Simple

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La Corse. Les odeurs du thym et de la marjolaine sauvage imprègnent immédiatement les pages. La lumière crue du soleil les éclaire. 

C’est un village posé au milieu de nulle part, entouré de maquis, de cailloux, d’une forêt et d’un lac. 

Un petit village avec son église, son cimetière, son bar, son épicerie. Et son fou – Il s’appelle Antoine, on l’appelle Anto, mais le plus souvent, c’est le baoul. 

Au village, il connaît tout le monde, mais il n’a pas d’ami. Enfin, plus maintenant. 

Il parle aux objets qu’il entasse dans sa cabane, comme les mots du dictionnaire qu’il collectionne.

A cette chaise cassée, qu’il vient de trouver, jetée au rebut, il va raconter sa vie en la promenant à travers le village. Comment il a tué sa mère en venant au monde. Comme il s’est senti seul quand madame Madeleine, l’institutrice qui a pris le gamin sale et cabossé sous son aile, est morte à son tour. Comment il s’est fait sa place au village, même quand on le traitait de débile ou de putois. Comment il s’est lié d’amitié avec Florence Biancarelli, la plus belle fille du village. Et comment il a pris quinze ans pour son meurtre. Qu’il n’a pas commis. 

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L’heure du bilan: novembre

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Changez-vous d’humeur en novembre? Faites-vous partie de ceux que le changement d’heure déprime?

Est-ce que vous avez l’impression vous aussi qu’on vole des heures à votre vie, que les soirées sont réduites à une peau de chagrin, qu’à peine rentrés du boulot on a l’impression que c’est déjà l’heure de se coucher?

Les chiffres:

J’ai la preuve, parfaitement, que l’espace temporel n’est plus le même: ma moyenne de lecture a chuté. Six livres lus en ce mois de novembre!

D’accord, ce n’est pas qu’une histoire de dimensionnement temporel: j’ai rencontré une petite panne de lecture,  un passage à vide de quelques jours, mais j’ai réussi à trouver la parade…

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Mauvais joueurs

IMG_6763Voici un roman qui m’a beaucoup fait réfléchir: quel regard porter sur le « modernisme » d’un roman écrit il y a presque cinquante ans?

Si les américains vouent un culte à Joan Didion, la journaliste / écrivaine / essayiste est moins connue en France. L’année de la pensée magique a été pour moi ni plus ni moins qu’une révélation. J’ai aimé poursuivre cette rencontre avec son recueil de chroniques l’Amérique et ce style qui a fait sa réputation, sec, vif, et représentatif de ce New Journalism auquel elle a largement contribué.

Dans Mauvais Joueurs, écrit en 1970, Joan Didion met en scène une jeune femme à la dérive, Maria Wyeth – née à Reno, elle a grandi à Silver Wells, Nevada au gré des gains et pertes de jeu de son père, avant de fuir la vacuité de cette bourgade de vingt-huit habitants pour s’installer à New York. D’abord mannequin, Maria est devenue l’égérie de Carter Lang qui l’a faite tourner dans deux films d’avant-garde. Mais voilà, à 36 ans, pleine de la douleur de ne pas pouvoir élever normalement une petite fille au lourd handicap mental, après un avortement forcé par son mari et un divorce qui se profile, lassée de la décadence du milieu du cinéma, Maria ne connaît plus que le vide, le rien. Rien ne l’accroche plus à l’existence à l’exception des longues heures passées à conduire sur l’autoroute de Los Angeles, sans but et la tête délestée de toute pensée, avant de se coucher le soir en avalant des barbituriques.

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Douce

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Douce.

Je peux vous le dire maintenant: Douce m’a bouleversée.

Douce, c’est une amie, une soeur, un reflet de soi dans un miroir à un instant donné.

Douce, c’est l’histoire d’une femme, et à travers elle, de tant d’autres femmes.

J’ai voulu attendre pour vous parler d’elle. Laisser passer le flot de ceux et celles qui l’ont lue.

Vous la présenter dans un écrin. 

Comme si, égoïstement, j’étais la première à vous en parler.

C’est elle, Douce qui vous racontera l’amour fou qu’on ne pressent pas venir, les rouages de la passion qui emporte, l’emprise totale qui aveugle.

Vous, vous verrez peut-être, d’emblée, le pervers narcissique, le manipulateur. L’homme égoïste, que tout sépare d’elle. L’âge, la géographie, les idées sur la vie, un mariage.

Vous verrez le danger, celui qu’elle a aussi pressenti, sur le qui-vive, intuitive. Mais qu’elle n’a pas pu, pas voulu esquiver. 

