Le gosse

Le gosse Véronique Olmi

Joseph est né au sortir de la grande guerre. Le père, gueule cassée, est mort depuis longtemps.

Peu importe, il ne l’a pas connu, et puis il est heureux avec sa mère Colette la joyeuse, et sa grand-mère Florentine. Elles le chérissent, ce petit garçon qui siffle déjà comme un artiste.

Colette a un amoureux, et tout dérape: l’avortement, et la mort qui la cueille. 

Joseph n’est pas seulement orphelin, il est la honte de la nation, et sa mère une traitre qui se retrouve punie d’avoir voulu refuser de repeupler la France.

Double peine, car bientôt le petit garçon de sept ans va se retrouver pupille de l’état. 

L’assistance publique, pourquoi la craindre? Elle prend soin des enfants, non?

Il est en sécurité, maintenant il est assisté par l’état, comme la grand-mère, chacun à sa place, dommage qu’on ne puisse pas les partager

L’engrenage est en marche: le placement en famille nourricière à la campagne pour prêter ses bras de petit garçon aux durs travaux de la ferme, la faute qui fait de lui un hors-la-loi de neuf ans, la prison de la Petite Roquette aux méthodes glaçantes pour remettre les enfants sur le droit chemin, et puis le surclassement en colonie pénitentiaire à Mettray à dix ans – la primeur des mauvais traitements, des humiliations, du travail surhumain. « A dix ans il est temps d’être un homme » et Joseph va puiser au fond d’une volonté immense la force de survivre au quotidien inhumain infligé à ces enfants. 

Ainsi il est arrivé parmi les vicieux de la République, le vivier de la racaille, et il y a pris sa place

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Au café de la ville perdue

Eté 1974, l’armée turque bombarde Varosha, une station balnéaire chypriote en vogue.

La ville est abandonnée brutalement par des milliers de chypriotes, obligés de fuir en laissant tout derrière eux.

Quarante six ans plus tard, le drame est encore vivace. 

Ariana a grandi dans l’espoir de reconstruire un jour le 14, rue Ilios, la maison de ses grands-parents paternels, là où sont plantées les racines de ce figuier qu’elle a tatoué sur sa peau.

En attendant ce jour où elle espère pouvoir retourner à Varosha, transformée en zone militaire contrôlée par l’armée turque, elle travaille à Nicosie dans le café de son père Andreas, le This Khamenis Polis – le café de la ville perdue.

Andreas avait 7 ans lorsqu’ils ont dû quitter Varosha. Sa mère Adriné, chypriote turque, a fui avec un soldat turc. Son père Ioannis, chypriote grec, a pris la mer. Abandonnant Andreas aux bons soins de sa soeur Eleni, qui va élever Andreas comme son fils.

Désormais, Andreas veut vendre la maison, et Ariana ne peut s’y résoudre.

Avec elle disparaîtrait le devoir épuisant de se remémorer une ville qu’elle n’avait jamais connue, où avaient vécu des grands-parents dont on ne lui avait parlé que par détours et omission

Au café, une journaliste française en poste à Chypre s’installe un jour par hasard pour écrire, essayant de trouver l’inspiration : comment écrire son roman sur Varoshna,  une ville «artificiellement plongée dans (un) coma de rouille et de tristesse » si elle ne peut pas la visiter

Ariana lui propose un marché: elle l’aidera à comprendre Varosha, si elle promet de faire revivre le 14, rue Ilios dans son roman. 

Giorgios, un vieil habitué du café et meilleur ami d’Ioannis, remonte le fil des souvenirs pour faire revivre Varosha, mêlant l’histoire de la ville à cette époque heureuse où il était le nouveau prince de Varosha et avait le monde à ses pieds.

Peu à peu, d’une époque à l’autre, l’histoire prend vie – ou plutôt, tels les murs de la maison du 14, rue Ilios qui s’effondrent, elle se déconstruit dans la chronique d’un drame annoncé: l’amour impossible entre un chypriote grec et une chypriote turque.

