La vie en chantier

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La vie, au jour le jour.

La vie sans Marnie, la vie avec Midge.

La fin d’une vie, le début d’une autre.

De l’une à l’autre, il y a Taz, veuf et père. Un tout jeune homme, dans une vie en construction, une vie en chantier pour accueillir les plus belles promesses d’une vie stable, ancrée dans une petite ville du Montana – une maison à rénover, un bébé à venir.

Parfois, la vie fait des promesses et les rompt sans prévenir et Taz doit à la fois faire le deuil soudain de sa femme et ses premiers pas dans la paternité. Dans une maison en chantier qu’il n’a plus le coeur d’achever, tandis qu’il y ramène de la maternité son bébé sans mère.

Les jours se succèdent dans la nouvelle vie de Taz. Il y a Lauren, sa belle-mère qu’il connaissait à peine et qui cherche doucement ses marques sans s’imposer. Il y a Rudy, l’ami de toujours, un peu ours, qui veille depuis le porche de son ami. Il y a Marko, le patron de Taz, qui veille à lui confier de nouveaux chantiers. Et il y a Midge, ce tout petit bébé, que Taz ne veut plus quitter.

Et puis, un jour, il y a Elmo, la baby sitter que Rudy impose à Taz parce qu’il faut bien lâcher Midge pour reprendre le travail et payer les dettes avant qu’on lui reprenne sa maison, Elmo un ersatz maternel pour Midge et peut-être, la possibilité d’un retour vers la vie.

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Honoré et moi

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Est-ce une bonne idée de faire cohabiter Honoré de Balzac et Charlotte Brontë sur une même photo? Charlotte Brontë n’aurait-elle pas trop risqué à rencontrer ce drôle de séducteur?

Soyons tranquilles.

De 17 ans sa cadette, elle n’aurait eu aucun des atouts  qui rendait une femme désirable aux yeux d’Honoré : elle n’aurait été ni assez vieille, ni assez riche, ni assez mariée – et certainement pas assez jolie non plus pour Balzac, qui, bien qu’il soit fort laid, n’aimait s’éprendre que de belles femmes.

C’était un jeune homme très sale, très maigre, très bavard, s’embrouillant dans tout ce qu’il disait, et écumant en parlant parce que toutes ses dents d’en haut manquaient à sa bouche trop humide (Alfred de Vigny)

Mais Balzac aimait beaucoup les femmes, dont il s’est beaucoup entouré tout au long de sa courte vie. Et elle le lui rendaient (assez) bien, à commencer par sa pauvre mère (qu’il a rendue responsable, souvent à tort, de son infortune personnelle) et à finir par Eve Hanska, qu’il réussira à convaincre de l’épouser quatre mois avant de mourir… après seize ans de relation longue distance entre adultère et veuvage.

Dans cette petite merveille de biographie délicieusement impertinente, Titiou Lecoq, passionnée de Balzac, nous offre le portrait le plus décalé qui soit – mais certainement, aussi, le plus réaliste: génial optimiste doublé d’un immense poissard, un sens véreux des affaires qui ne l’a jamais empêché de dépenser ce qu’il n’avait pas, fashion addict et décorateur d’intérieur aux goûts de luxe qui ne l’aideront pas à tenter, s’il l’avait vraiment envisagé, d’assainir ses dettes.

Mais avant tout, Honoré de Balzac est un écrivain. Il ambitionne d’avoir très vite du succès pour pouvoir vivre de sa plume – et disons-le clairement: devenir riche. Ecrire pour s’enrichir? Aux yeux des autres écrivains, il désacralise la noblesse de leur métier. Mais lui est parfaitement décomplexé par rapport à sa recherche de succès.

Et comme le succès tarde à venir, Honoré doit bien trouver des combines pour s’assurer un train de vie, empruntant aux uns pour faire des investissements qui l’enfoncent, empruntant aux autres pour rembourser les premiers – ou tout au moins essayer.

