Je m’appelle Lucy Barton

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New-York, milieu des années 80.

Lucy Barton, une jeune femme mariée et mère de deux petites filles, se retrouve hospitalisée plusieurs semaines suite à des complications opératoires. Après quelques semaines passées dans la solitude de sa chambre d’hôpital, à regarder depuis sa fenêtre le Chrysler Building et l’effervescence des rues new-yorkaises, Lucy reçoit la visite de sa mère, qu’elle n’avait pas vue depuis plusieurs années. Avec ces retrouvailles inattendues, au cours desquelles mère et fille échangent sur la famille et sur la petite ville du Midwest dont elle est originaire, c’est pour Lucy l’occasion d’un retour douloureux sur ses origines et sur son apprentissage de la vie.

Entre les soins des infirmières et le passage quotidien du médecin, ce sont cinq jours de dialogue émouvant, empli de non-dits, de regrets, de gestes et de silences qui vont profondément marquer Lucy et encourager sa vocation d’écrivain.

A travers des fragments de souvenirs et la conversation des deux femmes, on remonte vers l’enfance misérable de Lucy et de ses frère et soeur. Des parias, rejetés de tous. Une enfance vécue dans le dénuement extrême, qui n’est avec le recul pas tant lié au manque d’argent qu’au manque de culture, qui continuera à stigmatiser Lucy de longues années après avoir quitté sa famille.

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Aujourd’hui, alors que ma vie a changé du tout au tout, il m’arrive de repenser à mes jeunes années et je me dis : ça n’était pas si terrible. Peut-être bien. Mais il m’arrive aussi, aux moments où je ne m’y attends pas, quand je marche dans une rue au soleil, ou quand je regard la cime d’un arbre ployer sous le vent, ou quand je vois le ciel de novembre peser sur l’East River, de me sentir d’une noirceur si profonde, si perceptible, qu’un cri menace de franchir mes lèvres et que j’entre dans le premier magasin venu pour discuter avec une inconnue de la coupe des nouveaux pulls

Lucy, au fond d’elle, face à sa mère, redevient la petite fille qui attend vainement qu’on lui dise qu’on l’aime.

Il en explore des thèmes, ce roman!

L’amour maternel, bien sûr, et les traumatismes de l’enfance qui laissent leur empreinte indélébile. Grâce au refuge qu’était l’école, Lucy a réussi à s’extraire de sa condition, contrairement à son frère et à sa soeur. Elle a pu quitter l’Illinois, étudier, rencontrer d’autres personnes qui vont l’élever culturellement, socialement et l’éloigner de sa famille.

Ce thème de l’apprentissage est cher aux américains, et c’est un genre que j’affectionne particulièrement. Il m’a rappelée ici (à tort ou à raison, car ce sont des impressions liées à des souvenirs de lecture uniquement) des écrivaines comme Meg Wolitzer ou Joanna Smith Rakoff.

Hélas, la narration m’évoque plus un exercice laborieux qu’un roman, dans le style  atelier littéraire où l’auteur se cherche encore, et tout cela souffre à mes yeux d’un manque flagrant de naturel. Pour autant, la lecture, assez rapide, n’a pas été désagréable, mais ne me laissera pas un souvenir prégnant.

Titre: Je m’appelle Lucy Barton (My name is Lucy Barton)

Auteur: Elizabeth Strout

Editeur: Fayard

Parution: 2017

17 réflexions sur “Je m’appelle Lucy Barton

  1. Je l’ai vu beaucoup sur les médias anglophones, j’ignorais tout de l’histoire. Il me fait (un peu) au roman Le château de verre de Jeannette Walls (qui a été adapté au cinéma) et qui raconte l’histoire vraie d’une petite fille élevée dans une extrême pauvreté (des parents fantasques, à la limite de la maladie mentale) et qui a réussi aussi à s’en sortir. Marie-Claude et moi avons adoré ce roman.

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    1. si tu veux je te le prête, tu pourras te faire une idée. Là les parents ne sont pas fantasques, juste des ouvriers d’une extrême pauvreté, et elle, Lucy, arrive à s’extraire de sa condition. Mais il ne s’agit pas que de cela, il y a son récit tout autour, sur sa vie de jeune femme, sa rencontre avec des personnes marquantes, son divorce. Je n’ai pas aimé le style, je trouve parfois les idées non abouties, tu sais comme une blague que tu commences à raconter, mais la fin tu l’as oubliée, alors ça retombe comme un soufflet. Bref, pas déplaisant à lire, mais pas un éblouissement non plus. Je me note le Jeannette Walls 😉

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      1. Ton exemple est parlant ! Effectivement, ma dernière lecture n’a pas non plus été trop plaisante côté style et je suis de plus en plus difficile. Je n’ai pas trop le temps de le lire ces temps-ci. Mais je pense que tu peux trouver quelqu’un d’autre ! Merci 😊

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  2. Mon avis est plus que mitigé: cette lecture a pratiquement été une plaie! et j’ai très rarement un avis aussi tranché. j’espérais beaucoup de ce tête-tête mère-fille, quelque chose d’intimiste, d’émouvant. En plus, le fait que ça se situe dans les années 80 lui donnait un intérêt supplémentaire à mes yeux. Mais je suis passée vraiment à côté. Au pire, j’espérais un super gros rebondissement qui allait pallier à cette épouvantable lenteur mais il n’est jamais venu. Je pense que ce qui m’a le plus exaspérée, ce sont ces interruptions faites par la maman avec toutes ces histoires de voisins, d’anciens amis.. Rien pigé, heureusement qu’il était court 😀

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