Jamais la même vague

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Histoire en trois temps.

1971 – Alice appartient à la jeunesse dorée de la côte basque. Elle promène ses quatorze ans et sa blondeur en Solex en se rendant de fête en fête. Sa rencontre avec Don, un jeune étudiant américain qui vient surfer l’été, va changer sa vie.

Le premier amour, c’est si exaltant, surtout lorsqu’il a l’exotisme de Don avec cette décontraction particulière de surfeur américain qui bientôt se répandrait sur toute la côte, et ce style sur les vagues de Guéthary qui va faire sa réputation. Trois années plus tard, Alice épouse le « King des Alcyons » et part s’installer avec lui aux Etats-Unis… 

De nos jours, Brice Brissac est avocat pénaliste à Paris. Brice défend les salauds, les dossiers délicats. Il vient d’accepter de défendre Francisco Milán, un extrémiste de droite responsable de la mort d’un antifasciste lors d’une bagarre, Cédric (ceci n’a pas été sans m’évoquer l’affaire Clément Méric, qui avait choqué la France il y a sept ans). Emprisonné à la Santé dans l’attente de son procès, Francisco découvre au cours de sa vie carcérale la puissance de la foi de ses codétenus arabes – et contre toute attente, il va troquer ses idées néonazies contre une conversion à l’islam. C’est une cause d’autant plus difficile à défendre que Brice tombe dans un guet-apens et subit un tabassage en règle. Milán est-il encore défendable? 

Le troisième temps, c’est l’histoire d’amour qui s’est tissée entre Alice et Boris, au début d’un nouveau siècle, d’un nouveau départ. Quels renoncements, quelles histoires ont pavé le chemin qui va les amener l’un vers l’autre?

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Et toujours en été

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S’échapper.

C’est sur un escape game que commence le nouveau roman de Julie Wolkenstein, avec l’explication laborieuse d’une partie jouée sur l’ordinateur de son fils, à explorer des scènes pour s’en échapper. A glisser des objets glanés ça et là dans dans un « inventaire » qui plus tard, peut-être, apporteront leur aide pour s’échapper…

A la manière de cet escape game, Julie Wolkenstein va nous amener de pièce en pièce à découvrir sa maison de famille, celle qui a vu les fêtes et les vacances d’été, témoin des générations qui se succèdent, des séparations, et des drames familiaux.

S’échapper, donc. D’une pièce pour en découvrir une autre. Ouvrir des coffres, des armoires. Mettre dans l’inventaire un déguisement. Un magazine. Monter des escaliers, passer des paliers en essayant de se créer une géographie mentale de l’espace et des émotions.

S’échapper, fuir. Oui. Une urgence. S’échapper non pas de la maison, mais du livre. 

S’échapper d’une histoire où je me sens totalement étrangère, où je ne ressens rien, sinon le malaise de ne pas être à ma place, d’être tenue à distance par le « vous » de la narratrice qui enjoint sans cesse à explorer avec elle ses souvenirs dans la posture rigide d’une gardienne de musée:

Vous pouvez maintenant vous approcher des portes vitrées et tenter de voir à travers leurs carreaux poussiéreux quelles pièces elles desservent. Celle qui donne sur la partie sud est malheureusement obstruée, de l’intérieur, par une paire de rideaux en toile rayée verte et blanche, hermétiquement joints. En face, côté nord, pas de rideaux, mais la pièce est plongée dans l’obscurité. Tous les volets sont clos. C’est le salon, pas de doute, même si vous n’en distinguez pas nettement les meubles 

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Le service des manuscrits

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Souvent, les raisons qui nous poussent à lire un livre n’ont rien à voir avec des critiques dithyrambiques, une communication joliment orchestrée, ou tout simplement une belle couverture. Il arrive qu’un titre fasse « tilt » parce qu’il vous chuchote quelque chose à l’oreille – la promesse d’un secret qu’on dévoile? 

