Nouveau départ

Nouveau départ
Elizabeth Jane Howard

Comme tous les rendez-vous qu’on attend avec impatience, on peut parfois craindre qu’il ne soit pas à la hauteur. Je vous rassure immédiatement: ce quatrième volet de la saga des Cazalet est aussi addictif que les trois premiers, si ce n’est davantage!

Le précédent volume couvrait 3 ans. « Nouveau départ » se joue sur deux années cruciales dans la vie des personnages, et démarre dans la continuité de « Confusion », en 1945. 

Les longues années de guerre sont finies, années pendant lesquelles la famille Cazalet a vécu son lot de bouleversements. 

Malgré l’heureuse nouvelle qui accompagne la fin de la guerre, ce volume est celui de nouvelles épreuves qui assombrissent le quotidien de la famille: divorce, séparation, décès… 

Mais c’est aussi l’heure, pour les petits-enfants devenus adultes, de sceller des unions qui donnent un nouvel élan à la saga.

Les Cazalet ont regagné Londres. La fin de la guerre n’a que peu changé la vie des habitants: les plaies de la ville sont béantes, et la vie ne fonctionne encore qu’à coups de tickets de rationnement. Les cousines sont devenues des jeunes femmes actives et indépendantes. Polly et Clary sont fidèles aux passions qui les habitent depuis leur enfance: la décoration pour la première, la littérature pour la seconde.

Malgré ce début d’émancipation, les femmes sont encore à la merci d’une culture patriarcale ancestrale. On leur met la main aux fesses? Sois belle et tais-toi! 

 » – Il voulait me mettre dans son lit. Je suis désolée

– Et alors? Vous êtes une grande fille, ma chère. Comportez-vous en adulte »

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Confusion

Confusion
Elizabeth Jane Howard

Avec la sortie de ce troisième volume de la saga des Cazalet en un an, on peut légitimement se poser la question: est-ce qu’on ne finit pas par s’en lasser? 

Alors je tiens immédiatement à vous rassurer: non, bien au contraire!!

Il y a un an, j’avais la chance infinie de découvrir cette saga en début de confinement – je suis persuadée que les Cazalet auront rendu cette période plus douce.

Est-ce une coïncidence si, un an plus tard, j’ai débuté ce troisième confinement avec le troisième volume de la saga?

Confusion démarre en mars 1942, juste après l’évènement qui nous a brisé le coeur à la fin d’A rude épreuve (je marche sur des oeufs pour ne pas trop en dévoiler…). 

Le rythme de cette suite, comme la précédente, s’articule autour des trois cousines Louise, Polly et Clary, ainsi que de la famille. Louise, à peine mariée et jeune maman, perd ses illusions sur le bonheur conjugal et la félicité maternelle – d’autant plus que son mari, engagé dans la marine, préfère largement passer ses permissions auprès de sa mère Zee, dont l’emprise est de plus en plus troublante. 

« Louise savait, à présent, que le véritable problème était que Zee n’aimait pas les femmes en général, ce qui, d’une certaine façon, était plus embêtant que si elle n’avait pas aimé sa bru en particulier ».

Polly et Clary s’émancipent, et quittent enfin Home Place pour avoir une vie de jeunes londoniennes – malgré la guerre, qui rend la vie « atrocement déprimante » selon Clary. Mais finalement, sont-elles encore capables, après plus de trois ans, de se souvenir de ce qu’était la vie avant la guerre? 

Les Cazalet, égaux à eux-mêmes, continuent à avancer dans l’adversité, armés de leur bonne éducation, courageux, mais entretenant toujours leurs petits secrets et de grands silences.

A quoi tient le talent d’Elizabeth Jane Howard, qui réussit encore à nous tenir en haleine?

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La carte postale : rencontre avec Anne Berest

La carte postale, Anne Berest, Books moods and more

En ce jeudi matin, le soleil invite à s’asseoir en terrasse pour un café.

Mais c’est à l’intérieur qu’on s’installe, aux Deux Magots, côté boulevard, où la maison d’édition Grasset a organisé la rencontre.

Il est tôt à Saint-Germain-des-Prés, c’est un peu le « before » de la journée – mais un before exceptionnel, car on a rendez-vous avec Anne Berest, la romancière et scénariste, qui a publié en août le roman d’une passionnante et bouleversante enquête familiale, « La carte postale ». 

Dès son premier roman, « La fille de son père », Anne Berest avait amorcé un goût prononcé pour l’exploration des histoires familiales, mais c’est avec « Sagan 54 » que le caractère biographique de son oeuvre prend forme Elle l’extrapolera à sa propre famille, d’abord dans « Gabriële » écrit à quatre mains avec sa soeur Claire, puis avec « La carte postale ».