Coup de coeur total pour l’amplitude romanesque de ce livre – d’une génération à l’autre, d’une partie de l’île à l’autre, l’histoire se transmet, immuable. Des personnages fascinants, tant dans leur ferveur que dans leurs trahisons.

Qu’est-ce qui unit des zones disparates en une seule et même ville? Un passé commun ou le vide qui les délimite? 

Avec son talent de journaliste et ses mots de romancière, Anaïs Llodet nous emporte dans  l’histoire de Varoshna, ville fantôme prisonnière des barbelés du territoire turc.

Elle nous sensibilise aussi à la terrifiante de Chypre, « Une île disloquée, percluse d’interdits et de paradoxes » – depuis toujours enjeu militaire et politique par sa situation stratégique aux portes du Moyen-Orient. Mais avant tout un enjeu humain, dans lequel les chypriotes grecs et turcs, séparés par une frontière rendue encore plus étanche par les haines et les différences culturelles, ne réussissent pas à trouver la paix.

Titre: Au café de la ville perdue

Auteur: Anaïs Llobet

Editeur: éditions de l’Observatoire

Parution: janvier 2022

Connemara

Connemara de Nicolas Mathieu

Ce qu’on dit du naturel est valable pour les origines: on a beau les fuir, elles nous reviennent toujours en pleine figure.

Adolescente, Hélène n’avait qu’un rêve: vivre loin de Cornécourt et de la vie étriquée qui s’offrait à elle.

On a si peu de raisons de se réjouir de ces endroits qui n’ont ni la mer ni la tour Eiffel, où Dieu est mort comme partout, et où les soirées s’achèvent à vingt heures en semaine et dans les talus le week-end.

La prépa, l’école de commerce à Lyon, les jobs dans des cabinets de consultants à Paris, ça en valait bien la peine si c’était pour faire un burn out et revenir à la case départ.

A Nancy, Hélène devrait être heureuse: elle est en lice pour devenir associée d’un cabinet lucratif qui compte bien profiter de la réforme des régions et des réorganisations salariales conséquentes à la naissance du Grand-Est. Elle vit dans une maison d’architecte, et forme avec son mari et ses deux filles une belle famille. Voilà pour les apparences, car Hélène n’est pas heureuse, s’égare sur Tinder pour tromper son ennui, et finit par retrouver Christophe, dont elle était amoureuse autrefois au lycée.

Christophe n’a jamais quitté Cornécourt – ancienne gloire locale du hockey qui étourdissait les filles, il vend de l’alimentation pour animaux et vit désormais une de ces « existences rotatives » dans la maison de son enfance auprès de son père, avec son fils, et fréquente toujours ses vieux copains du lycée.

Il regardait les minettes et se disait merde, plus jamais, et ce deuil attisait en lui des sentiments mauvais. Il pensait à leurs jeunes culs, aux garçons qui avaient le droit, aux étreintes sans froissures, à la beauté de leurs corps intacts qui n’étaient plus pour lui. Se levaient alors dans sa poitrine de mornes passions, un frémissement incommodé à l’encolure.

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Presque le silence

Presque le silence Julie Estève

La première page est à peine entamée, et déjà le grand chaos a surgi, comme un mythe antique que l’on raconte.

Cassandre a onze ans, c’est un été qui a la saveur du monde sauvage de l’enfance dans le sud chez son grand-père Jean, des vacances au goût éternel de mûres, de confiture. Et Papy Jean meurt, l’enfance de Cassandre se referme.

Au collège, Cassandre est amoureuse de Camille Leygues, et elle n’a qu’un rêve, l’embrasser. Cassandre est rousse, frisée comme un caniche, on dit qu’elle est laide, elle n’a pas d’amis – la seule attention qu’on lui prête, ce sont les brimades. Pourtant, un jour, elle l’embrassera, Camille: le voyant qu’elle consulte un jour en cachette lui affirme. Mais il lui a aussi soufflé, effrayé, cinq prophéties qui vont hanter sa vie. La première annonce le chaos: « le monde s’effondrera en 2023, l’été de tes quarante-deux ans ».

Dans la tragédie moderne, Cassandre n’est plus celle qui annonce les prophéties, elle est celle qui les reçoit.