Pour moi qui caresse depuis longtemps le fantasme de travailler dans l’édition (voilà, je fais mon coming out) ouvrir « Le service des manuscrits », c’était comme pénétrer dans les coulisses de ces vénérables maisons pour découvrir tout ce qui nourrit mon imaginaire: comment naît un livre, comment travaille l’éditeur, quels sont les enjeux d’une sortie… je m’égare évidemment, car le but d’Antoine Laurain n’était certainement pas de nous offrir le guide pratique de la reconversion professionnelle dans l’édition!! Et d’ailleurs, j’ai dans un premier temps très vite oublié les raisons qui m’avaient plongée dans ce livre, alors que je tombais dès la première page dans une faille spatio temporelle, où l’héroïne du roman se découvre entourée de Proust, Perec, Houellebecq, Woolf et Modiano en sortant du coma…

L’héroïne du roman, c’est Violaine Lepage – éditrice et directrice du Service des Manuscrits d’une maison d’édition renommée, elle est confrontée au dossier le plus délicat de sa vie d’éditrice: qui est l’auteur de « Les fleurs de sucre », un texte époustouflant qui a atterri au service des manuscrits par la poste, et qui s’annonce comme l’un des plus grands succès littéraires de la maison?

Alors qu’il est en route vers le Goncourt, non seulement personne n’a jamais rencontré son mystérieux auteur, mais en plus, les meurtres décrits dans le roman se révèlent curieusement prophétiques. 

Violaine Lepage est bien ennuyée. A peine remise du traumatisme de l’accident qui l’avait plongée dans le coma, la voici bientôt prise en étau entre la police qui enquête et les séquelles post-traumatiques de sa mémoire. Cache-t-elle des secrets? Ou veut-on lui en cacher?

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Les Inconsolés

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Le roman s’ouvre sur une nuit de pleine lune, au bord d’un lac, dans le mystère opalescent des contes, où les ombres tapies attendent dans l’éternité de l’amour. 

Depuis qu’elle est enfant, Lise est subjuguée par les histoires d’amour et les contes. 

Tient-elle ce goût des légendes de celles que sa grand-mère paternelle, lui racontait dans la langue de son pays lointain? 

Fuit-elle dans le merveilleux des contes les histoires que sa mère, perverse marâtre et affabulatrice, lui rabâche pour la faire douter de ses origines et éprouver son attachement ? 

A quelques pas du pavillon familial, les ruines du château d’Etambel, où seule subsiste la Chambre des Larmes de la noble Agnès d’Etambel, cristallisent tous ses rêves de petite fille.

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Rivage de la colère

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« Il faut faire confiance à la colère », nous dit-elle, tandis que nous sommes pendues à ses lèvres ce soir de décembre où elle nous parle de son nouveau roman. Cette colère, Caroline Laurent l’a laissée monter d’aussi loin qu’elle était enfouie, puisée dans la profondeur de ses racines mauriciennes, pour exploser à travers les pages.

Les îles Chagos, perdues dans l’Océan indien, ressemblent à quelques grains de sables jetés sur une carte. Elles seraient insignifiantes si leur emplacement n’était pas stratégique pour tenir à portée de missiles américains quelques pays sous surveillance: dans le plus grand secret, Washington a négocié avec Londres, pour aboutir en 1966 à un traité qui mettrait l’île de Diego Garcia à disposition des Etats-Unis pour cinquante ans…

Tandis que l’île Maurice cheminait vers l’indépendance qui sonnerait le glas de la domination britannique en 1968, l’archipel des Chagos, en échange d’une compensation financière pour l’île Maurice, était détaché du futur gouvernement indépendant. 

Quelques années plus tard commence alors sans prévenir la traumatisante expulsion des Chagossiens vers Maurice.

Marie-Pierre Ladouceur n’a connu que la simplicité de Diego Garcia, paradis blanc isolé au milieu du lagon. Des journées remplies de labeur à couper, faire sécher, écaler les cocos, une vie frugale où l’on se contente du peu que l’île donne, et où l’arrivée du bateau qui amène les denrées introuvables ici est un jour de fête pour tous les îliens. 

