
Chez les Wiesel, il y a ceux qui offrent leur vie à Dieu, et ceux qui la dédient au diamant.
Moshé, comme son grand père rabbin Yaakov, a choisi la Torah.
Mais pour Bennie, le fils de Moshé, cette vie est bien trop modeste et ennuyeuse. Il ne supporte plus les humiliations subies par son père au sein de la communauté : en tant que Shamash de la synagogue, il est au mieux invisible, au pire moqué par les plus arrogants.
Bennie connaît par cœur les ruelles pavées du ghetto juif d’Anvers, mais ce sont les trois rues qui entourent la Bourse du diamant qui le fascinent.
C’est là, dans les années 1970, que se jouera son destin, c’est là qu’il marchera dans les pas de son grand-père Yéhuda. Né dans un shtetel des environs de Cracovie, il a fui la religion, la Pologne. À Anvers, il est devenu l’un des hommes les plus puissants et les plus respectés du quartier des diamantaires, et il a renié son fils sans ambition, Moshé.
Débrouillard et gouailleur, vif et observateur, navigant d’un monde à l’autre à la recherche de sa place dans cette communauté, Bennie va saisir toutes les chances qui s’offrent à lui pour devenir un autre et se faire une place au royaume du diamant. Et bientôt, son nouveau nom sera murmuré autour des tables de la grande salle de négoce : Bennie Diamond. Sera-t-il un jour assez riche pour ravir la main d’Ève Steinmer, la fille d’un autre puissant diamantaire? Sera-t-il assez malin pour savoir contourner les chausse-trappes?
C’est un premier roman époustouflant, qui se lit comme on regarde un film – son auteur, Michaël Dichter, est scénariste. Mais le roman ne se réduit pas aux pages d’un scénario parfaitement ficelé, non : au-delà des images vivantes qui nous entraînent dans les secrets d’une communauté fascinante, dévoilant ses codes et ses rites, la jolie plume virevolte, fait jouer les émotions du lecteur et crée des personnages de chair et d’os. On court derrière l’intrépide Bennie Diamond, on s’attache à cet anti-héros, on encourage son besoin d’émancipation, on lui pardonne ses petites vanités, et on gardera en tête les mots sages de son père : « Ce n’est pas l’argent qui donne du sens à nos vies, c’est la famille ». CQFD. Et coup de cœur.
Titre : On l’appelait Bennie Diamond
Auteur : Michaël Dichter
Editeur : Editions Les Léonides
Parution : 14 janvier 2026