Anne Berest arrive, lumineuse malgré la pâleur du visage sans fard et s’excuse de la fatigue qu’on y lit – double effet d’un virus saisonnier et  d’un retour tardif de Berlin, la veille, où elle était conviée pour le lancement Outre-Rhin de Gabriële. 

Le soleil habille d’un halo les les tables garnies de viennoiseries, de boissons chaudes et de livres, prélude chaleureux à ce petit-déjeuner littéraire.

D’emblée, on délivre le message d’émotion ressenti à la lecture du roman. Assurément, il se passe une chose incroyable avec La carte postale « dont tout le monde s’empare », reconnaît Anne Berest. Le caractère communautaire du livre est une surprise forte.

Du récit familial au roman

C’est un travail inédit que l’auteure a dû faire, avec l’impression de s’attaquer à un projet trop grand pour elle. « C’était comme devoir grimper une montagne avec les mauvaises chaussures ».

Et sans savoir quelle en serait l’issue. 

Car toute l’histoire du livre repose sur cette carte postale, reçue 20 ans plus tôt au domicile des parents de la romancière, adressée à sa grand-mère Myriam, et sur laquelle étaient inscrits de façon énigmatique quatre prénoms: Ephraïm, Emma, Jacques, Noémie. Les parents, frère et soeur de Myriam, morts à Auschwitz pendant la guerre. 

Qui l’a envoyée? Et dans quel but?

En démarrant son enquête pour découvrir l’auteur de la missive, Anne Berest était dans la même situation que le lecteur: elle ne savait pas où cela l’emmènerait, et ne pouvait en présager la fin. 

Aurait-elle choisi de continuer le roman, et de le publier, si elle n’avait pas eu les réponses qu’elle cherchait ? Elle répond sans hésitation oui. Car le sens de cette enquête, n’était-il finalement pas de pouvoir faire connaissance avec ses aïeux, et leur redonner leur histoire?

Une histoire passionnante, foisonnante, qui prend racine en Russie, d’où les Rabinovitch sont originaires, et que l’arrière arrière-grand-père d’Anne Berest, visionnaire, a entrepris de fuir après la révolution russe. Il s’installera en Palestine, ses enfants feront d’autres choix. Son fils Ephraïm, après un long périple, choisira la France, ce pays qui a défendu Dreyfus et qui ne pouvait qu’être une terre d’asile pour les juifs. 

Retourner en Russie sur leurs traces pour accompagner l’écriture du livre faisait partie du projet de l’auteure – contrarié comme tant d’autres avec le confinement de 2020.

Il y aura au cours de cette enquête tant de rebondissements, tant d’indices tombés du ciel (Anne Berest souligne que cela arrive fréquemment lors d’enquêtes généalogiques), tant à dire sur cette famille grâce à laquelle elle découvre sa judéité, qu’elle coupera au final 250 pages qu’on aurait pourtant volontiers lues (le roman en fait plus de 500). En amont déjà, elle avait condensé des épisodes pour coller au rythme narratif (la visite de la maison familiale en Normandie, qui se passe en une matinée dans le roman, est en fait le fruit de plusieurs déplacement au cours des dix dernières années).

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Feu

Feu Maria Pourchet Fayard

Quand il a commencé à se susurrer que le roman était en rupture, mon intérêt jusqu’alors un peu en réserve s’est émoustillé… Ce livre devait être trop bon, s’il s’arrachait (ou trop dingue, ou trop trash, enfin bref, il devait être « trop » tout simplement). Mon oeil dès lors a traqué l’objet dans toutes les librairies qu’il rencontrait sur son chemin. J’ai eu de la chance, je n’ai pas eu besoin d’attendre la réimpression et j’ai tenu mon exemplaire entre mes mains comme le saint-graal. Et abordé sa lecture comme celle d’un texte sacré, ou profane. Car là où brûle le feu de la passion…

Nous sommes pourtant dans ce qui pourrait être la plus banale des histoires. 

Une femme mariée, Laure, universitaire, la quarantaine, rencontre Clément, financier froid et cynique. Elle est immédiatement séduite par ce quinquagénaire. En quoi, on se demande, car le portrait qu’elle en fait dans les premières pages n’est ni très attrayant, ni très flatteur.

Mais voilà, il y a une étincelle, on sent d’emblée cette petite odeur de souffre qui se dégage quand on gratte l’allumette.

Et c’est l’enchaînement.

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La carte postale

Anne Berest La carte postale Grasset

Longtemps, Anne Berest s’est interrogée.

« Qu’est-ce qu’être juif? »

Porteuse d’un héritage familial occulté depuis la guerre, le mot « juif » n’avait pas de place visible sur son visage « tellement français », pas plus que dans son patronyme breton.