Huit ans de montagnes russes, transportée vers les sommets de l’amour éblouissant et dévorant, aimée, dévorée, chosifiée, puis happée par la chute vertigineuse, par l’attraction vers un désastre annoncé et inévitable.

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Ton histoire mon histoire

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Construction et déconstruction d’un mythe.

La légende de Sylvia Plath est née avec sa mort, et son suicide a donné toute la puissance dramatique à ses recueils de poèmes et à son histoire.

Connie Palmen a pris le contrepied de la légende qui fait porter à son mari le poète Ted Hughes la responsabilité de la mort de la poétesse, en choisissant de lui donner la parole dans une autopsie romanesque de leur histoire, en effet de miroir.

Tout commence en 1956 – bien sûr la tragédie était inscrite depuis bien plus longtemps en Sylvia Plath – lorsque les deux jeunes poètes se rencontrent à Cambridge.

Ted Hughes, géant bourru du Yorkshire, s’éprend follement de cette volubile américaine, « belle, spirituelle, lettrée et en rut, talentueuse et terrifiante, géniale et redoutable »

Habitué à la nature discrète des Anglaises, je la trouvais grandiose comme le Niagara, le flot incessant de ses paroles se déversant implacablement aussi assourdissant que d’immenses chutes d’eau.

Dans les premiers assauts d’une folie dévorante, elle marque du sceau de sa morsure la joue du poète: il est à elle, ils se marieront dans le secret quatre mois plus tard, réunis pour dédier leur amour à un idéal absolu de création poétique et littéraire. 

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Dark Tiger

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Clap de fin – Adieu Calhoun…

Calhoun, je te gardais bien au chaud, calé sur une étagère prête à s’écrouler.

On avait fait connaissance à Casco Bay, je t’avais connu davantage lors d’une Dérive sanglante.

J’avais un petit passage à vide, de ceux où tu regardes tous les livres autour de toi sans avoir envie d’en ouvrir un seul. C’est pour un de ces moments-là que je te gardais. Alors je t’ai délogé de l’étagère…

Calhoun, ta cabane dans les bois m’avait bien manqué. Ecouter la rivière chuchoter, assis sur la terrasse à déguster une tasse de café ou un coca. L’alcool, tu as arrêté il y a 7 ans, après avoir été foudroyé par cet éclair qui t’a rendu à moitié sourd et t’a fait perdre la mémoire. J’accepte – après tout, une petite cure de désintoxication (surtout pour moi qui suis accro, au choix, au champagne, au bourgogne, voire au Spritz) ça n’a jamais fait de mal à personne.

On est bien chez toi, dans le Maine. Le retour à la nature et aux grands espaces. 

Ces moments de grâce où tu pêches, je suis sur le bateau aussi, Ralph ton épagneul à mes pieds – je te regarde lancer la ligne, la mouche (une dark tiger parfaite pour la truite) touche l’eau et à peine avons-nous attendu que déjà des oscillations font frémir l’eau. Le poisson est là, reste plus qu’à lever la canne et ferrer. Une superbe truite du Maine, quatre livres au moins – tu la délivres et la relâche. Tu es comme ça, les poissons tu les préfères dans l’eau. 

La vie, tu la veux tranquille, avec à tes côtés Kate, ton associée et amoureuse – si possible. Elle est toujours un peu compliquée, Kate, mais c’est une chouette fille. 

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Les soeurs Livanos

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« Nous sommes grecques, le bonheur n’est pas pour nous… »

La naissance des soeurs Livanos était une occasion extraordinaire pour les dieux de la tragédie antique: à peine venues au monde, ils se sont précipités sur le berceau des riches héritières, filles du magnat des mers Stavros Livanos –  ils allaient leur en donner, de la beauté, de la folie, du drame pour animer leur vie de petites filles riches! 

Poséidon, sous les traits d’Aristote Onassis, dieu des mers, roi des océans, le torse puissant bombé, n’allait faire qu’une bouchée de Tina, la cadette, sublime naïade blonde.

Tina a seize ans, elle épouse en 1946 Onassis qui en a 23 de plus. Il est petit, trapu, mais avec son charme animal, il séduit les plus belles femmes. Tina est ambitieuse, magnifique, elle adore l’argent, et elle est follement amoureuse de celui que tout le monde appelle le Turc – celui qui parti de rien a su monter un gigantesque empire maritime.

Zeus lui aussi convoitait la jolie Tina – Stavros Niarchos est puissant et riche comme son ennemi Onassis. Coiffé au poteau, il épouse Eugénie la grande soeur de 19 ans en 1947, moins spectaculaire, plus discrète, et son nez, elle aurait préféré l’avoir moins long. Peu importe, finalement, elle a la plus belle dot, elle est intelligente, éperdument éprise, Niarchos la façonnera pour être la plus cultivée, la comblera de maisons, de toiles de maîtres et de bijoux.