Dès lors, les années s’égrènent, Cassandre a treize, quinze, dix-sept, dix-huit ans, elle est devenue une fille rousse, sexy, attirante, et sera vétérinaire, comme elle l’avait promis à papy Jean. Et Camille Leygues finit par l’aimer, mais son destin est en marche, et derrière le rideau, la puissance animale grignote peu à peu le monde, insidieuse apocalypse, papillons, chiens, rats, crapauds, cafards, le règne animal s’emballe et assoit sa toute puissance – jusqu’où?

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Une arche de lumière

Une arche de lumière Dermot Bolger
Books moods and more

Quoi que la vie te réserve, promets-moi de te battre bec et ongles pour le droit au bonheur

Soufflée par sa mère le jour de son mariage en 1927, cette phrase guidera la vie tumultueuse d’Eva Fitzgerald à travers le 20ème siècle. Une injonction à être heureuse, quoiqu’il arrive.

Un jour de 1949, Eva Fitzgerald quitte son mari et le comté de Mayo. Ses enfants sont grands, elle n’a pas 50 ans, il est temps pour elle de prendre un nouveau départ. 

Ainsi démarre une vie singulière, où elle s’émancipe dans les limites d’un divorce interdit, et de moyens financiers réduits au strict minimum. 

Eva est une artiste, à la recherche de sa voie (enseigner l’art aux enfants, écrire), et de sa liberté – elle n’hésite pas à partir d’Irlande pour voyager de l’Espagne au Maroc (dès lors que celui qui est toujours son mari l’autorise à avoir un passeport), s’installe en Angleterre, survivant modestement grâce à de petits emplois bien éloignés de sa condition sociale d’origine. 

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La décision

La décision Karine Tuil

Etre à la fois juge et partie: rarement l’expression aura trouvé une illustration aussi juste que dans ce roman, où Karine Tuil revient sur la douleur des attentats de 2015.

Alma Revel est juge d’instruction antiterroriste au parquet de Paris – coordinatrice du pôle lors des attentats de 2015, elle est en charge un an plus tard de l’instruction du dossier d’Abdeljalil Kacem – le jeune homme, soupçonné d’être un terroriste islamiste, a été arrêté à son retour en France après avoir quitté la Syrie, où il s’était rendu avec sa femme peu avant les attentats de 2015. 

Est-il innocent, coupable? Alma va devoir rendre justice, en restant plus que jamais fidèle à ses convictions professionnelles fondées sur le droit à la justice.

Soumise aux pressions quotidiennes d’un « métier de conflit » qui l’accapare et à la menace permanente d’être visée par une attaque, Alma consacre peu de temps à ses enfants et s’est éloignée de son mari Ezra, un écrivain frustré qui ne conçoit pas de se séparer de sa femme. 

Malgré son professionnalisme, elle s’est engagée dans une relation adultère avec l’avocat du jeune radicalisé sur lequel elle doit se prononcer. 

Alma est confrontée à un dilemme qui pourrait faire écrouler non seulement sa carrière professionnelle, mais avoir aussi des répercussions dramatiques sur sa famille et sur la sécurité nationale.

Karine Tuil signe un roman brillant, qui se lit à la fois comme un reportage d’investigation très documenté au coeur de la magistrature et une chronique post-traumatique de la France de 2015.

L’écrivaine alterne les interrogatoires, où elle nous invite à réfléchir sur la part d’humanité du prévenu, et le récit d’Alma – une femme (jusqu’à présent aussi droite et efficace que ses interrogatoires) aux prises avec ses responsabilités nationales, ses valeurs humanistes et sa vie affective. 

Derrière la magistrate, Alma est une femme, une mère. Ses questionnements, ses doutes et la relation amoureuse qui la lie à son amant la dimensionnent dans toute sa féminité, son intégrité, son humanité.

Dans un contexte de douleur nationale ravivée par l’actualité (le procès des attentats de 2015 et, concomitamment à la sortie du roman, le septième anniversaire de Charlie), Karine Tuil interroge notre propre rapport à la justice et au choix d’Alma. Qu’aurions-nous fait à sa place?

