Le club des pendus

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Il faut toujours lire un polar de temps en temps. C’est comme une bonne bouffée d’oxygène, surtout en période de rentrée littéraire où on enchaîne les romans avec une avidité qui dépasse souvent l’entendement. Dans le polar, les exigences littéraires sont mises de côté, pourvu que l’intrigue soit bonne!

Avec Le Club des pendus, j’ai été servie! Aspirée par le rythme de l’histoire, si ma disponibilité s’y était prêtée je l’aurais lu en une seule journée.

Max Wolf est policier (DC) à la MET de Londres et officie à la célèbre adresse du 27 Savile Row. En ces premiers jours d’été, la canicule s’est abattue sur la capitale anglaise, alors qu’un drôle de gang commence à terroriser la ville en procédant à des exécutions qu’ils diffusent en direct sur les réseaux sociaux.

Savez-vous pourquoi vous vous retrouvez sur ce lieu d’execution?

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Ma cousine Rachel

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L’histoire de Ma cousine Rachel se situe en Cornouailles, au 19ème siècle, et n’est pas sans évoquer les œuvres de Jane Austen ou des sœurs Brontë, chères à Daphné du Maurier.

Philipp Ashley, orphelin depuis son plus jeune âge, a été élevé par son cousin Ambroise, de 20 ans son aîné. Dans leur manoir, ils vivent entourés de domestiques fidèles à leur maître, célibataire endurci. Ce dernier, souffrant de rhumatismes, va passer ses hivers dans le sud de l’Europe. A l’occasion d’un voyage en Italie, il rencontre à Florence une cousine lointaine, Rachel  – qu’il épouse à la surprise de tous. Passé l’enchantement des premiers mois, livré par Ambroise dans ses missives à Philipp, le jeune marié se met à souffrir d’un mal mystérieux. Alerté par une lettre particulièrement alarmante, Philipp entreprend un voyage à Florence mais il arrive trop tard : son cousin a été vaincu par son mal 3 semaines plus tôt. Point de trace de la veuve Rachel, qui a disparu en emportant toutes les affaires du défunt. De retour en Cornouailles, Philipp apprend que Rachel va venir le rencontrer. Persuadé qu’elle est responsable de la mort d’Ambroise, Philipp est très réticent à accueillir cette intruse qu’il a d’emblée détestée dans les lettres d’Ambroise, jaloux que celle-ci lui vole son cousin. Aussi est-il surpris lorsqu’il fait sa connaissance : loin de lui la vieille fille qu’il avait imaginée, Rachel est aussi charmante que ravissante. Par sa gaité, son entreprise et son charme, Rachel ramène la vie au manoir. Mieux, elle l’auréole de la grâce qui avait manqué à cette maison d’hommes. Et bientôt, sans comprendre ce qu’il lui arrive, Philipp tombe fou amoureux de Rachel. Mais ses soupçons envers elle ne cessent de venir le troubler. Qui est vraiment Rachel, quelles sont ses intentions ? Devenu l’héritier unique du domaine et de tous les biens d’Ambroise, Rachel est-elle en quête d’une part de l’héritage auquel elle n’a pas eu droit, ou est-elle juste une jeune femme désœuvrée et triste qui veut seulement se rapprocher de son mari disparu en séduisant un jeune homme naïf?

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La menace

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L’histoire débute comme un conte de fée mais tourne vite au cauchemar.

Rachel, jeune trentenaire londonienne née dans la misère qui s’est battue pour s’extirper de sa condition, rencontre un jour le beau David Kerthen, avocat riche et brillant. Et profondément meurtri aussi, car il fait le deuil de sa jeune épouse Nina Kerthen, décédée mystérieusement quelques mois plus tôt. Rachel tombe sous le charme de David et de son petit Jamie de huit ans, qui a tant de mal à se remettre de la mort de sa mère – et très vite ils se marient. Rachel abandonne alors sa vie londonienne et emménage à Carnhallow, le manoir familial situé en Cornouailles. Elle s’installe dans la magnifique mais mystérieuse demeure, s’occupant de Jamie,  entourée de Cassie l’employée de maison thaïe et de Juliet, la maman de David malade d’Alzheimer, tandis que son mari continue à mener en semaine sa vie professionnelle à Londres. Rachel entreprend également de continuer les travaux de restauration du manoir, commencés par Nina – mais le fantôme de celle-ci plane au-dessus de Carnhallow, troublant le bien-être de la famille recomposée. Jamie, persuadé que sa mère n’est pas morte, commence à prononcer des prophéties qui se réalisent, inquiétant terriblement Rachel, jusqu’au jour où le petit garçon lui annonce que cette dernière mourra à Noël… commence alors un terrible compte à rebours, où Rachel se met à douter de tout, de David qui ne lui a pas dit toute la vérité sur la disparition de sa femme, dont le corps disparu dans une mine n’a jamais été retrouvé,  et surtout d’elle-même, qui sent renaître en elle les démons de la folie, qui l’avaient conduite à l’internement psychiatrique quelques années plus tôt…

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La vie rêvée de Virginia Fly

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Un nouveau petit bijou de la collection Quai Voltaire. Tiens donc, de quoi parle-t-il, celui-ci ?

De Virginia Fly, comme son titre le dit si bien….

Virginia Fly, jeune trentenaire, est institutrice dans la banlieue londonienne – jeune, mais grise et discrète, comme une petite souris. Nuit et jour, derrière son apparence calme et rangée, Virginia nourrit des fantasmes charnels, laissant en pensée de parfaits inconnus venir  la prendre sauvagement au moment où elle s’y attend le moins.

