Sukkwan Island

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Sukkwan Island – j’en entendais parler depuis longtemps, de ce roman, incontournable aux yeux de plusieurs lecteurs que je côtoie. Electra a achevé de me convaincre lors de notre balade au Forum Fnac en Septembre dernier, je suis donc repartie avec.

Peu de temps avant de le commencer, j’ai réalisé que j’avais déjà lu Désolations, du même hauteur – et si j’en ai peu de souvenirs hélas, j’avais toutefois encore une impression de malaise en y repensant.

Jim Fenn, fraîchement divorcé de sa seconde femme, décide d’aller vivre un an sur une île inhabitée du Sud de l’Alaska – une île isolée de tout, loin de toute vie humaine, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, où il veut renouer avec la vie sauvage. D’une beauté virginale, elle est seulement habitée par des ours, des élans et autres animaux sauvages, et dans ses eaux poissonneuses les saumons reviennent chaque année en masse.

Dans son aventure, il a réussi à convaincre son fils de 13 ans, Roy, de l’accompagner. Roy vit avec sa mère et sa soeur en Californie depuis le divorce de ses parents et son père espère ainsi se rapprocher de lui. A contrecoeur, le jeune garçon le suit. Son père lui a promis qu’ils retourneraient régulièrement rendre visite à sa mère et à sa soeur. En attendant, ils vivront seuls, ou plutôt ils apprendront à survivre, en vivant de chasse et de pêche. Jim, le père, affiche un enthousiasme extrême, mais très vite, il révèle ses défaillances dans un manque de préparation à cette aventure, aussi flagrant qu’effrayant. En plus de cette inexpérience, la cohabitation entre le père et le fils se révèle rapidement  anxiogène et le séjour vire rapidement au drame, aussi brutal qu’inexorable.

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Nulle part sur la terre

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Le Mississipi et sa moiteur.

Maben et sa petite fille Annalee marchent au bord de l’autoroute I-55, épuisées par l’effort et la chaleur, avec pour seul bagage un sac poubelle noir dans lequel pèse le peu qu’elles possèdent. Après des années d’itinérance, Maben revient, sans but, sans argent, mais avec une bouche de plus à nourrir. Au relais routier, elle dépense la moitié des précieux dollars qui lui restent pour prendre une chambre où Annalee pourra enfin se reposer après toutes ces nuits passées à la belle étoile. Mais la nuit vire au cauchemar pour Maben, qui va devoir fuir à nouveau avec Annalee.

Russel, après onze années de prison, revient chez lui, à Mc Comb, Mississipi. Pendant ces onze années, le monde a continué à tourner, ses amis se sont mariés, sa fiancée l’a quitté pour fonder un foyer, sa mère est morte. Et la haine des frères de celui qu’il a tué accidentellement onze ans plus tôt, après une soirée alcoolisée, est plus vive que jamais. Russel doit avancer, affronter, apprendre à revivre après ces onze années d’enfermement, soutenu par son père qui entretemps a retrouvé une compagne, mexicaine sans papiers.

Onze ans, songea-t-il.

Assez longtemps pour que tous ceux qu’il connaissait se soient mariés depuis. Plus d’une fois peut-être. Ou plus de deux. Qu’ils aient eu le temps de faire des gosses. De décrocher un boulot qui aurait fini par leur réussir, leur valoir des promotions, des titres et des bureaux avec des fenêtres, peut-être même des cartes de crédit de leur boîte dans la poche. Assez longtemps pour que les étagères du salon se soient remplies d’albums photos où seraient archivés les clichés de leurs vacances d’été à Pensacola et Gulfport et au parc de Six Flags quand les enfants auraient grandi et peut-être même à Disneyworld. Assez longtemps pour en être à leur deuxième maison parce que la première serait devenue trop petite. (…)

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Paysage perdu

fullsizeoutput_2fVoici la belle surprise de cette rentrée littéraire pour les fans de Joyce Carol Oates : la parution ce 5 octobre de Paysage Perdu, livre de mémoires qui retracent les faits marquants de la vie de l’écrivaine et la façon dont ses années de jeunesse ont été imprégnées du Paysage Perdu de son enfance et de son adolescence.

Joyce Carol Oates est née en 1938 dans la ferme familiale de Millersport, Etat de New York, au nord de Buffalo. Imaginez des paysages qui évoquent les tableaux d’Edward Hopper – que l’écrivaine va souvent citer dans son ouvrage, et vous aurez une vision de cette Amérique des années 50 et des paysages révolus qui ornent ses souvenirs :

C’était l’époque, immortalisée par Edward Hopper, des maisons à charpente de bois et véranda, et de gens installés sur ces vérandas, curieux d’observer d’autres gens passant en voiture en les observant