La seule constante de sa vie, en dehors de l’écriture, c’est sa ruine.

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Sundborn ou les jours de lumière

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Ecrivain des souvenirs et des sensations, Philippe Delerm m’a surprise et enchantée avec la douceur mélancolique qui se dégage de ce petit roman de 1996 (prix des Libraires 1997).

Le jeune Ulrik Tercier passe ses vacances d’été dans la maison familiale à Grez-sur-Loing. 

En cette année 1884, une joie éclatante anime le jardin voisin de l’hôtel Chevillon, où résident des artistes peintres venus de Scandinavie: les suédois Carl et Karin Larsson, Karl Nordström, l’écrivain August Strindberg, le norvégien Christian Krohg et le danois Søren Krøyer. Ils sont en résidence ici, près de Barbizon, pour saisir la lumière particulière si chère aux impressionnistes – et plus que la lumière, c’est le bonheur d’être réunis tous ensemble dans un même but qui exalte leurs journées et leur créativité.

Les chevalets, les toiles, les pinceaux, les tubes et les palets d’aquarelle apparaissaient avec le même naturel que met le paysan à tirer son couteau de la poche, à l’heure du déjeuner. Nordström, Krohg, Karin et Carl peignaient dehors, aux yeux de tous, n’importe quand, comme on parle, comme on respire. Dernier arrivé, Søren Krøyer avait poussé jusqu’à la frénésie ce besoin de tout saisir, de tout refléter. Bien sûr, ils étaient peintres. Mais qu’est-ce que cela voulait dire? Au-delà de leur aisance technique qui me stupéfiait, d’où leur venait ce besoin? Ils étaient jeunes, et pourtant la vie semblait n’être pour eux qu’un prétexte.

Jeune homme de bonne famille, fils unique désoeuvré qui cherche un sens à sa vie, Ulrik est envoyé par son père rejoindre la colonie de Skagen que ses amis peintres lui ont tant vanté. Là-bas, il découvre une communauté de peintres menée par Krøyer et le couple formé par Michael et Anna Ancher, et leur travail inspiré par une peinture en plein air qui trouve sa singularité dans la lumière unique des plages de Skagen. Mais il reste aussi lié à ses amis suédois et poursuit sa route vers Sundborn, le repère des Larsson qui veulent recréer une vie idéale promise au bonheur en pleine nature.

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Sur les traces de Marie Krøyer

 

 

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Le tableau a attrapé mon regard.

Ombres et lumière, des jeux de blancs qui chatoient, le vert presque fluorescent de la porte et la tomette en terre cuite au sol.

Une femme en robe de coton blanc, ceinturée d’or, les mains sur les hanches, les cheveux attachés dans la nuque.

Il y a une liberté, une modernité lascive dans sa pose, une confiance.

On l’attendrait voir porter à sa bouche une cigarette et continuer à vous regarder droit dans les yeux, sans rien dire.

Elle s’appelle Marie Krøyer, c’est la petite plaque en bronze clouée sur l’or du cadre qui le dit – Qui est-elle?

J’ai soudain tout voulu savoir sur elle, comprendre ce tableau, les autres tableaux sur lesquels elle est la figure centrale du travail du peintre, Peder Severin Krøyer (alias Søren Krøyer). 

Nous sommes en 1890. Ils viennent de se marier et sont en lune de miel en Italie. Ici Marie pose dans le patio de leur hôtel à Amalfi.

Marie est peintre, comme Søren. Ils se sont rencontrés à Paris à peine un an avant. 

Pleine d’espoir, elle espère apprendre à ses côtés, les couleurs, la lumière. Marie a beaucoup de talent, et elle a décidé que peindre serait sa vie. 

Bientôt, ils vont s’installer à Skagen, là où les artistes danois viennent chercher la lumière.

Qui les connaît aujourd’hui, ces peintres danois, influencés par les maîtres impressionnistes français?

Et qui était Marie, surtout?

