
D’elle j’ai longtemps porté un bijou, une médaille ronde et lisse à l’or élégant, glissée sur une longue chaîne – toute sa délicatesse était dans la cohabitation de sa sobriété et des quelques mots gravés dessus, empruntés à Saint-Exupéry « l’essentiel est invisible pour les yeux ».
Des bijoux, Delphine Arbo Pariente est passée aux livres. Les mots, elle ne les emprunte plus aux autres, ce sont les siens qu’elle grave désormais sur les pages – ils ont en commun le travail de l’orfèvre: la précision absolue du bijou longuement travaillé, ciselé, poli, chéri.
Mon histoire était emballée dans du papier journal, parfois quelques lettres s’en échappaient, formant des mots, rarement des phrases, je confondais aimer avec marié, écrire avec crier.
C’est d’abord la beauté des phrases qui happe, une émotion vive, viscérale, qui parcourt l’épiderme. La grâce est dans ces phrases, que l’on ressent le besoin de lire plusieurs fois, dans le frisson que procurent les métaphores, dans le rythme du phrasé qui suspend tout autour de nous. L’écriture de l’écrivaine vient de loin, et c’est certainement pour cette raison qu’elle bouleverse tant.
Et puis il y a l’histoire.
Mona a quarante-six ans, elle vit avec Paul qui depuis douze ans a su apaiser sa vie – quand Vincent y entre, par le biais d’un regard dans lequel l’un et l’autre se reconnaissent.
Leur histoire s’ancre dans leurs blessures intimes qui vont les révéler l’un à l’autre, au-delà de l’amour profond qui naît de cette rencontre.
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