Où vivaient les gens heureux

Où vivaient les gens heureux, Joyce Maynard

« Où vivaient les gens heureux », pas encore sorti, était déjà annoncé comme « le grand roman », « le chef-d’oeuvre » de Joyce Maynard.

Après ma lecture, je me suis demandé à quoi tenait cette notion de « grand roman »: à la frise temporelle sur laquelle se déploie l’histoire? Ou au nombre de pages du livre (542, sans les remerciements).

Sur plus de quarante ans, nous suivons Eleanor, fille unique de parents avocats, mondains et plutôt dysfonctionnels, qui semblent toujours s’interroger sur la présence de leur fille dans leur vie. Lorsqu’ils meurent accidentellement, Eleanor a 16 ans, et se retrouve complètement seule, et inévitablement très vulnérable, ce qui lui vaudra une expérience terrible et profondément marquante. 

Alors Eleanor n’a qu’une idée en tête: trouver l’endroit où elle sera heureuse et où « Tout ce qui lui manquait deviendrait accessible ».

Elle achète une ferme dans le New Hampshire, rencontre Cam dont elle tombe amoureuse, et dans cette ferme, loin du monde, leur bonheur se construit. Trois enfants plus tard, Eleanor est épuisée, et Cam, lui, jouit de la vie comme il sait le faire, insouciant, détaché des contingences matérielles, même quand le couple n’a plus un dollar pour payer les factures. Leur couple se délite petit à petit jusqu’à ce qu’un bouleversement majeur survienne dans leurs vies, auquel leur mariage ne survivra pas. 

Quelques années plus tard, Eleanor est une femme à qui tout a échappé: ses enfants, son mari, sa si jolie ferme. Son bonheur. 

Ce roman parle des sacrifices auxquels une femme pense devoir consentir pour protéger ses enfants. Mais serions-nous prêt(e)s nous-mêmes aux renoncements qu’Eleanor va s’imposer?

Joyce Maynard est une écrivaine à laquelle je me suis sincèrement attachée ces dernières années, et connaissant son histoire personnelle, il m’a été facile de retrouver la part d’elle-même dont elle a investie Eleanor. Lisez « Un jour, tu raconteras cette histoire », qui est à mon sens LE grand livre de Joyce Maynard, et vous comprendrez davantage.

Alors devoir dire que son nouveau roman est une déception m’attriste.

Je me suis beaucoup ennuyée sur la première moitié du roman, trouvant ces chapitres sans chute, où elle décrit le temps du bonheur, beaucoup trop longs.

Je me suis agacée de voir Eleanor se sacrifier en tant que mère pour protéger un mari si égoïste, tout en sachant qu’elle perdait l’amour de ses enfants.

Et, pire, les redondances du roman m’ont paru un peu trop nombreuses pour une écrivaine de cette qualité.

Le roman, qui traverse plus de quarante années de vie, a un petit côté catalogue des grands évènements qui ont marqué cette période, parfois agaçant car donnant l’impression qu’ils sont là pour combler le récit, mais parfois touchants aussi, lorsqu’ils sont des mythes fondateurs pour les personnages.

Je vous mentirai (par omission) si je taisais les moments touchants, car oui, il y en a bien évidemment – mais ils n’ont pas réussi à faire pencher ma balance émotionnelle, et j’ai ressenti une déception en referment ce roman, comme un rendez-vous manqué…

Traduction: Florence Lévy-Paolini

Titre: Où vivaient les gens heureux (Count the Ways)

Auteur: Joyce Maynard

Editeur: Philippe Ray

Parution: Août 2021

3 réflexions sur “Où vivaient les gens heureux

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