Le style est sobre, efficace avec élégance, intelligent, puissant – et même si elle donne d’emblée une clé pour nous dire vers quelle direction elle nous emmène, Karine Tuil a l’adresse d’emprunter d’autres chemins que ceux attendus – on relâche son souffle à la dernière page, avec l’envie de lui dire tout simplement « Bravo ».

Titre: La décision

Auteur: Karine Tuil

Editeur: Gallimard

Parution: 6 janvier 2022

L’Eveil

L'Eveil, Kate Chopin

Fin du XIXe siècle, un été en Louisiane.

La bourgeoisie créole de La Nouvelle-Orléans se retrouve en villégiature à Grand-Isle, face au golfe du Mexique, dans la pension de Madame Lebrun.

Edna Pontellier y mène une vie plaisante, entre les soirées musicales et les journées de bain de mer avec la sensuelle Madame Ratignolle et le séduisant fils de Madame Lebrun, Robert. 

Léonce Pontellier est un mari aimant et débonnaire (mais on nous rappelle vite que leur union est un « mariage purement accidentel ») et Edna aime leurs petits garçons, surtout de loin, quand leur nounou quarteronne s’en occupe. Auprès de Mme Ratignolle et de Robert, qui a jeté son dévolu sur elle, Edna accède à une certaine légèreté, mais aussi à une prise de conscience de son être, de sa sensualité, tandis qu’elle s’éprend de Robert – mais le départ précipité de ce dernier la plonge dans une mélancolie qui va lui donner l’impulsion de s’affirmer comme femme à part entière, et comme artiste.

Elle ne percevait encore qu’une chose: son être – son être actuel – était d’une certaine manière différent de son être d’autrefois. Elle ne se doutait pas encore qu’elle voyait avec d’autres yeux, rencontrait en elle de nouvelles dispositions qui éclairaient tout ce qui l’entourait d’un jour inconnu 

De retour à La Nouvelle-Orléans après l’été, Edna continue de se consumer pour Robert, dont elle espère un jour le retour. Les rêves romantiques de sa jeunesse l’ont regagnée et elle se laisse aller au jeu de la séduction avec un nouveau prétendant, Alcée Arobée. 

Mais c’est aussi une nouvelle Edna qui est est revenue de Grand-Isle, une Edna qui chaque jour s’affirme davantage, consciente du poids d’être femme et mère. Devant son époux stupéfait de son changement, mais qui la laisse agir en attendant qu’elle revienne à la raison et étouffe les scandales, Edna « entretient des idées sur les droits des femmes », et agit à sa guise, forte de son éveil à la vie.

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Une nuit après nous

Delphine Arbo Pariente
Une nuit après vous,
Gallimard

D’elle j’ai longtemps porté un bijou, une médaille ronde et lisse à l’or élégant, glissée sur une longue chaîne – toute sa délicatesse était dans la cohabitation de sa sobriété et des quelques mots gravés dessus, empruntés à Saint-Exupéry « l’essentiel est invisible pour les yeux ».

Des bijoux, Delphine Arbo Pariente est passée aux livres. Les mots, elle ne les emprunte plus aux autres, ce sont les siens qu’elle grave désormais sur les pages – ils ont en commun le travail de l’orfèvre: la précision absolue du bijou longuement travaillé, ciselé, poli, chéri. 

Mon histoire était emballée dans du papier journal, parfois quelques lettres s’en échappaient, formant des mots, rarement des phrases, je confondais aimer avec marié, écrire avec crier.

C’est d’abord la beauté des phrases qui happe, une émotion vive, viscérale, qui parcourt l’épiderme. La grâce est dans ces phrases, que l’on ressent le besoin de lire plusieurs fois, dans le frisson que procurent les métaphores, dans le rythme du phrasé qui suspend tout autour de nous. L’écriture de l’écrivaine vient de loin, et c’est certainement pour cette raison qu’elle bouleverse tant.

Et puis il y a l’histoire. 

