Jackie et Lee

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« Les chuchoteuses »… c’est ainsi que les surnommait Randolph Churchill.

Deux soeurs complices « toujours collées l’une contre l’autre avec un sourire de connivence ».

Elles pouffaient de rire entre une bouffée de cigarette et une gorgée d’eau glacée – leur recette pour ne pas grossir.

Complices, les soeurs Bouvier. Et terriblement rivales.

C’est avec tout le piquant et la vivacité qu’on lui connaît que Stéphanie des Horts nous offre une biographie sulfureuse des iconiques Jackie et Lee.

Deux filles de bonne famille élevées dans un but unique : « Marry Money! ». 

En bonne éclaireuse, leur mère avait exploré le sujet, et il était hors de question que ses filles épousent un type comme leur loser de père, ce Black Jack coureur de jupons ruiné dont elle a dû se débarrasser avant d’épouser ce soporifique mais si riche Auchincloss.

Jackie, l’aînée, est une abominable compétitrice: première partout dès son plus jeune âge, y compris dans le coeur de Black Jack, elle va décrocher le graal en devenant Première dame – Lee, toujours dans l’ombre, toujours seconde, sera princesse… et dame de compagnie de Jackie.

L’aînée est grande, charpentée, ses mains sont immenses tout comme ses pieds. La seconde est une liane, longue et fine, elle a des yeux de biche bien plus jolis que les deux billes écartées de sa soeur – mais c’est Jackie, toujours, qui attire les regards et la lumière.

Et pourtant… « elles sont identiques et contraires, complémentaires et indissociables »

 

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Jackie, cruelle, sans scrupule, merveilleuse comédienne à l’ambition dévorante, qui joue son rôle à la perfection – même trompée et humiliée devant le monde entier par son président de mari. 

Lee, si vive, qui cherche le rôle de sa vie : la mode, la décoration, la comédie? – et toujours détrônée par Jackie.

Mais j’ai réussi mille choses, pourquoi ses victoires sont-elles toujours plus spectaculaires que les miennes? 

L’amour ne fait pas exception: l’une couche avec le mari de l’autre, qui lance une OPA sur l’amant de sa cadette et l’épousera sans qu’elle ait le temps de voir venir la chose…

Pourtant, elles ne peuvent jamais se détester longtemps.

Les soeurs Bouvier, au plus profond de leurs dissensions, ne désirent qu’une chose, se retrouver, se prendre par le cou, le bras, la taille

Stéphanie des Horts croque le gotha  dans ses travers les plus exquis – il faut la lire raconter ces mariages, ces fêtes, cet argent qu’on jette par les fenêtres (même quand on n’en a pas), ces artistes qui frayent chez les milliardaires, à l’instar de cet intrigant de Truman Capote qui « sursaute en avalant son petit rire, ce qui provoque des espèces de « squeeze » agrémentés d’un hoquet, on dirait un poussin qui s’étouffe avec une cacahuète », ces amants qu’on prend et qu’on abandonne – quand ils ne vous quittent pas.

Comme dans Les soeurs Livanos, on se délecte des ces pages qui s’enchaînent au rythme effréné de ces vies incomparables, avec un plaisir (même pas coupable) semblable à feuilleter des vieux « Point de vue » qu’on aurait trouvé dans la malle du grenier.

Bâtisseuses de légendes, Jackie et Lee ont vécu des histoires à leur hauteur d’icônes, incomparables.

Titre: Jackie et Lee

Auteur: Stéphanie des Morts

Editeur: Albin Michel

Parution: 26 février 2020

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