Le jour où le Sir Jules débarque, en plus des habituelles victuailles, un jeune et beau Mauricien venu seconder l’administrateur colonial, l’existence de Marie-Pierre est bouleversée – celle de Gabriel, ce nouvel arrivant, ne sera plus jamais la même non plus. Le jeune homme blanc et la jeune fille noire enchevêtrent inextricablement leurs vies, malgré les trahisons, les injustices et le déracinement de Diego Garcia qui seront autant d’obstacles à la possibilité du bonheur. 

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Il fait bleu sous les tombes

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C’est une sacrée prise de risque que de se lancer à faire parler les morts, surtout lorsqu’ils sont coincés six pieds sous terre à attendre qu’un signe, l’ange de la mort ou n’importe quelle autre manifestation divine, abrège enfin leur insomnie funèbre pour les mener au repos éternel. 

Depuis que le monde est monde et que l’homme a assimilé l’idée de la mort, il est hanté par l’idée de faire revenir les siens des Enfers – esprits, fantômes, spectres, ou revenants. Ou de les empêcher d’y aller.

Comment rester crédible dans cet exercice, donner des limites à l’esprit qui cogite tandis que l’enveloppe charnelle se décompose, confiné à l’espace du cercueil mais réceptif à ce qui se meut autour de sa tombe, le grincement de la grille du cimetière, les piétinements agiles de la petite soeur sur le gravier, le pépiement des oiseaux, la voix du père, les fleurs qu’on arrange dans un vase, les pleurs de la petite amie?

C’est avec une grande délicatesse que Caroline Valentiny a relevé haut la main ce défi, en signant un premier roman tout en justesse et en émotion.

Alexis se tournait et se retournait dans un lieu sans coeur, dans un monde sans autres. Il restait le corps en peau, les vêtements cousus sur les lambeaux de chair. Le temps se suspendait, l’espace se perdait dans le temps suspendu. La mort était cette hémorragie blanche qui le faisait douter de tout, de l’odeur des fleurs, de la couleur de la neige, du néant permanent qui s’était mis à recouvrir le souvenir des arbres, des routes et des semaines, de sa propre réalité, du fil de sa mémoire. Il voulait que le bleu l’emporte, mais le bleu se traînait.

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Miss Islande

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Elle porte le prénom d’un volcan, l’Hekla – et c’est sur ses flancs fertiles, un jour d’éruption, qu’elle s’est emplie des mots qui désormais nourriraient sa vie et feraient d’elle un écrivain.

Hekla quitte la ferme familiale avec son sac et sa machine à écrire, et prend le car pour Reykjavík où elle trouvera peut-être plus d’espace pour donner libre cours à ses aspirations littéraires.

Mais ici, en Islande, en 1963, les femmes n’écrivent pas – encore.

La société préfère les cantonner à leur seule place honorifique valable: au sein d’un foyer. Et aux plus belles, on offre le podium de Miss Islande – Hekla, elle, n’en a que faire.

Ici, seuls les hommes sont des poètes.

Alors Hekla tait sa marginalité et se cache pour écrire. 

 J’attrape la machine à écrire sous le lit, j’ouvre la porte de la cuisine, je pose la machine sur la table et je place une feuille sur le cylindre.

C’est moi qui ai la baguette de chef d’orchestre.

J’ai le pouvoir d’allumer une étoile sur le noir de la voûte céleste.

Et celui de l’éteindre.

Le monde est mon invention

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Mon désir le plus ardent

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On n’a pas voulu promettre de s’aimer jusqu’à ce que la mort nous sépare parce qu’on trouvait ça trop stupide, ne sachant ce que l’avenir nous réservait.

Trop ridicule, aussi, de promettre de s’aimer toute la vie…

Alors le jour de leur mariage, Dalt a préféré éluder l’échange de voeux  traditionnel avec un « C’est mon désir le plus ardent ». 

