de près aux travaux d’éminences grises en la matière, Karl Pearson et Leonard Darwin. 

Ella Fay, ouvrière dans une filature de la région, est internée à l’asile pour aliénés de Sharston après avoir brisé une vitre – enfermée des journées entières dans l’atmosphère suffocante de l’usine, elle voulait juste respirer. Très vite, elle comprend que pour ne pas devenir vraiment folle, elle devra faire profil bas – dès lors, le « sois sage » que lui chuchotait sa mère, petite, ne cessera de l’accompagner.

Grâce à Clemency Church, une jeune fille de la bourgeoisie internée elle aussi pour de mauvaises raisons, Ella surmonte l’âpreté de l’asile.

Et bientôt, elle est autorisée à se rendre au bal du vendredi soir, instauré par le docteur Fuller qui dirige l’orchestre et expérimente sur les patients les effets de la musique.

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Nos espérances

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Femmes, je vous aime

En clôture de son nouveau roman, Anna Hope remercie les « femmes magnifiques qui ont façonné (sa) vie, les guetteuses d’horizon, les danseuses acharnées, les convertisseuses de camionnettes, les nageuses d’eau douce, les soignantes, celles qui connaissent les méthodes ancestrales » : celles qui sont pour elle une inépuisable source d’inspiration, comme le confirme son troisième roman.

Hannah, Lissa, Cate – d’abord, l’amitié entre Cate et Hannah, sur les bancs du collège: compétition, émulation, admiration. Puis, la rencontre entre Hannah et Lissa dans l’amphi de l’université de Manchester: observation, rapprochement, fusion. Enfin, la présentation de Lissa à Cate, et la naissance d’une amitié profonde et généreuse entre les trois jeunes femmes.

Une amitié nourrie de la richesse de leurs vies de filles pas encore trentenaires, réunies sous le toit d’une vieille maison de London Fields  au début des années 2000. Des vies remplies de tous les possibles qui sont encore à venir, de tous les espoirs qu’elles ont encore.

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Le rouge n’est plus une couleur

 

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Le roman débute comme un campus novel.

Kate et Max se rencontrent à l’université, et ces années d’étude, partagées entre l’université et leurs retrouvailles hors du campus, vont jalonner ce moment d’apprentissage de la vie où une amitié très forte va se tisser entre eux.

Issu d’une famille bourgeoise, père médecin et mère réalisatrice de cinéma, Max vient des beaux quartiers de Londres.

Kate est issue d’un milieu plus modeste, élevée par sa mère dans une petite ville ouvrière du Gloucestershire. C’est à quelques kilomètres de là justement que les Rippon, la famille paternelle de Max, ont leur maison depuis plus d’un siècle. La vieille maison anglaise, dont l’intérieur évoque à la mère de Max le décor d’un film anglais d’après-guerre (et à moi la maison des Cazalet, si vous avez lu Etés anglais) est le lieu sacré des retrouvailles lors des fêtes de famille.

Cette maison, que Kate admire, rend la conscience de classe plus prégnante, et pourtant Kate se coule dans la vie familiale de Max sans ambivalence – malgré sa fascination pour le travail de Zara, la mère de son ami.

Lors d’une fête chez ces derniers, Kate est violée par le cousin de Max.

Choisissant dans un premier temps de se taire, le traumatisme subit devient de plus en plus lourd à supporter pour Kate, qui va mettre en place des mécanismes de survie pour supporter sa douleur.

Elle se déshabilla, se regarda dans le miroir. Son corps était pâle après tant de mois d’hiver, son ventre et le haut de ses cuisses un peu mous, avec des rondeurs, quoique moins qu’à une époque. Comme elle semblait crue – pas cuite. Le bain était trop chaud, son mollet rougit, la sueur perla sous ses bras, sur son front. Elle lutta contre elle-même un instant, jusqu’à ce ce que son envie de masochisme soit supplantée par les instincts protecteurs de son corps, qui refusait de la laisser plonger dans l’eau plus d’une seconde ou deux, et elle opta à la place pour le bord glacé de la baignoire, pieds en équilibre de l’autre côté, laissant couler l’eau froide.

Comment désormais affronter la famille de Max, qu’elle avait faite sienne? Parler? Se taire? Et comment lutter chaque jour pour ne pas perdre pied?

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Etés anglais

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Voici LE livre que j’aimerais pouvoir vous voir tous lire en ce moment. 

« Etés anglais » est un de ces romans pour lesquels on rêve d’avoir une plage de temps infini devant soi pour s’immerger dedans jusqu’à la dernière page – roman fleuve, il nous entraîne dans les eaux romanesques de la saga familiale des Cazalet, une échappée infiniment jubilatoire. 

En cet été 1937, les trois fils des Cazalet se préparent à rejoindre depuis Londres, avec femmes et enfants, le fief familial du Sussex: Home Place. 

De part et d’autre, c’est l’effervescence des derniers préparatifs. Le Brig et la Duche, comme sont surnommés les patriarches de la famille, mènent comme à l’accoutumée d’une main de maître l’organisation de la maison, aidés dans leur tâche par leur fille célibataire, Rachel.

A Londres, les fils gèrent les affaires courantes, les femmes s’occupent de leur dernière soirée en société, les cousines assistent aux derniers cours de leur préceptrice, les cousins reviendront bientôt de pension, et les plus petits trainent dans les jupes des nannies. 

