Nos espérances

23F1DFCE-807E-4AC8-A9D5-C065008B5559

Femmes, je vous aime

En clôture de son nouveau roman, Anna Hope remercie les « femmes magnifiques qui ont façonné (sa) vie, les guetteuses d’horizon, les danseuses acharnées, les convertisseuses de camionnettes, les nageuses d’eau douce, les soignantes, celles qui connaissent les méthodes ancestrales » : celles qui sont pour elle une inépuisable source d’inspiration, comme le confirme son troisième roman.

Hannah, Lissa, Cate – d’abord, l’amitié entre Cate et Hannah, sur les bancs du collège: compétition, émulation, admiration. Puis, la rencontre entre Hannah et Lissa dans l’amphi de l’université de Manchester: observation, rapprochement, fusion. Enfin, la présentation de Lissa à Cate, et la naissance d’une amitié profonde et généreuse entre les trois jeunes femmes.

Une amitié nourrie de la richesse de leurs vies de filles pas encore trentenaires, réunies sous le toit d’une vieille maison de London Fields  au début des années 2000. Des vies remplies de tous les possibles qui sont encore à venir, de tous les espoirs qu’elles ont encore.

2010 – elles ont 35 ans, et l’heure est aux premiers bilans. Qu’ont-elles fait de leurs rêves?

Hannah a un parcours professionnel admirable, mais elle essaie désespérément d’avoir un enfant avec Nathan. Lissa est comédienne et attend depuis des années le rôle qui fera enfin décoller sa carrière vivotant de petits boulots précaires. Cate, engluée depuis des années dans une dépression, vient d’emménager à Canterbury avec son mari et leur bébé.

Dans ce moment crucial où leurs fragilités sont mises à nu et où l’admiration, à chaque instant, menace de céder sa place à l’envie et à la trahison, Anna Hope tisse et détisse avec habileté les liens de l’amitié.

On sent combien Anna Hope a été façonnée, pétrie de ses propres amitiés, pour savoir les explorer avec autant de profondeur, de justesse. A travers Hannah, Lissa et Cate, elle nous parle de nous toutes, femmes, à travers tout ce qui nous construit dans notre rapport à l’autre et aux autres femmes: le lien familial et social, la relation mère-fille, la maternité, l’ambition intellectuelle, la culture, le féminisme, l’estime de soi. Et nos rêves.

Plus encore que parler à nos esprits, Anna Hope s’adresse à notre chair.

D’une écriture organique, elle traduit avec puissance et sobriété les gestes et les pensées de ses trois héroïnes – une main qui s’attarde sur des yeux pour les fermer, la fulgurance viscérale d’une vision, la vie qui s’échappe.

Elle met la capuche de sa robe de chambre, se roule une cigarette, l’allume à la table, tire deux baffes et la repose d’un air dégoûté.

Elle a envie qu’on la touche. A quand remonte la dernière fois qu’on l’a touchée? A quand remonte la dernière fois qu’elle a fait l’amour? Elle n’a même pas envie de faire l’amour. Elle a juste envie qu’on la touche. Elle risque de se faner si on ne la touche pas très vite. Elle n’est pas douée pour être célibataire. (…)

En invitant ici des héroïnes contemporaines, après avoir eu une approche historique dans ses deux précédents romans, Anna Hope confirme son talent à comprendre les femmes et l’amour profond qu’elle leur porte. Qu’elle nous porte.

Traduction d’Elodie Leplat.

Titre: Nos espérances (Expectation)

Auteur: Anna Hope

Editeur: Gallimard

Parution: 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s