Lorsque sa fille de six ans, au même âge qu’elle, au même âge que sa mère, au même âge que sa Agrand-mère, est confrontée à l’antisémitisme, Anne Berest reprend alors une enquête qu’elle avait abandonnée quelques années plus tôt. Qui est l’auteur de cette carte postale envoyée à sa grand-mère Myriam treize ans auparavant, sur laquelle seuls quatre prénoms étaient inscrits: Ephraïm, Emma, Noémie, Jacques. Les parents, la soeur, et le frère de Myriam, disparus dans les camps de la mort pendant la guerre.

C’est par le biais de cette carte que l’écrivaine découvre l’histoire de ses aïeux, juifs russes qui ont fui leur pays lors de la révolution d’un pays qui ne tarderait pas à s’en prendre à eux: après un long voyage de 10 ans, Ephraïm et Emma s’installent à Paris, certains qu’une vie meilleure les attend. Mais le monde, bientôt, allait plonger à nouveau dans le chaos, et les Rabinovitch, « juifs étrangers », allaient faire partie des premiers à être déportés vers les camps d’extermination. Seule Myriam, leur fille aînée, échapperait aux rafles et aux arrestations. Porteuse à jamais de la culpabilité d’avoir été survécu à sa famille, Myriam ne parlera plus jamais des siens.

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Où vivaient les gens heureux

Où vivaient les gens heureux, Joyce Maynard

« Où vivaient les gens heureux », pas encore sorti, était déjà annoncé comme « le grand roman », « le chef-d’oeuvre » de Joyce Maynard.

Après ma lecture, je me suis demandé à quoi tenait cette notion de « grand roman »: à la frise temporelle sur laquelle se déploie l’histoire? Ou au nombre de pages du livre (542, sans les remerciements).

Sur plus de quarante ans, nous suivons Eleanor, fille unique de parents avocats, mondains et plutôt dysfonctionnels, qui semblent toujours s’interroger sur la présence de leur fille dans leur vie. Lorsqu’ils meurent accidentellement, Eleanor a 16 ans, et se retrouve complètement seule, et inévitablement très vulnérable, ce qui lui vaudra une expérience terrible et profondément marquante. 

Alors Eleanor n’a qu’une idée en tête: trouver l’endroit où elle sera heureuse et où « Tout ce qui lui manquait deviendrait accessible ».

Elle achète une ferme dans le New Hampshire, rencontre Cam dont elle tombe amoureuse, et dans cette ferme, loin du monde, leur bonheur se construit. Trois enfants plus tard, Eleanor est épuisée, et Cam, lui, jouit de la vie comme il sait le faire, insouciant, détaché des contingences matérielles, même quand le couple n’a plus un dollar pour payer les factures. Leur couple se délite petit à petit jusqu’à ce qu’un bouleversement majeur survienne dans leurs vies, auquel leur mariage ne survivra pas. 

Quelques années plus tard, Eleanor est une femme à qui tout a échappé: ses enfants, son mari, sa si jolie ferme. Son bonheur. 

Ce roman parle des sacrifices auxquels une femme pense devoir consentir pour protéger ses enfants. Mais serions-nous prêt(e)s nous-mêmes aux renoncements qu’Eleanor va s’imposer?

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Les reflets d’argent

Les reflets d'argent
Susan Fletcher

C’est une île qu’on imagine située au large de l’Ecosse, ou de l’Irlande.

Elle s’appelle Parla, c’est un caillou au milieu de la mer, ses falaises sont hautes, quelques arbres résistent au vent, elle abrite quelques maisons, une poignée d’habitants, une grappe de moutons, une église, une petite école, un phare, un port d’où va et vient son ferry, le Morning Star – et des plages.

C’est une île où les légendes sont vivaces, on y raconte que les phoques ont un coeur d’homme, que les rochers au large sont des géants transformés en pierre, et qu’un homme-poisson, dont certains ont aperçu la nageoire argentée, rejoint parfois la terre quand les hommes ont besoin de lui. 

C’est sur une de ces plages, à Sye, que Sam Lovegrove découvre un jour le corps d’un homme. Un géant nu et barbu, inconscient, échoué dans le sable. Pourtant, aucun bateau n’a fait naufrage, aucun homme n’est porté disparu – celui-ci a perdu la mémoire, et il prononce un seul mot: « mer »…

Le géant barbu bouleverse les habitants de Parla, rouvre les plaies, ravive le chagrin – car à chacun, il rappelle un ami, un fils, un frère, un oncle, ou un mari, disparu quatre ans plus tôt au large de Sye…

Et si les légendes étaient vraies?