Le ton de la surenchère est donné: dans une rivalité sans commune mesure, les deux hommes se dament le pion en permanence – l’un loue un château sur la Riviera, l’autre va l’acheter. Celui-ci achète un caillou désertique en Grèce dans la baie d’Argos et le transforme en jardin d’Eden, celui-là répond en achetant un îlot rocailleux qu’il transformera en paradis sur mer. Rien n’est assez cher, aucun obstacle ne leur résiste. Leur richesse n’a d’égale que leur puissance mégalomane. 

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Le crâne de mon ami

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Qu’ont en commun Goethe et Schiller, Dumas et Hugo, Sand et Flaubert, Tourgueniev et  Tchekov, Henry James et Stevenson, Virginia Woolf et Katherine Mansfield, ou encore Senghor et Césaire, pour ne citer qu’eux?

L’amitié!

Oui, les écrivains sont des humains comme les autres, capables d’entretenir de belles amitiés, faisant fi, au moins pour un temps, de leurs égos.

Anne Boquel et Etienne Kern ont regroupé dans cet ouvrage fort documenté, fort bien écrit, et tout simplement passionnant, treize histoires d’amitié aussi extraordinaires que le sont leurs protagonistes, mais également aussi humaines que celles du commun des mortels.

Ces amitiés ont poussé, pour la plupart, sur le terreau fertile d’une correspondance assidue qui aujourd’hui peut témoigner de leur intensité et de leur profondeur. Mais à double tranchant, les échanges épistolaires de ces mêmes écrivains avec des personnes extérieures à la relation permettent parfois aussi de voir cette amitié sous un angle plus critique, voire perfide…

On découvre à travers ces treize récits, qui se lisent indépendamment les uns des autres, des amitiés inattendues, de savoureuses anecdotes, des moments uniques de création littéraire, des témoignages historiques, des écrivains parfois en devenir qui doutent ou au contraire débordent de confiance en soi, des témoignages d’époques révolues.

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L’heure du bilan: octobre

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C’est fou comme un mois peut vite passer. Déjà un nouveau bilan? J’ai l’impression d’avoir à peine fini celui de septembre…

Les chiffres:

Huit livres – je suis en phase avec ma moyenne mensuelle (même si je triche un peu avec un roman graphique lu en à peine une heure!!)

Les livres:

Un thriller

ou tout comme – Piranhas est un roman glaçant mais qui tient parfaitement en haleine. Comment imaginer un baby gang qui va prendre la tête de la mafia napolitaine? Pas besoin d’imaginer, Roberto Saviano a recueilli les témoignages des survivants qui en ont fait partie, et en a conçu ce roman.

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Une déception

j’attendais beaucoup de Par les écrans du monde , mais le roman de Fanny Taillandier m’a paru froid, peu pourvu d’émotions dans un traitement proche du documentaire

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Un malaise

Roman sur la passion dévastatrice, Adoration m’a hélas tenue à distance, malgré un récit fort et une écriture exigeante.

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Einstein, le sexe et moi

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Soirée télé.

Oui, ça m’arrive rarement. Et encore plus rarement quand il s’agit d’un jeu télévisé!

Il m’a fallu à peine une petite soirée pour ce « Question pour un champion » exceptionnel, avec en special guest star un romancier qui est en train de se tailler une place de choix avec son second roman, Einstein, le sexe et moi.

En quatre manches, Olivier Liron m’a mise KO sur le ring du jeu. Un KO hébété, heureux, désarmé, révolté aussi.

A ceux qui ne le sauraient pas encore, Olivier Liron est autiste Asperger – je situe les choses comme lui, d’emblée, dans son roman, nous invite d’emblée dans son monde, fait d’habitudes immuables, de difficultés à appréhender les autres, d’émotions décuplées, et de dates, toutes les dates possibles et imaginables.

Sa mémoire est prodigieuse, ses centres d’intérêt aussi variés qu’inattendus, Olivier est le candidat idéal pour ce Question pour un super champion, la finale des meilleurs candidats!

Sauf que le jour de l’enregistrement, Olivier se réveille tard, tellement tard qu’il a à peine le temps d’enfiler une chemise, d’attraper son sac avec des vêtements de rechange pour les différentes prises et de se rendre en hâte aux studios de Saint-Denis. Et c’est une folle journée qui va commencer pour lui, entre les attentes et les parties qui vont s’enchaîner. Olivier veut gagner, il s’est préparé, entraîné, comme un sportif en vue de la compétition.

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