Tant qu’il y aura des cèdres

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Comment se construire sur le traumatisme de l’abandon? 

Chaque jour, depuis que son père est parti, Samir s’interroge, et espère le retour de celui qui les a laissés, lui, sa mère et sa jeune soeur.

Il a suffi d’une diapositive, projetée par erreur sur l’écran du salon, pour qu’un soir Brahim disparaisse. 

Samir a huit ans, son père est son héros, un homme charismatique qui s’attire les sympathies du quartier. Un père aimant et attentif qui, le soir venu, lui raconte les aventures extraordinaires du fabuleux Abou Youssef au pays des cèdres. 

Ses parents ont fui le Liban pour l’Allemagne, dix ans plus tôt, alors que la guerre entretuait les communautés installées dans un équilibre fragile. 

Dans leur fuite, ils ont emmené Hakim, le meilleur ami de Brahim, et sa petite fille Yasmin – Hakim le musulman et Brahim le chrétien sont la preuve tangible que les différences religieuses ne sont pas un obstacle à l’amitié, qui de la même façon liera Yasmin à Samir.

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Beyrouth

Mais dans l’absence du père, malgré la présence du fidèle Hakim qui veille sur lui, Samir trouve difficilement sa place parmi les jeunes gens de son âge. 

Devenu jeune adulte, il n’a qu’une obsession, celle qui le suit depuis l’âge de huit ans: retrouver son père.

Englué dans un mal-être qui s’accentue au fil des années, persuadé depuis toujours qu’il est reparti au Liban, celle qu’il veut épouser pousse Samir à entreprendre un voyage en terre originelle, afin qu’il trouve des réponses aux questions qu’il se pose pour enfin pouvoir se libérer de cette emprise obsessionnelle.

De cette quête se construit un récit initiatique, alternant le présent et le passé, habité pas le charme oriental des contes qui ont bercé l’enfance de Samir, et l’invitant sans le savoir, des années plus tard, à un habile jeu de piste.

Pierre Jarawan, jeune auteur allemand d’origine Libanaise, signe avec ce premier roman une ample oeuvre romanesque d’une maîtrise bluffante, tirant les ficelles de son récit les unes après les autres, nous emmenant là où on ne s’attend pas, entretenant le doute jusqu’aux dernières pages et parsemant son récit de personnages à la présence forte.

En entremêlant l’histoire du Liban à celle de sa famille, inextricablement liées, il nous plonge dans la violence d’une guerre dont les ruines nous étaient devenue familières par l’entremise de nos écrans de télévision – mais qu’y comprenions-nous? Beyrouth nous paraissait si loin. Et sa violence si improbable. 

A travers ce récit très documenté, Pierre Jarawan revient, sans que cela soit pesant, sur la genèse de cette guerre civile, et sur les enjeux du Moyen-Orient qui aujourd’hui encore bouleversent la région. Et nous offre une aventure humaine bouleversante.

 

Titre: Tant qu’il y aura des cèdres (Am Ende bleiben die Zedern)

Auteur: Pierre Jarawan

Editeur: Editions Héloïse d’Ormesson

Parution: Février 2020

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