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Trois jours à Berlin

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Cafouillage à Berlin-Est.

Le soir du 9 novembre 1989, après deux jours de réunion du Comité Central, le porte-parole du parti Günther Schabowski annonce en direct à la télévision et dans la confusion la plus totale l’ouverture immédiate du mur…

Aussitôt, les Berlinois stupéfaits se rendent aux postes-frontières où les soldats essaient de résister, sans consigne et abandonnés par leur hiérarchie, à l’offensive pacifiste.

Une journée qui va bouleverser les vies de millions de personnes, à commencer par celles d’Anna, Micha, Lorenz Amsen, Uwe Karsten, du lieutenant-colonel Becker, ou du colonel Brock.

Roman choral, Trois jours à Berlin donne le point de vue de différents protagonistes à travers leur expérience berlinoise: Anna est française et espère revoir Micha qui vit à Berlin Est. 

Mon petit papa, je pense à toi en marchant dans les rues froides de Berlin parmi tous ces gens emplis de larmes et de rires, parce que, ce soir, c’est l’imminence d’un grand bonheur.

Micha est fils d’un membre éminent du parti, qui n’échappe pas à la surveillance de la Stasi depuis qu’il a essayé de fuir, des années plus tôt. 

En arrivant à l’Ouest, la lumière, des guirlandes de lumière, m’ont saisi. Tout se noie dans une intense luminosité. Et que de couleurs vives! J’ai l’impression d’être passé d’un film en noir et blanc à une pellicule en couleur.

S’échapper de Berlin Est, Lorenz a pu le faire avec sa mère, bénéficiant de mesures spéciales – acheté avec sa mère comme du bétail par l’Ouest à l’Est. Il n’a jamais revu son père resté à l’Est.

Il n’y a plus d’ennemis, seulement des frères. Le peuple allemand se retrouve à cet instant précis. L’accueil se passe de mots.

Que faire face au chaos de l’échec qui se profile pour ceux qui ont toujours été assignés à assurer l’étanchéité des frontières, lâchés par le comité central?

Les barrières s’ouvrent, on tamponne les passeports, et soudain l’Est se déverse vers l’Ouest, nous faisant revivre les heures où soudain tout est devenu possible.

Je filme l’incrédulité de ceux qui découvrent cette partie inconnue de leur ville. Je filme les embrassades entre anciens « ennemis ». Des scènes de joie à l’état pur. La RDA promettait l’égalité, ils voulaient la liberté, ils trouvent la fraternité.

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La vie en chantier

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La vie, au jour le jour.

La vie sans Marnie, la vie avec Midge.

La fin d’une vie, le début d’une autre.

De l’une à l’autre, il y a Taz, veuf et père. Un tout jeune homme, dans une vie en construction, une vie en chantier pour accueillir les plus belles promesses d’une vie stable, ancrée dans une petite ville du Montana – une maison à rénover, un bébé à venir.

Parfois, la vie fait des promesses et les rompt sans prévenir et Taz doit à la fois faire le deuil soudain de sa femme et ses premiers pas dans la paternité. Dans une maison en chantier qu’il n’a plus le coeur d’achever, tandis qu’il y ramène de la maternité son bébé sans mère.

Les jours se succèdent dans la nouvelle vie de Taz. Il y a Lauren, sa belle-mère qu’il connaissait à peine et qui cherche doucement ses marques sans s’imposer. Il y a Rudy, l’ami de toujours, un peu ours, qui veille depuis le porche de son ami. Il y a Marko, le patron de Taz, qui veille à lui confier de nouveaux chantiers. Et il y a Midge, ce tout petit bébé, que Taz ne veut plus quitter.

Et puis, un jour, il y a Elmo, la baby sitter que Rudy impose à Taz parce qu’il faut bien lâcher Midge pour reprendre le travail et payer les dettes avant qu’on lui reprenne sa maison, Elmo un ersatz maternel pour Midge et peut-être, la possibilité d’un retour vers la vie.

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