Rencontres: Anna MC PARTLIN

Parfois, rencontrer l’auteur d’un livre peut s’avérer surprenant, impressionnant, intimidant, voire décevant, en décalage total avec l’idée que vous en aviez à travers son livre.

Rencontrer Anna Mc Partlin, c’est entrer tout de suite dans l’émotion et la lumière de ses romans ! Solaire, rieuse, drôle, sensible, elle nous accueille avec simplicité dans son univers. Anne Mc Partlin, c’est une frimousse adorable, des yeux rieurs, un franc-parler, et un rire communicatif. Elle vous donne immédiatement envie d’être sa meilleure copine, car derrière cette personnalité franche et naturelle, on devine également beaucoup d’empathie et une certaine expérience de la vie, qui visiblement n’a pas toujours été simple pour elle.

A l’occasion de la sortie de son nouveau roman Mon midi Mon minuit le 6 avril prochain, les éditions du Cherche-Midi et Babelio ont organisé une rencontre avec l’auteure irlandaise, à laquelle j’ai eu la chance d’être conviée.

On apprend que ce roman, le deuxième publié en France, est en fait le premier qu’Anna Mc Partlin a écrit. Et il y en a encore quatre autres non publiés en France à ce jour…

Dans Mon midi mon minuit, l’histoire débute en 1998, et Emma est une jeune dublinoise heureuse, prof passionnée, en couple avec John, son amour d’adolescente. Mais le bonheur d’Emma tourne court à l’issue d’une soirée dramatique où John meurt, fauché par une voiture. Entourée de ses amis de toujours, de sa famille, elle va devoir  faire face à son chagrin et retourner à la vie…

Inutile de spoiler davantage l’histoire !

Ce qui compte ici plus que tout, c’est l’ambiance que réussit  à créer Anna Mc Partlin. Comme dans Les derniers jours de Rabbit Hayes, les larmes et la joie, le rire, reviennent souvent. Elle y a mis ses valeurs : la force de l’amitié, la joie de vivre plus forte que tout, l’amour de Dublin, la sensibilité. L’écriture contribue à rendre ce livre si plaisant à lire, tout y est fluide et écrit avec une plume où ressort son humour facétieux et irrésistible.

Cependant, si la première partie du livre est extrême en émotions et m’a valu une très courte nuit, happée que j’étais par cette lecture, la deuxième partie peut sembler plus longue, plus légère, plus sentimentale. Certes, on s’y sent bien, dans cette histoire, entouré de ces personnages si variés et attachants, la copine Clo qui a du mal à vivre une histoire d’amour de plus de 2 semaines, le couple fusionnel qui n’arrive pas à avoir d’enfants, le frère prêtre en passe de finir défroqué, et le beau Sean qui va ravir le cœur d’Emma qui est la seule à ne rien voir. Mais on a un peu le sentiment d’être dans  de la littérature Young Adult (ah, on y revient au fameux débat ! A quel âge est-on un young ou un old adulte !!!)

Si le roman traite de sujets sensibles, tels que le deuil, mais aussi de la place de l’église catholique dans la société irlandaise, il n’est pas aussi abouti et profond que Les derniers jours de Rabbit Hayes. Soyons indulgents et replaçons les choses dans leur contexte : il s’agissait d’un premier roman, avec son charme et ses petits défauts, écrit aussi par une personne plus juvénile – même si on devine que la vie a semé pas mal d’embûches sur la route d’Anna Mc Partlin, athée convaincue mais très croyante en la vie.

On lui avait dit qu’elle se rapprocherait de Dieu le jour où elle serait sur son lit de mort. Mais lorsqu’elle s’est fait renverser par une voiture à l’âge de 20 ans, la seule chose qu’elle a pensé fut « oh non ! Je n’ai couché qu’avec 5 garçons ! ». Voilà Anna Mc Partlin: toujours faire preuve d’humour dans les situations les plus dramatiques.

Mon midi mon minuit, qui emprunte son titre aux vers de W. H. AUDEN rendus célèbres par le film Quatre mariages et un enterrement, reste un très agréable livre « feel good » qui permet de s’évader d’une littérature exigeante et de passer un très agréable moment. D’ailleurs, on devrait s’auto prescrire ce genre de livre de temps en temps, histoire de ne pas toujours se prendre au sérieux…

Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest,

Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,

Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson ;

Je croyais que l’amour jamais ne finirait : j’avais tort

W.H. Auden, extrait de « Funeral Blues » traduction de Thomas Murat

Et pour finir un dernier scoop pour les fans : son prochain roman sortira l’année prochaine en France… et sortez déjà vos mouchoirs, il n’y aura pas de happy end !!

Titre: Mon midi Mon minuit ( Pack up the moon)

Auteur: Anna Mc Partlin

Editeur: Cherche-Midi

Parution: 2017 (2005)

6 réflexions sur “Rencontres: Anna MC PARTLIN

  1. L’essentiel dans la lecture (à mon sens) est de s’évader. Et old ou Young adult, je me suis evadée et j’ai eu envie de lire encore et encore….d’ailleurs j’y retourne!

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