Le géant barbu n’a pas de nom, pas d’histoire, il porte cette odeur si forte de la mer, ce sillon entre ses omoplates,  il y a ce trou entre son pouce et son index qui semble avoir été fait par un harpon… et si l’homme-poisson avait quitté sa nageoire pour venir aider ceux de Parla?

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Les envolés

Les envolés, Etienne Kern
Gallimard

Au matin du 4 février 1912, équipé d’un improbable costume-parachute, il se jette du premier étage de la Tour Eiffel pour faire la démonstration de son invention.

Je tiens à l’existence , et je ne tenterais pas l’aventure si j’avais le plus petit doute de succès

Quelques secondes plus tard, il s’écrase sur le Champ de Mars. Les journalistes, les photographes, et même les caméras de cinéma étaient là pour immortaliser ce moment où Franz Reichelt, originaire de Bohème, était certain de triompher et faire fortune en inventant le premier parachute.

De lui, la postérité ne retiendra que cette chute grotesque, et la mort fixée pour la première fois sur une pellicule.

Pourquoi l’histoire de Franz Reichelt fascine-t-elle autant Etienne Kern?

C’était un siècle encore neuf, vierge des guerres qui bientôt allaient le traverser, un siècle jeune enthousiasmé par ces machines volantes qui s’élevaient tant bien que mal vers le ciel, ces faucheurs de marguerites (il vous reviendra peut-être en mémoire cette série diffusée à une époque où notre télévision ne comptait que trois chaînes) qui avaient encore tout à inventer. Jusqu’au parachute qui auraient pu sauver nombre d’entre eux qui périrent au nom du progrès – ou de l’inconscience.

Entre deux chapitres qui nous racontent le projet fou de cet homme attachant, dévoué, prévenant, formé à la couture à Vienne et qui s’installa à Paris comme tailleur du côté de l’Opéra, Etienne Kern s’interroge sur son attachement à l’histoire de Franz Reichelt, et sur ce qu’elle raconte de sa propre histoire.

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L’éblouissement des petites filles

L'éblouissement des petites filles
Timothée Stanculescu

Je croyais que l’été de ses seize ans on vivait des choses mémorables, je croyais qu’on avait un amoureux, des amis et des bêtises à faire tous ensemble, l’été de ses seize ans. Pour moi, ce n’est vraiment pas le cas.

Océane, une fille du lycée, a disparu. Elle et Justine ont en commun d’avoir seize ans, et d’habiter ce village où il ne se passe rien. D’habitude.

Tout le monde cherche Océane, depuis des semaines. C’est l’été, la canicule, et sa mère interdit à Justine de quitter la maison – tant qu’on ne sait pas ce qui est arrivé à Océane. Tant qu’on n’a pas retrouvé Océane.

Océane remplit cet été vide, et s’invite dans ses cauchemars. 

Justine voudrait avoir un amoureux, comme sa meilleure amie Mathilde qui la néglige depuis qu’elle sort avec Quentin, elle voudrait avoir des frères et soeurs, des parents avec qui elle pourrait fumer des cigarettes et boire une bière, comme Mathilde.

Justine est seule dans la torpeur de ces journées sans fin, à peine quelques moments en ville, au cinéma, au fast food.

Elle aimerait partir, être libre. Et être aimée. 

Et puis un jour, il y a cet homme, Vedel, qui vient entretenir le jardin de sa mère.

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Les anges et tous les saints

Les anges et tous les saints de J. Courtney Sullivan, Le livre de poche

Après trois formidables romans parus entre 2009 et 2013 aux éditions rue Fromentin, J. Courtney Sullivan avait disparu de mes radars – et voici que je tombe récemment par le plus grand des hasards sur une version poche de son dernier roman, paru très discrètement en 2018… 

J. Courtney Sullivan, depuis « Les débutantes », excelle à raconter les relations féminines, les liens familiaux, et l’évolution des femmes depuis les années 1950 jusqu’à aujourd’hui.

« Les anges et tous les saints » ne déroge pas à cette sainte trinité, reprenant ses thèmes fétiches mais en ancrant cette fois-ci la genèse de son histoire en Irlande.

Nous sommes en 1957, Nora et Theresa Flynn sont soeurs. Nora, l’aînée, doit épouser Charlie Rafferty, celui à qui elle est promise depuis des années – Charlie devait hériter de la ferme familiale, voisine de celle des Flynn, mais son père en a décidé autrement. 

Parti pour un nouveau départ en Amérique, Nora quitte leur village d’Irlande pour le rejoindre, emmenant avec elle sa petite soeur Theresa – espérant lui offrir ainsi un avenir meilleur qu’en Irlande.

A Boston, Nora intègre timidement la vie américaine et retarde son mariage de raison avec Charlie. Theresa, du haut de ses dix-sept ans, embrasse avec appétit tout ce que cette nouvelle culture lui apporte. 

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