Mona a quarante-six ans, elle vit avec Paul qui depuis douze ans a su apaiser sa vie – quand Vincent y entre, par le biais d’un regard dans lequel l’un et l’autre se reconnaissent.

Leur histoire s’ancre dans leurs blessures intimes qui vont les révéler l’un à l’autre, au-delà de l’amour profond qui naît de cette rencontre. 

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L’enfant de Bruges

Bruges, juin 1441. Le jeune Jan, 13 ans, travaille dans l’atelier de son père adoptif, le grand peintre Jan Van Eyck. Bientôt, Van Eyck démarrera son compagnonnage et lui transmettra son savoir.

Mais la Flandre, depuis quelques temps, est secouée par une série de meurtres inexpliqués qui touchent d’autres artistes de la confrérie. 

La menace se resserre autour de Van Eyck et du jeune Jan, qui, sans le savoir, est détenteur d’un secret auquel plusieurs personnes s’intéressent d’un peu trop près, mais de très loin: à Florence aussi, le danger gronde, et semble vouloir s’abattre sur les artistes. 

Bien malgré lui, Jan se retrouve au coeur d’une conspiration qui dépasse l’entendement de l’art et les rivalités entre maîtres flamands et toscans.

Gilbert Sinoué nous immerge dans la Bruges du XVe siècle, berceau de la révolution de la peinture, avec une force d’évocation intense, avant de nous emmener au coeur de Florence et de son Duomo fraîchement achevé, nous donnant la mesure des voyages à cette époque.

Le roman peut se lire comme un polar historique et comme un manuel d’histoire de la peinture au travers duquel il livre les techniques de travail des artistes, mais nous invite aussi à avoir un regard sur leurs oeuvres – il nous offre ainsi, par exemple, une perspective sur l’Annonciation de Rogier van der Weyden et les époux Arnolfini de Van Eyck par le biais d’un clin d’oeil sur l’emprunt d’un peintre à l’autre. 

Admirative des tableaux de Van Eyck, j’ai réellement aimé cette impression d’être au coeur du processus de création – même si cette partie, subordonnée au déroulement de l’intrigue, est trop brève à mon goût.

L’auteur esquisse aussi les prémisses de l’imprimerie, dessine les rouages commerciaux montés par les ambitieux Medicis, et les pouvoirs politiques et religieux de l’époque. 

Le monde qu’il  brosse à travers ces pages, à l’aube de ces grandes découvertes qui le feront basculer vers d’autres possibles, préfigure les purges calvinistes ou celles qui naîtront à Florence cinquante ans plus tard, avec la dictature théocratique de Jérôme Savonarole.

« L’enfant de Bruges » se lit comme un grand roman d’aventure, au service duquel l’auteur a mis son érudition pétillante, et jamais pompeuse.

Titre: L’enfant de Bruges

Auteur: Gilbert Sinoué

Editeur: Gallimard

Parution: 1999

L’affaire Arnolfini

L'affaire Arnolfini 
Jean-Philippe Postel
Actes Sud

De Jan Van Eyck (1390-1441), on sait peu de choses – les seuls éléments biographiques qui nous sont parvenus sont des archives comptables faisant état des largesses du duc de Bourgogne, Philippe Le Bon, pour qui Van Eyck ne fut pas seulement un peintre, mais aussi un homme de confiance qu’il envoya effectuer des missions secrètes à travers l’Europe.

En tant que peintre, Van Eyck s’est distingué par l’extrême finesse de son travail et par la profondeur de ses couleurs, transcendées par l’utilisation encore secrète de la peinture à l’huile.

Une vingtaine de ses oeuvres, pas toutes signées, sont parvenues jusqu’à nous.

Mais venons-en à ce livre que je vous présente aujourd’hui, consacré à une de ses oeuvres les plus connues,  « Les époux Arnolfini ».

Les époux Arnolfini, Jan Van Eyck

Depuis l’antiquité, c’est le premier tableau qui représente une scène privée et non religieuse – autant dire une peinture profane…

Sous l’apparence d’une scène simple, qui pourrait ressembler à l’union d’un homme austère et d’une femme enceinte, quelques détails viennent cependant semer le trouble… 

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