L’heure du bilan: décembre

 

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Décembre aura été un mois un peu difficile, en dents de scie. Mon humeur n’était pas toujours au rendez-vous pour la lecture, bien que la lecture me soit indispensable, et je n’ai peut-être pas savouré ce mois comme j’aurais dû le faire.

Les chiffres:

Heureusement, grâce à la trêve de fin d’année, j’ai pu m’accorder un peu de temps et lire davantage sur les derniers jours de décembre. Au final, sept livres lus (je reste dans ma moyenne). Pas de coup de coeur absolu, mais de belles découvertes et une bonne dose d’émotion aussi.

Deux grandes émotions, donc:

J’ai dévoré en une nuit d’insomnie le dernier Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges (chronique à suivre). J’ai adoré l’écriture incisive de l’auteur, sa mise à nu, l’abandon du filtre pour assumer la crudité sensuelle. Et j’ai été très émue par cette histoire d’amour impossible.

Avec Les passeurs de livres de Daraya, c’est une autre émotion, de l’ordre de la prise de conscience – celle de notre liberté, dont nous avons si peu conscience, de notre impuissance face à un conflit politique qui dépasse tout, et surtout de notre abandon du peuple syrien.

 

Une suite:

ou le plaisir infini de retrouver Stoney Calhoun dans Casco Bay. Nous sommes plusieurs à être devenu(e)s accro à notre nouveau chouchou. Même si pour certains ce deuxième volet est un peu moins haletant que le premier, j’ai eu pour ma part le même plaisir à le côtoyer. Reste un seul épisode pour le découvrir un peu plus, en apprendrons-nous davantage sur lui?

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Un roman historique:

voyage au Moyen-Age et séjour en immersion dans le grand béguinage de Paris avec La nuit des béguines, ou comment en découvrir un peu plus sur cette période historique mystérieuse et méconnue, aux côtés d’une communauté de femmes libres et modernes avant l’heure

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Un roman noir:

j’ai découvert Sandrine Collette dans ce magnifique, Il reste la poussière roman digne de la littérature américaine des grands espaces à la sauce nature writing – il a comblé ma frustration de ne pas lire davantage de littérature américaine ce mois-ci.

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Un roman de la rentrée littéraire de janvier:

La désertion, d’Emmanuelle Lambert, m’a déconcertée, retournée. Je vous en reparle à sa sortie, le 17 janvier.

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Un flop:

et un achat inutile aussi: Je m’appelle Lucy Barton. J’ai trouvé le style lourd, non abouti, dénué de naturel. Pourquoi tant d’engouement outre-Atlantique? Je crois surtout à une promotion abusive de l’éditeur.

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Un abandon:

qui entre malheureusement dans la catégorie rentrée littéraire de janvier. Je vivais à l’étranger quand est sorti La première gorgée de bière – quel bien ce livre m’a fait, me raccrochant au pays qui me manquait, à ces petits instants que Philippe Delerm décrivait si bien en les faisant miens / nôtres / vôtres… Qu’en reste-t-il vingt ans plus tard? Philippe Delerm a renoué avec l’exercice des petits textes courts dans Et vous avez eu beau temps? La perfidie ordinaire des petites phrases. Le temps a passé, et la dernière gorgée de bière est digérée depuis longtemps. Les petites phrases ne sont pas perfides, elles sont ennuyeuses, mesquines et sans intérêt – enfin, pour celles que j’ai lues. Car je n’ai pas pu continuer. Peut-être est-ce un tort, peut-être ai-je loupé le sens profond de ce qui s’y cachait. Tant pis pour moi. Que mon avis ne vous empêche pas pour autant de vous faire votre propre idée – et alors peut-être penserez-vous que c’est moi qui suis ennuyeuse, mesquine et sans intérêt. Ce à quoi je répondrai juste mea culpa!

Unknown

 

Rendez-vous dans quelques jours pour le grand bilan de lectures 2017!

 

L’heure du bilan: novembre

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Au revoir novembre! Quel est le bilan de ce mois?

Les chiffres:

Six romans lus ce mois-ci. J’aime bien cette nouvelle rubrique. Jusqu’au mois dernier, je ne tenais pas les comptes de mes lectures, impossible de faire une moyenne réelle, mais à vue de nez, je pense qu’avec six romans je suis dans une moyenne raisonnable. Une amie me demandait hier « comment fais-tu pour lire autant? » – un livre et demi par semaine, j’ai pourtant l’impression que c’est assez peu au final.

En cliquant sur le titre de chaque roman cité, vous pourrez accéder directement à la chronique

Quatre coups de coeur :

Pas mal! suis-je seulement bon public ou ai-je eu la main heureuse? Je crois tout simplement qu’on apprend à cibler les lectures qui nous vont, comme on apprend à repérer le bon vêtement ou la bonne paire de chaussure!

L’enfant-mouche, que son auteur a eu la gentillesse de me faire parvenir, m’a beaucoup émue. Philippe Pollet-Villard y raconte l’histoire de Marie, une petite fille qui va devoir apprendre à survivre pendant la seconde guerre mondiale, tout en étant confrontée à l’hostilité des hommes. L’histoire est d’autant plus touchante que l’histoire est inspirée de celle de sa propre mère. Une jolie plume, un récit très fourni qu’on n’a aucune envie de lâcher après l’avoir commencé.

Je suis ensuite tombée sous le charme complet de l’écriture des soeurs Berest, Anne et Claire, qui ont choisi de raconter l’histoire de leur grand-mère, Gabriële Buffet Picabia. Non seulement l’histoire de Gabriële et le contexte artistique dans laquelle elle s’inscrit sont passionnants, mais Anne et Claire Berest ont écrit à quatre mains un récit enlevé et érudit, qui mêle généalogie, biographie et histoire de l’art.