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Baronne Blixen

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Impossible de quitter cette période marquée par Karen Blixen, depuis mon voyage à Copenhague, sans relire le formidable Baronne Blixen de Dominique de Saint-Pern.

Dans ce roman biographique paru en 2015 après quatre années d’un intense travail de documentation, de rencontres et d’écriture, la journaliste ressuscite l’écrivaine danoise à travers les souvenirs de celle qui fut pendant pendant deux décennies sa secrétaire, Clara Svendsen.

Le roman s’ouvre sur une rencontre, au Kenya: Meryl Streep, alors en plein tournage d’Out of Africa, a fait venir auprès d’elle Clara Svendsen, afin qu’elle lui raconte « sa » Karen Blixen. L’actrice souhaite comprendre au plus près celle dont elle interprète le rôle dans le film – Meryl Streep incarnera si bien l’écrivaine qu’elle deviendra aux yeux de tous la seule Karen Blixen imaginable.

Pourtant, très vite, l’actrice hollywoodienne s’efface au profit de cette femme beaucoup plus ambiguë que ne le laissait croire son image africaine: Dominique de Saint-Pern lui consacre la première moitié de son roman, faisant revivre la légende de cette reine africaine, maîtresse d’un vaste domaine au pied du mont Ngong et amante d’un fougueux aristocrate anglais magnifié par Robert Redford, qui la laissa tomber pour l’aventurière Beryl Markham avant de se tuer dans le crash de son avion, Denys Fitch Hatton. 

La suite, nous la connaissons: elle n’a pas réussi à sauver son domaine qui bientôt se retrouvera aux mains des prometteurs, et Karen Blixen est contrainte de retourner vivre au Danemark, dans la maison de son enfance à Rungstedlund. 

Ruinée, malade (la tabes dorsalis ou syphilis de la moelle épinière, loin d’être vaincue par un traitement de cheval des années plus tôt va laminer sa santé), que lui reste-t-il? 

A quarante-six ans, Karen Blixen est encouragée par son frère Thomas et se lance dans un travail d’écriture qui va la consacrer auteur sous un pseudonyme: Isak Dinesen. Elle travestit son nom, comme elle travestit son image sous l’objectif de la photographe Rie Nissen plus que jamais joueuse et ambiguë. Elle tire les ficelles d’un jeu qu’elle mènera jusqu’au bout, éternelle manipulatrice.

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A crier dans les ruines

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Il y a des évènements comme celui-là qui laissent un souvenir aussi étrange et impalpable que le  nuage aux contours flous qui, un jour de 1986, a traversé notre géographie. Tchernobyl. Un nom qui a lui seul cristallise notre peur rationnelle du nucléaire.

Dans un premier roman envoûtant, Alexandra Koszelyk nous transporte dans le sillon de son émouvante héroïne Léna sur ces terres irradiées où la nature a repris ses droits sur la mort. 

Le 26 avril 1986, la famille de Léna a quitté subitement Pripiat en abandonnant tout derrière elle, laissant la Centrale en feu. Comment Léna pouvait-elle alors imaginer qu’elle ne reviendrait pas, comment peut-on imaginer à treize ans qu’on abandonne à jamais une vie, sa maison, ses amis, et le garçon qu’on aime depuis toujours? La tragédie de Léna est en marche dans les ruines encore fumantes de la centrale. 

Chaque jour, alors que je m’efforce de vivre le présent, d’oublier le passé, 1986 revient inconsciemment. Cette année me hante, chaque fois plus forte. Une terre peut-elle pardonner d’avoir été oubliée?

Dans le Cotentin, la famille de Léna reconstruit sa vie après un douloureux périple. Une centrale en appelle une autre et son père, brillant scientifique, travaille désormais à Flamanville. Léna doit tout apprendre de son pays d’adoption, la langue, la culture, les codes français qui sont si étrangers à cette adolescente ukrainienne. Son amour de la littérature la sauve, grâce aux livres elle apprend le français. Au sein de la nature sublimée du nord du Cotentin, indomptée, mystiquement païenne, elle trouve un réconfort qui apaise sa blessure d’amour – elle n’oublie pas Ivan, et comment peut-elle savoir que tout là-bas, en Ukraine, lui aussi l’attend?