Ses parents, chez qui elle vit encore, sont loin de se douter que les draps froissés de son lit au réveil sont le résultat de ses rêves érotiques « Dire que ton père et moi nous dérangeons à peine les draps… », dit sa mère en plaignant sa fille de cette mauvaise nuit.

Virginia, à 31 ans, est encore vierge (quel prénom prédestiné, n’est-ce pas !), ce que ses parents n’ignorent d’ailleurs pas. C’est ainsi qu’elle est sollicitée pour une émission télévisée pour parler de sa drôle de situation personnelle. Vierge à 31 ans, cela peut faire de l’audience, surtout quand l’interview est menée par Geoffrey Wysdom, la star masculine de la télévision…

Enfin quoi, de nos jours, pardonnez-moi, mais les vierges ne courent pas les rues

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Le dimanche des mères

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C’est dans une ambiance à la Downton Abbey que nous transporte ce court roman de Graham Swift.

Imaginez plutôt : 1924, dans la verdure du comté du Berkshire, dans le Sud de l’Angleterre, des noms de maisons qui résonnent d’un charme tout anglais: Henley, Beechwood, Upleigh. Des familles aristocratiques ou issues de la grande bourgeoisie, de belles demeures familiales, où on a renvoyé la plus grande partie du personnel, où les chevaux sont remplacés par des voitures. Ici et là, les familles ont perdu des fils à la guerre, mais continuent la tête haute comme l’exige leur rang.

En cette journée de mars, c’est le Dimanche des Mères : les employeurs octroient à leur personnel cette journée annuelle de congés pour qu’ils puissent rendre visite à leur famille. Jane Fairchild, jeune bonne au service des Niven depuis plusieurs années, hésite sur la façon dont elle occupera cette journée : orpheline, n’ayant personne à qui rendre visite, peut-être profitera-t-elle de cette journée particulièrement chaude et ensoleillée pour faire une balade à vélo ou lire, tout simplement ? Car Jane a découvert l’amour de la lecture, l’amour des mots, encouragée par l’indulgence de son employeur. Mais l’appel téléphonique de Paul Sheringham coupera court à ces projets : fils d’une grande famille amie des Niven, il entretient depuis de nombreuses années une liaison avec Jane, liaison à laquelle ses fiançailles avec une riche héritière vont devoir mettre un terme.
Alors en ce dimanche où privées de leur personnel ces familles préfèrent déserter leur maison, Paul Sheringhan invite chez lui sa jeune maîtresse pour une ultime rencontre, avant d’aller rejoindre sa fiancée, et offrant à Jane restée seule la liberté de flâner quelques heures dans la maison abandonnée.

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Dans ces heures suspendues, le corps chargé d’amour, Jane erre, sensuelle et nue de pièce en pièce dans la demeure des Sheringhan, sans savoir que ce jour changera à jamais sa vie. Mais les fondations de son destin sont là, déjà, vibrant en elle lorsqu’elle pénètre la bibliothèque de la maison.

Normalement, on ne devait entrer dans les bibliothèques, oui, surtout dans les bibliothèques, qu’après avoir discrètement frappé à la porte, même si, à en juger par celle de Beechwood, il n’y avait personne la plupart du temps. Cependant, même sans personne à l’intérieur, elles pouvaient vous donner l’impression plutôt désobligeante que vous n’aviez rien à y faire. Une bonne se devait toutefois de l’épousseter

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L’île des chasseurs d’oiseaux

IMG_7293.JPGConnaissez-vous Peter May?

Romancier écossais, il est l’auteur de la passionnante Trilogie écossaise.

L’île des chasseurs d’oiseaux en est le premier opus.

Alors qu’il est en plein deuil après la mort de son jeune fils, un mois plus tôt, l’inspecteur Finn Mcleod est envoyé sur son île natale du Nord de l’Ecosse, l’île de Lewis, pour aider à résoudre un crime semblable à une affaire sur laquelle il a travaillé à Edimbourg.

Ce retour sur sa terre natale 20 ans après l’avoir quittée le confronte à un passé qu’il avait enfoui : son enfance douloureuse, son ancien ami Artair, son premier amour Marsaili, les camarades d’école et les ennemis de toujours. C’est d’ailleurs l’un d’eux qui a été sauvagement assassiné. Faut-il y voir un lien avec son passé?

Le roman alternant enquête et retour sur le passé, évoque avec puissance la beauté d’une nature sauvage, hostile et ses paysages à couper le souffle. C’est une terre isolée au milieu de la mer où la pauvreté et le poids des traditions sont encore très marqués: « sur cette île dévote, rien ne change », le sabbat y est observé le dimanche et gare à celui qui ne le respecte pas, les femmes entrent la tête couverte à l’église, et seuls les hommes accompagnent un mort jusqu’à sa dernière demeure. On y parle le gaélique, on s’y chauffe à la tourbe et les garçons y sont élevés de façon aussi rude que le climat. Surtout, une tradition étrange s’y perpétue: chaque année, un groupe d’homme se rend en bateau à Ans Geir, une île au milieu de nulle part, où pendant 2 semaines ils tuent le guga, le petit du Fou de Bassan, dont la chair est un met très apprécié des habitants de Lewis. Cette chasse, par sa barbarie et la rudesse des conditions de vie sur l’île, est l’occasion d’un rite initiatique pour les jeunes hommes, vécu autrefois par Finn et son ami Artair. Et jamais Finn n’avait pensé y revenir un jour…

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