Une autre muse m’a bouleversée, il s’agit de Jeanne Hébuterne. Dans son roman écrit sous forme de journal intime, Je suis Jeanne Hébuterne, Olivia Elkaïm se glisse dans la peau de celle qui a passionnément aimé Amadeo Modigliani. De la rencontre jusqu’à la mort prématurée de la jeune femme, c’est un récit empreint de tragédie, dans un style très personnel.

Enfin, ce mois de novembre marquera ma rencontre dans Dérive Sanglante avec Stoney Calhoun, héros de William G. Tapply – voir ci-dessous. Coup de coeur absolu!!

Deux polars:

Une lecture agréable avec Le club des pendus, de Tony Parsons. Il s’agit d’une série dont Max Wolf, flic londonien, est le héros. Une bonne intrigue, que je conseille aux fans de polars anglais, aux fans de Londres, et à tous ceux qui aiment retrouver des héros récurrents attachants.

Justement, on en parle des héros récurrents attachants! Coup de foudre dans le Maine avec Stoney Calhoun et le premier volet d’une série de trois épisodes (n’attendez pas de suite, William G. Tapply hélas est décédé avant de pouvoir en écrire d’autres) Dérive Sanglante.

Une déception:

J’ai clôturé Novembre avec la lecture de L’indolente, le mystère Marthe Bonnard. La muse de trop? Je ne mets absolument pas en cause la qualité du livre de Françoise Cloarec, mais elle n’a pas su me convaincre. Marthe Bonnard n’est pas seulement mystérieuse, elle est antipathique. Toutefois, la biographie de Pierre Bonnard y est finement relatée et analysée.

 

Unknown
Trop de mystère tue le mystère

 

 

 

L’heure du bilan: octobre

Avec L’heure du bilan, j’inaugure en cette fin octobre un nouveau rendez-vous mensuel: un petit retour sur mes lectures du mois, histoire de garder une vue d’ensemble sur les livres qui défilent…

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Les chiffres:

Sept romans lus sur octobre – une belle moyenne grâce à quelques insomnies!

Trois coups de coeur :

 

J’ai d’abord – et enfin! – découvert Sorj Chalandon. Plusieurs lecteurs fidèles, dont Eva, avaient piqué ma curiosité. Avec Le jour d’avant, j’ai pu entrevoir la profonde humanité de l’auteur (également grand journaliste) et je vais poursuivre prochainement l’exploration de son travail avec (fort probablement) Mon traître.

Le Sans Dieu a été une surprise extrêmement belle! Pourtant, j’étais loin d’avoir envie de lire des histoires de pirates – la sortie de Sucre Noir, encensé par la critique en cette rentrée littéraire, m’avait laissée parfaitement indifférente, à cause des pirates justement! Mais je me suis laissée convaincre et suis entrée immédiatement dans l’histoire avec un plaisir déconcertant, histoire servie par une superbe plume qui n’a pas eu peur d’utiliser une langue « historique »qui lui sied à merveille.

Quant à La petite danseuse de quatorze ans, mon enthousiasme est encore très fort. Je reste subjuguée par l’immense travail de documentation, d’analyse et de rédaction que Camille Laurens a réalisé.

Trois voyages aux Etats-Unis:

Avec la rentrée littéraire, je me suis un peu éloignée de mon road trip littéraire américain. Heureusement, j’ai pu insérer quelques lectures américaines…

Avec Nulle part ailleurs sur la terre, je me suis promenée dans le Mississippi, j’y ai rencontré deux êtres bien amochés par la vie – un roman noir comme je les aime.

Dans Paysage Perdu, j’ai découvert des fragments de vie de Joyce Carol Oates, qui éclairent sur la personnalité et le travail de cette immense écrivaine – des réflexions qui m’ont évoqué les non moins grandes Joan Didion et Joyce Maynard

C’est avec Sukkwan Island que je vais clôturer le mois d’Octobre… une claque violente, un roman d’un noir profond, et un personnage qui a déclenché en moins une colère comme j’en ai rarement éprouvées en littérature. Dur mais malgré tout magistral.

 

Deux livres qui passent à la trappe:

Si l’abandon du Nathan Hill est irrévocable, Leçons de Grec est un roman que j’aurais vraisemblablement mieux apprécié dans d’autres conditions de lecture. Hélas pour lui, je l’ai commencé après avoir refermé, de méchante humeur, le Nathan Hill. C’est pourtant un roman tout à la fois poétique et philosophique, d’une grande qualité littéraire, baigné d’un minimalisme asiatique qui donne au roman son ambiance si particulière. Han Kang, son auteure coréenne, enseigne le creative writing.

Deux outsiders:

Relire Le journal d’Anne Frank, faire lire Le journal d’Anne Frank, cela devrait être une obligation. Avec ce magnifique roman graphique, c’est une superbe opportunité de se replonger dedans, de le faire lire à ses enfants et d’en discuter en famille. Les dessins sont magnifiques et l’histoire, condensée pour les besoins du format, est restituée avec la puissance et l’émotion que lui avait données Anne Frank.

Histoires du soir pour filles rebelles, c’est un génial livre qui retrace des destins de filles, de femmes, d’héroïnes comme je les aime – au hasard Cléopâtre, Nina Simone, Jane Austen, Elisabeth 1, Coco Chanel, Florence Nightingale, des connues, des moins connues, des inconnues comme la petite Coy Mathis, née garçon mais qui a tournois su qu’elle était une fille. Pour chacune, une page qui débute souvent par « Il était une fois… » et une illustration très belle, très graphique.