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Terrible vertu

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Cette année, j’ai partagé avec vous deux ouvrages éclairants sur la légalisation de la contraception, l’avortement, et de façon plus large, sur les droits des femmes (Tristes Grossesses et Ma vie sur la route Gloria Steinem).

Aujourd’hui, je vous en présente un troisième, qui retrace aussi un parcours de lutte pour les droits de la femme: Terrible vertu.

Terrible Vertu est une biographie romancée de l’américaine Margaret Sanger, grande militante du droit à la contraception et à l’avortement du début du 20ème siècle. 

La connaissiez-vous? Moi pas.

Margaret Sanger

Margaret Sanger, 1915

Quel parcours pour cette femme issue d’une famille pauvre et trop nombreuse, dont la mère s’est usée avec treize grossesses!

Je pensai à mes propres terreurs d’enfance, que personne n’avait remarquées ni consolées. Soudain, j’étais furieuse. Furieuse contre la désinvolture de mon père; contre l’incapacité de ma mère à réagir et, bien qu’elle eût gâché sa santé et usé sa vie pour nous, contre son égoïsme; contre une société qui permettait que des enfants viennent au monde sans être désirés ni aimés.

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Il y a trente ans, à Berlin…

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Berlin, novembre 2012, East Gallery

30 ans!

Oui, 30 ans aujourd’hui que le mur de Berlin est tombé.

9 novembre 1989.

Vous vous en souvenez, vous, de cette déferlante qui a fait basculer tout le bloc de l’Est?

On ne vivait pas l’information en continu comme maintenant, mais on était suspendus au journal de 20 heures, chaque soir. 

Depuis l’ouverture du rideau de fer quelques mois plus tôt, l’Histoire s’accélérait, et les allemands de l’Est, par la Hongrie, fuyaient leur pays dans l’espoir de passer à l’ouest – mais cela paraissait inconcevable que, tout d’un coup, le bloc tombe. 

La guerre froide était la menace permanente avec laquelle on avait grandi, on craignait les russes, et les américains un peu aussi – on avait chanté Russians avec Sting, pour dénoncer la peur de cette guerre nucléaire qui nous pendait au nez, en espérant vraiment que les russes, eux aussi, aimaient leurs enfants (I hope that Russians love their children too…)

Je crois bien que c’était l’année où je vivais pour la première fois des évènements historiques en pleine conscience – 1989 nous tenait dans une exaltation particulière, lycéens rebelles dans l’âme qui cette année-là étions portés par le bicentenaire de la révolution française. On avait tremblé pendant des semaines durant les manifestations de Tian’anmen, soutenu et pleuré le peuple chinois qui voulait être libre et se faisait massacrer. La révolution se propageait, contagieuse, c’était furieusement incroyable. 

Tout s’est passé très vite en Allemagne, on a à peine eu le temps de réaliser que des garde-frontières dépassés ouvraient les frontières, et que des pans de murs, sous nos yeux, tombaient. C’était l’euphorie – dans le poste de télé, les allemands de l’ouest et de l’est se serraient dans les bras. Chacun ramassait son bout de mur en souvenir. Deux jours plus tard, Rostropovitch s’installait à Check Point Charlie avec son violoncelle devant le mur… Et nous, médusés devant l’écran, nous regardions les yeux émerveillés des allemands de l’Est qui découvraient un autre monde avec dans leur poche les 100 DM que le gouvernement ouest allemand leur offrait. Bienvenue à l’Ouest! Willkommen im Westen!

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Voyage et lecture: Copenhague

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Règle de voyage numéro 1: lire local!

