Nuits d’été à Brooklyn

IMG_5355

Brooklyn, août 1991. Le quartier de Crown Heights s’embrase: la mort accidentelle d’un enfant noir, fauché par un chauffard juif met l’équilibre précaire des deux communautés à feu et à sang, terrassant le quartier d’émeutes antisémites. 

Esther a 24 ans. Jeune journaliste fraîchement diplômée, elle est arrivée quelques semaines plus tôt pour un stage à New York.

Esther est juive, et elle va tomber amoureuse de Frederick, un professeur de littérature spécialiste de Gustave Flaubert. Frederick est noir, il a 41 ans, et il est marié.

Leur histoire sera brève, mais elle portera à jamais la trace de ces évènements dramatiques, qui seront nourris, à une échelle qui les dépasse, de leurs racines juives et noires.

C’est ce qui nous lie, Juifs et Noirs, honey. La même peur. Celle de mourir en raison de ce que nous sommes (…)

Ce n’est pourtant pas dans une histoire d’amour, comme on pourrait le croire, que Colombe Schneck nous emmène avec son nouveau roman. 

Mike-Perry-Mural

crédit photo @Design*Sponge

Car si « Nuits d’été à Brooklyn » évoque  au premier abord une comédie légère et romantique de Woody Allen, c’est à une enquête journalistique que se livre la narratrice, double de l’auteure, en revenant sur les évènements sociaux, et à une autre échelle plus personnels, de ce dramatique été.

Cette enquête, faite par la jeune femme d’hier et complétée par son retour, vingt-cinq ans plus tard, à New York, offre à Esther la possibilité d’une réflexion émouvante sur son histoire juive, où ici « à New York, le yiddish est une langue commune » et sur la douleur de sa propre histoire familiale.

On retrouve ici le phrasé particulier de Colombe Schneck, cette urgence de dire les choses, comme elle le dit de son personnage « elle parle trop vite de peur que ce qu’elle veut dire lui échappe, et aussi d’imposer à son interlocuteur des secondes supplémentaires qu’il pourrait mieux utiliser ailleurs » – tout en mettant un point d’honneur à être rigoureuse et appliquée, dans le code journalistique.

La chronologie du livre, toutefois, m’a énormément déroutée, et j’ai peiné à relier les évènements au gré des allers et retours de l’auteure dans la construction du récit, que j’aurais plus apprécié dans une cohérence linéaire.

Titre: Nuits d’été à Brooklyn

Auteur: Colombe Schneck

Editeur: Stock

Parution: février 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s