Dans cette ferme où les revenus de la culture ne suffisent pas pour subsister, la petite fille vit entourée de ses parents Caroline et Fred Oates, tendrement aimants et aimés, et de ses grands-parents maternels hongrois, sur lesquels plane un lourd secret. Déjà, les graines d’une histoire à raconter poussent… Si la famille est pauvre, elle n’en est pas moins cultivée, et tout est fait pour que la petite Joyce Carol s’épanouisse sur tous les plans, affectifs, culturels et sportifs. D’autant plus que son autre grand-mère, Blanche, qui fréquente la bibliothèque municipale, encourage son goût pour la lecture et celui de raconter des histoires en lui offrant une Remington. Dans cette vie rurale, qui aurait pu la tenir éloignée de tout,  Joyce Carol s’ouvre au monde, avide de lire tout ce qu’elle trouve, avide d’apprendre, avide de vivre et excelle dans la plupart des domaines : très bonne élève (elle vouera un culte immense à l’institutrice de l’unique classe de son village), sportive accomplie, musicienne talentueuse, et bonne camarade.

Avec avidité, avec ardeur ! Comme si ma vie en dépendait !

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Hillbilly Elégie

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Comment le pays le plus riche et le plus observé au monde peut-il également concentrer des écarts économiques et culturels si abyssaux au regard de sa position géopolitique?

C’est à cette question que va s’attacher le récit de J.D. Vance, américain blanc issu de la classe ouvrière des Appalaches – Blanc mais pas WASP.

J.D. Vance et sa famille font partie des Hillbillies, les péquenots, rednecks ou white trash d’origine irlando-écossaise, qui ont fait prospérer par un lourd travail dans les mines et la sidérurgie, la situation économique de la Rust Belt – jusqu’au déclin du Midwest industriel, avec toutes ses conséquences : chômage, misère, drogue, colère, xénophobie. Les Hillibillies, avec leur accent du Sud et leurs manières, attirent les moqueries des américains bien pensants.

Ce qu’il y avait de dérangeant chez les Hillbillies était d’ordre ethnique. A l’évidence, ils appartenaient à la même catégorie que ceux qui dominaient la politique, l’économie et la société, sur le plan local et national (des Blancs) mais les Hillbillies avaient de nombreuses caractéristiques régionales en commun avec les Noirs en provenance du Sud qui arrivaient à Detroit

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Un jour, tu raconteras cette histoire

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Jim mourut au milieu d’une nuit de juin, quatre jours après son soixante-quatrième anniversaire, dix-neuf mois après le diagnostic du cancer du pancréas, trois semaines avant notre troisième anniversaire de mariage. (…) Je crois que Jim mourut le seize du mois, mais c’était peut-être le quinze.

Alors que je lisais ces lignes le 15 juin 2017 (la magie des services de presse…), à un peu plus de 23H,  je réalisais que cela ferait quelques heures plus tard un an jour pour jour que Jim était mort, et que Joyce Maynard avait entamé le récit que je tenais entre mes mains.

« Un jour, tu raconteras cette histoire », lui a soufflé un jour son mari Jim.

Jim, rencontré alors qu’elle ne croyait plus vraiment à l’amour. Joyce Maynard approche de la soixantaine, a élevé seule ses enfants après un divorce douloureux et ne s’est jamais remariée. Bien sûr, elle a rencontré des hommes, mais jamais des hommes qui lui auraient donné sérieusement l’envie de s’engager avec eux et renoncer à sa sacro-sainte indépendance.

Pour beaucoup d’hommes, je prenais trop de place. Je parlais trop et ce que je disais était un peu trop direct pour certains. Je cuisinais de manière brouillonne, je riais trop fort et quand je dansais j’occupais plus de place sur la piste que les autres

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Motel Life

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Lorsque j’ai décidé de m’intéresser de plus près à Willy Vlautin, dont je ne connaîtrais probablement pas encore l’existence sans Marie-Claude,  j’ai commandé deux romans d’un coup, sans même avoir de doute un seul instant. Sitôt Plein Nord refermé, j’ai décidé d’enchaîner avec Motel Life – qui est en fait le premier roman de l’écrivain.

Jerry Lee et Franck Flanningan sont deux frères, orphelins de mère et abandonnés par leur père, qui vivent de motel en motel, de petits boulots journaliers en job harassant à la cimenterie de la ville, et passent leur temps libre à descendre des packs de bière et du whisky bon marché. Jerry Lee et Franck sont des garçons gentils, au vrai sens du terme, mais ils sont tirés vers le bas dans leur vie sans repères depuis que leur mère est morte prématurément. L’aîné a continué à travailler, et Franck a finalement très vite arrêté le lycée. Tout pourrait être tranquille dans leur petite vie sans prétention à Reno, malgré l’accident idiot qui un jour a coûté à Jerry Lee un bout de sa jambe, mais lors d’une nuit d’ivresse de trop,  celui-ci renverse avec sa voiture un jeune garçon, qu’il tue sur le coup. Cédant à la panique, il s’est enfui emportant le corps désarticulé du garçon sur le siège arrière de sa vieille Dodge, pour aller chercher de l’aide auprès de son frère Franck.