Saison à Copenhague commence comme un conte. Normal, cette nouvelle est extraite des Nouveaux contes d’hiver, écrits par Karen Blixen.
Hiver 1870, la saison des mondanités et des bals a débuté, tout le gratin aristocrate danois se retrouve à Copenhague pour ces festivités.
Ib Angel y a retrouvé sa cousine Adélaïde, dont il est amoureux depuis sa plus tendre enfance. Une histoire impossible – il va bientôt s’engager pour combattre auprès de l’armée française… Le démarrage de la nouvelle m’a semblé bien compliqué et ennuyeux – laborieux. On met du temps pour arriver au cœur du sujet, découvrir nos jeunes protagonistes. À partir de ce moment, la nouvelle prend des allures de littérature russe (ou du moins, elle avait la saveur de mes anciens souvenirs), et c’est là qu’émerge sa beauté et la tristesse de cet amour impossible. J’ai aimé, brièvement, suivre les pas d’Ib dans mon quartier chouchou de Christianshavn.

Une lecture rapide mais néanmoins assez décevante pour ce démarrage avec Karen Blixen !

Titre: Saison à Copenhague

Auteur: Karen Blixen

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La maison de Karen Blixen à Rungsted

J’avais une maison au Danemark…

Imaginons un instant un roman qui serait le pendant d’ « Out of Africa » et qui pourrait s’intituler  « Back in Denmark »

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Après dix-sept années passées en Afrique, Karen Blixen pousse un jour la porte de la maison de son enfance. 

Elle revient contre sa volonté, le coeur brisé: l’amour de sa vie, Denys Finch Hatton, s’est tué dans le crash de son avion. 

Elle a dû abandonner sa ferme, ruinée, après l’échec de sa plantation de café malgré un travail acharné et le renfort financier de sa famille. Sa santé est fragile depuis des années – Bror von Blixen, son ex-mari, cousin au second degré et coureur de jupons invétéré, a eu la délicatesse de la contaminer avec sa syphilis à peine un an après leur mariage, et les effets secondaires du traitement ont dégradé sa santé.

La baronne Blixen rentre chez elle. Elle a quarante-six ans, en cette année 1931. Sa mère habite encore Rungstedlund, une vieille auberge  que son père a achetée en 1879, six ans avant sa naissance.

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C’est dans cette maison, face à la mer et face à la Suède, qu’est née Karen Christentze Dinesen en 1885. Elle a déjà une soeur aînée, une autre soeur et deux frères suivront après elle. Thomas, le plus jeune, deviendra son fidèle confident. Chez les Dinesen, seuls les garçons sont scolarisés. Les filles ont un tuteur à la maison, leur grand-mère et leur tante peaufinent avec rigueur leur éducation. Très tôt, Karen a appris à raconter des histoires à ses soeurs – elle écrit ses premières pièces à onze ans.

Dans les bagages qu’elle ramène d’Afrique, il y a sa petite machine à écrire, une Corona portative. 

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Sait-elle déjà qu’elle va se remettre à écrire? Elle avait bien tenté, dans sa jeunesse, d’embrasser une carrière littéraire. Mais les contes publiés sous le pseudonyme d’Osceola n’ont pas eu le succès escompté. Depuis toujours, elle s’interroge sur le sens qu’elle doit donner à sa vie. Il est peut-être là, dans sa valise.

Rungstedlund est accueillante, à l’image des derniers souvenirs qu’elle en a gardés avant de repartir pour le Kenya – elle affiche une élégance à la fois simple et aristocratique. Une aura, une histoire familiale, une chaleur aussi se dégagent de ses murs séculaires. 

Karen, doucement, en convalescence de son mal d’Afrique, va reprendre ses marques.

Dans cette maison, elle a toujours aimé la cuisine, lumineuse, ouverte sur le grand jardin. Elle y a passé des heures, à lire, lorsqu’elle était enfant. Un jour, cette cuisine aux éléments joliment vert pâle l’inspirera peut-être pour écrire un de ses contes les plus célèbres, Le festin de Babette.

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