Ainsi débute dans la grâce le ballet de ces trois générations de Cazalet, aimants et loyaux, avec un sens de la famille aussi aiguisé que leur éducation bourgeoise et leur exquis savoir-vivre britannique. D’une page à l’autre, Elizabeth Jane Howard nous emporte dans l’épopée de deux étés qui vont vers un virage inévitable: la guerre, que l’on croyait loin derrière, bien qu’elle ait marqué de façon indélébile la vie des deux aînés Edward et surtout Hugh.

Dans cette parenthèse au vert, le temps semble comme suspendu dans les journées qui se succèdent entre l’équitation, le tennis, la plage et les innombrables repas. Mais le petit miracle, ce sont ces tranches de vie qui se succèdent, tous ces détails qui fourmillent d’une vitalité romanesque qui jamais ne s’essouffle. Chaque personnage creuse son sillon dans l’histoire – et des personnages, il y en a! 

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La crevette et l’anémone

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Vous aussi, vous gardez une certaine nostalgie de ces histoires d’enfants bien élevés de la Comtesse de Ségur?

Alors, pour les adultes que vous êtes devenus, voici une réédition qui devrait faire votre bonheur: Eustache et Hilda est le premier tome de la trilogie La crevette et l’anémone écrite par L.P. Hartley, auteur britannique  né en 1885 et décédé en 1972. 

Plantons le décor: nous sommes en Angleterre, dans une station balnéaire au début du vingtième siècle. Imaginez maintenant deux enfants qui jouent sur la plage, à construire des digues pour retenir la mer, habillés de jupe longue et pantalon comme l’exige la bienséance de l’époque. Ce sont Hilda et son jeune frère, Eustache. Hilda est l’aînée. A treize ans, quatre ans la séparent de son jeune frère.

Issus de la petite bourgeoisie puritaine et désargentée, ils sont éduqués par leur tante paternelle, venue s’installer après la mort de leur mère.

Ils mènent une vie d’une grande simplicité, égayée par des jeux de plage, des pique-nique en famille avec glissades de toboggan (qu’il faut plutôt imaginer comme une luge avec laquelle ils dévalent les collines), des cours de danse et des balades à bord de la calèche de ce bon vieux Monsieur Craddock.

Hilda, jeune fille particulièrement mature, entretient aves son frère une relation aussi autoritaire que fusionnelle. Usant de son ascendant sur lui, elle le contraint un jour à aborder mademoiselle Fothergill, une terrifiante vieille fille invalide que les enfants de la petite ville soupçonnent d’être une sorcière… contre toute attente (ou peut-être que nous l’avions quand même vu venir) le jeune Eustache se lie d’amitié avec la vieille femme, qui va s’attacher à Eustache…

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La fracture

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Lorsqu’elle disparaît le 16 juillet 1994 dans la banlieue de Manchester Julie Rouane est une adolescente de dix-sept ans un peu revêche et solitaire, hostile au climat familial depuis l’écart conjugal de sa mère. 

Sa disparition soudaine, mystérieuse et irrésolue laisse sa famille désemparée.

Selena sa jeune soeur s’est remise comme elle pouvait de ce traumatisme, abrégeant ses études et refusant de s’engager auprès de son petit ami.

Elle ne s’était jamais précisément reproché le destin de Julie, mais n’était-il pas vrai, en partie du moins, qu’elle s’était à cause de lui refusé le droit à la vie qu’elle aurait pu vivre en d’autres circonstances?

Nina Allan ne nous ménage pas de surprise: dès le début, nous savons que Julie réapparaît soudain, vingt ans après être partie sans laisser de traces. Le doute effleure à peine Selena, qui reconnaît en cette femme l’adolescente que fut sa soeur. Une adolescente fascinée par les phénomènes de disparition, de trous noirs, d’alliens, de mondes parallèles, et la perte d’identité. Passés ces moments où les deux soeurs se réapprivoisent, Julie doit répondre aux questions de sa soeur: que lui est-il arrivé? Où était-elle? Qui est-elle maintenant?

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Ordinary People

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L’amour commence avec des rêves. 

S’aimer. Construire à deux pour être trois, quatre, plus peut-être. Installer un nid douillet pour sa famille.

Il leur fallait un rez-de-chaussée et un étage pour déployer leur vie de famille, les rêves en haut, les petits-déjeuners et l’aube des jours nouveaux en bas.

Et puis le disque se raye. 

Ce disque, ça pourrait être celui de John Legend que Michael écoute en boucle, et qui résume l’histoire de sa vie de couple. Surtout quand il s’arrête sur le titre Ordinary People, que Diana Evans a choisi pour le titre de son roman: « en l’écoutant, on comprenait que son amour était indéniable, mais sans cesse confronté à des difficultés qui les amenaient à se disputer en permanence sans que ni lui ni elle n’entrevoient des solutions »

Ils sont deux couples noirs ou métisses Melissa et Michael, les personnages principaux, et leurs amis Damian et Stéphanie.

Ils se sont rencontrés alors qu’ils travaillaient et vivaient à Londres – devenus parents, en quête d’une maison pour élever leurs enfants, ils ont tous traversé la Tamise: les premiers pour une petite maison bancale du sud londoniens, les seconds pour vivre dans le verdoyant Surrey. 

Passées les premières années d’extase conjugale, dépassés par leur rôle de parents, éloignés à regret de la turpitude londonienne, l’amour qui unissait les couples se dilue dans le bouillon quotidien, où la nécessité parentale efface les personnalités de chacun.

Dans la langue de leur couple, le « je » était le pronom perdu. Ils parlaient d’eux-mêmes avec un nous de majesté, y associant leur partenaire et sous-estimant leur moi, de sorte que chacun se trouvait dilué dans un binôme indéfini.

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