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Plein nord

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C’est grâce à ma copine Marie-Claude du blog Hop sous la couette ! que j’ai découvert l’écrivain américain Willy Vlautin. Son Willy! J’avais envie de comprendre son engouement, même si je savais déjà que ces histoires-là, ces anti-héros écorchés par la vie, me parleraient.

Il est des romans qui sont des claques – Plein Nord en est une, magistrale et violente.

Allison a 22 ans – cheveux noirs, yeux bleus, et diablement maigre. Elle a au creux des reins deux tatouages, une croix gammée, et le sigle de l’Eglise mondiale du créateur, que son petit ami lui a fait faire un soir de cuite. Allison boit, elle boit tellement qu’elle perd connaissance à chaque fois qu’elle est ivre. Jimmy, son petit ami, la maltraite, la violente, l’attache pour la punir ou l’enferme dans un coffre de voiture. Et l’emmène traîner dans les fêtes des néo-nazis du coin, où l’alcool exacerbe les comportements violents et nationalistes.

Le jour où Allison découvre qu’elle est enceinte, elle décide de fuir Las Vegas et l’insécurité de son quartier, laissant derrière elle sa mère, sa petite sœur et son job de serveuse pour tenter d’échapper à la toxicité de Jimmy et se reconstruire.

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Les animaux

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1996 – Bill Reed vit au cœur de la forêt, dans l’Idaho, entouré des animaux sauvages de son refuge. Il leur consacre sa vie, loin du monde, épaulé par Bess son assistante, deux bénévoles et surtout  Grace sa fiancée vétérinaire. Tous sont aussi passionnés que lui. Lorsqu’un animal est retrouvé blessé, renversé par une voiture, coincé dans un grillage, c’est Bill qui est appelé à la rescousse pour le sauver – ou abréger ses souffrances. Mais ce refuge n’est pas du goût de tout le monde, et Bill, après des années de tranquillité, sent poindre la menace  de l’inspection de Chasse et Pêche, qui voit d’un mauvais œil ces animaux estropiés vivre dans des enclos, et pourrait l’obliger à fermer le refuge. Aussi, lorsqu’en plus réapparaît  Rick, un ami de jeunesse de Bill qui sort de prison, sa vie jusque-là si préservée se retrouve au bord du précipice. Car Bill a bâti cette vie simple et retirée du monde sur un mensonge, et il ne veut pas tout perdre à cause de son passé qui le rattrape.

Un beau jour, il s’était réveillé au sein de l’existence qui lui faisait envie depuis toujours et vers laquelle tous ses mauvais choix l’avaient mené à son insu, une idée qui le laissait incrédule, et qu’il aurait jugée grotesque si quelqu’un d’autre la lui avait exposée. Mais finalement Rick était revenu, et tout s’était désagrégé en une myriade de questions obscures et sans issue

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Le Blues de La Harpie

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Luce Lemay sort de prison –  3 années passées derrière les barreaux pour purger sa peine, expier la faute qu’il a commise un soir où, jeune et inconscient, il a voulu changer sa vie, partir avec la caisse du débit de boissons où il travaillait, fonçant en voiture avec la Vierge qui le regarde depuis le tableau de bord en vinyle rouge, et soudain. Soudain, le landau qui déboule, qui part dans les airs en tapant dans le pare-chocs. Et la petite vie qu’on ne peut pas rattraper, saisie au vol par les anges.

Sous conditionnelle, il revient à La Harpie, la petite ville de l’Illinois où il est né et a vécu jusqu’à ce jour fatidique. Il n’y est pas le bienvenu, mais Clutch, un ancien taulard qui a rencontré Dieu en prison, veut lui redonner une chance, et lui offre un petit boulot dans sa station-service Gas’n Go, tout comme il l’a fait pour Junior Breen. Junior, c’est un colosse au cœur tendre et aux pieds d’argile, avec qui Luce s’est lié d’amitié derrière les barreaux. Tous les deux aspirent à retrouver une vie simple, et pourquoi pas heureuse. Mais leur présence dérange la petite ville tranquille de La Harpie, d’autant plus que Luce tombe très vite amoureux de Charlene, la fille du roi de la voiture d’occasion. Fatalement, les ennuis vont s’abattre sur eux. Y-aura-t-il une issue, quelle vie sont-ils en droit d’attendre lorsque partout le monde semble crier qu’ils ne méritent pas de vivre ? Comment se reconstruire quand on doit continuer à porter le fardeau de sa faute ?

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Frankie Addams

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Frankie Addams, vous la connaissez déjà, d’une certaine façon… Je vais vous rafraîchir la mémoire : une jeune fille garçon manqué, un peu mal dans sa peau, qui s’ennuie dans l’été qui ne passe pas, entre l’employée de maison et sa petite voisine fragile… elle s’entiche d’une autre jeune fille qui doit jouer un concerto de Mendelssohn dans sa petite ville, et elle s’est persuadée qu’elle allait partir l’accompagner dans sa tournée… Eh oui, il s’agit de L’effrontée, interprétée par Charlotte Gainsbourg et réalisée par Claude Miller – qui a été inspirée du roman de Carson Mc Cullers.

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