Rencontres: Louis-Philippe DALEMBERT

Ce 30 mars 2017, rendez-vous était donné à la librairie Le Point de Côté, à Suresnes (92) pour une rencontre avec Louis-Philippe DALEMBERT, auteur du coup de cœur littéraire chroniqué récemment, Avant que les ombres s’effacent (éditions Sabine Wespieser).

19H30, et l’écrivain est déjà là, impressionnant de grandeur au milieu de la librairie, arborant sa sympathie et son humour en toute simplicité. Ces rencontres sont toujours des moments privilégiés, surtout lorsque les auteurs sont d’un abord aisé et aussi ouverts à la discussion.

Né en Haïti où il a passé les 23 premières années de sa vie, l’homme semble avoir vécu partout, il évoque tour à tour la France, l’Italie, Jérusalem… Écrivain, poète, essayiste, il s’amuse à nous avouer que, trop timide avec les filles, ce sont elles qui l’ont incité à écrire. Il publiera son premier recueil de poèmes à 19 ans. La poésie et les poètes engagés ont joué un grand rôle dans l’éducation de l’homme, qui a grandi auprès d’une mère institutrice sous la dictature de François Duvalier.

Louis-Philippe Dalembert, dont un nouveau recueil de poésies sortait fin mars, confesse écrire ses vers dans les moments d’urgence. Ainsi, bouleversé par la condamnation de Cedric Herrou, l’agriculteur ayant aidé des migrants, ce dernier lui a inspiré un poème car « on ne met pas assez en avant la main tendue ». « Ces moments forts réconcilient avec l’humain dans un univers d’informations négatives ».

Avant que s’effacent les ombres est son huitième roman, et le premier aux éditions Sabine Wespieser. Si le roman apparaît à première vue comme une grande saga historique, l’écrivain nous dit l’avoir conçu comme un roman d’aventure. Bien sûr, planter son décor dans l’Histoire aura nécessité d’intenses recherches, dont 95% ne serviront finalement à rien. Car selon LP Dalembert, il faut éviter 2 écueils:

  1. ne pas se prendre pour un historien
  2. ne pas trop alourdir le récit

Et l’auteur y réussit de façon magistrale, en évitant le pathos et en offrant une forme de légèreté à l’histoire (que j’appellerai de la pudeur) avec l’autodérision qui est intrinsèque au roman. Il se devait d' »éviter la lourdeur et ne pas se prendre pour un romancier ».

Si le contexte historique semble toucher tous les lecteurs, c’est le rôle de Haïti dans la seconde guerre mondiale qui fascine. Pour rappel (et je vous invite ici à relire mon billet sur le roman) un Décret-Loi de 1939 offrait aux Juifs qui souhaitaient fuir l’Europe la nationalité haïtienne, sans condition. Ce fait historique incroyable ne fait pourtant pas partie, aujourd’hui, du roman national et n’est pas non plus enseigné dans les manuels d’histoire des enfants haïtiens. Un millier de Juifs environ a bénéficié de cette mesure. Beaucoup d’entre eux sont partis plus tard pour les Etats-Unis ou le Canada, mais peu ont témoigné de ce parcours – comme la plupart des survivants de la Shoah il est vrai.

Tous les lecteurs du roman rencontrés ont été subjugués par le périple du Docteur Ruben Schwarzberg, mais aussi par l’écriture qui porte le récit, tour à tour grave, drôle et poétique. L’écrivain avoue « faire violence à la langue pour casser la tournure classique », et cela est parfaitement ressenti dans le récit, qui tangue entre gravité et facétie.

Si ce n’est déjà fait, je vous invite à lire ce roman qui est, sans réserve, un des plus beaux que j’ai pu lire ces derniers mois.

Et j’adresse une nouvelle fois toute ma sympathie à l’écrivain, qui m’a déjà fait l’honneur de passer faire un petit tour sur le blog pour y lire la chronique dédiée à son roman…

 

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2 réflexions sur “Rencontres: Louis-Philippe DALEMBERT

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