Je pleure encore la beauté du monde

Couverture du livre Je pleure encore la beauté du monde

Inti Flynn a grandi avec sa sœur jumelle entre le Canada et l’Australie. La jeune femme, éduquée en symbiose avec la nature, a décidé de consacrer sa vie aux loups. 

Devenue une biologiste aguerrie, elle vient d’arriver en Ecosse, au coeur des Cairngorms, dans les Highlands. Dans ces paysages de montagnes et de landes, la mission Cairngorms Wolf Project va réintroduire les loups pour réensauvager la région – sans prédateurs, les innombrables cervidés ont dénudé les terres sans laisser leur chance à la moindre pousse, réduisant à néant les forêts.

Le projet est évidemment mal accueilli – la peur du loup est ancestrale, dans cette région d’élevage où vaches et moutons paissent librement. Et la forte personnalité d’Inti ne tarde pas à déplaire.

Elle se voue corps et âme à sa mission, malgré les ennemis qui ne tardent pas à s’opposer à elle et à s’en prendre aux meutes lâchées dans différents point du territoire.

Parmi ses ennemis, le fermier Stuart Burns cherche tous les moyens de l’intimider depuis qu’elle a osé l’interpeller sur ce que tout le monde tait : il bat sa femme.

Sous ses dehors de dure à cuire, Inti est une jeune femme ultra sensible – elle souffre de synesthésie visuo-tactile, qui lui fait ressentir dans sa chair tout ce qu’elle voit les autres subir. Le bon comme le mauvais. Cette maladie la rend vulnérable depuis toujours, et elle est aujourd’hui une personne meurtrie par la somme de ses expériences passées.

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Migrations

Quand j’ai un tel livre entre les mains, je ne peux que m’étonner et être triste qu’il soit passé (quasi) inaperçu à sa sortie, en 2021, tant il est extraordinaire. Je dois un immense merci à Céline sans qui je ne l’aurais jamais lu.

Au Groenland, Franny Stone traque les dernières sternes arctiques, avec l’intention de suivre leur migration vers l’Antarctique. 

Cette jeune femme solitaire et mystérieuse cherche un bateau qui lui permettra de suivre les oiseaux qu’elle a équipés d’un émetteur. Comment convaincre un capitaine assez fou pour la suivre dans cette aventure? En lui promettant qu’en suivant les oiseaux, ils trouveront du poisson, plein de poisson – car dans ce monde-là, qui n’a pourtant rien de dystopique, les animaux ont peu à peu disparu de la terre, de la mer, et du ciel.

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Le bruissement des feuilles

 

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Dépaysement total avec Le bruissement des feuilles de Karen Viggers, qui emmène ses lecteurs en Tasmanie. 

C’est sur cette île australienne située au sud de Melbourne que se joue le destin de la jeune Miki, le personnage féminin de son nouveau roman.

Un écrin de nature qui abrite en son sein des arbres plusieurs fois centenaires et des espèces animales rares voire uniques, à l’image de ce diable de Tasmanie qui va revenir dans l’histoire…

Après avoir échappé à l’incendie de la ferme familiale, Miki et son frère aîné Kurt s’installent en ville où ils ouvrent un fast food qui voit défiler les habitants des alentours. Chrétiens fondamentalistes, le frère et la soeur vivent en communiquant le moins possible avec le monde extérieur – pire, Kurt coupe sa soeur du monde en lui interdisant toute forme de sortie à l’exception d’une balade en forêt hebdomadaire ensemble. 

Miki vit ce moment de brève liberté dans une communion intense avec la nature, sensible à ces grands arbres dont elle absorbe viscéralement la vie comme une sève qui la galvanise.

Cible des industriels qui utilisent son bois, la forêt pourtant est menacée chaque jour davantage par les bûcherons qui se rapprochent inéluctablement avec leurs machines pour dévaster ces territoires arborés.

Malgré la surveillance étroite de son frère, Miki se lie d’amitié avec Léon, un jeune garde forestier qui vient d’arriver, en sauvant ensemble des diables de Tasmanie voués à une mort certaine. 

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Petits secrets, Grands mensonges

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Dans ce quartier de la péninsule de Pirriwee à Sydney, la vie est calme et la communauté harmonieuse. A première vue !

On adore penser qu’il y a une grande mixité dans la péninsule, mais en réalité la seule chose qui nous différencie les uns des autres, c’est le porte-monnaie

Le ton est donné par Madeline, une des protagonistes de ce roman, ravissante quadra, divinement excentrique et meneuse de bande. En cette journée d’intégration à l’école maternelle, toutes les mères d’enfants se retrouvent, ou font connaissance. Soudées en apparence, les clans dominent déjà la cour, avec en avant-poste le gang des serre-tête, ces mères « fondamentalistes » qui veulent diriger l’école, puis les mères qui travaillent, et les autres – celles qui ne travaillent pas.

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